Faire participer les habitants au projet d’une construction, les associer aux achats de documents, leur confier l’animation d’activités : les actions permettant aux usagers de mieux s’approprier leur bibliothèque en leur confiant un rôle actif dans son élaboration et dans son fonctionnement au quotidien se multiplient. Une session du congrès de l’ABF à Lyon présentait trois expériences représentatives de cette tendance forte dans laquelle l’usager devient un acteur à part entière du lieu qu’il fréquente.
A Rillieux-la-Pape, commune au nord-est de l’agglomération lyonnaise, la médiathèque propose ainsi à ses usagers de participer aux acquisitions de bandes dessinées. Baptisée « Concilia-bulle », cette initiative consiste en une rencontre par trimestre réunissant une douzaine de lecteurs le samedi matin autour d’un café. Après une présentation par le bibliothécaire, chacun feuillette les documents et donne son avis. Pour la dernière session, la bibliothèque a inauguré une nouvelle formule en emmenant le groupe directement dans la librairie spécialisée où elle se fournit. Une variante qui a été très appréciée par les participants. « Le groupe est très varié, avec des adolescents, des adultes, des hommes comme des femmes, souligne Cécile Dérioz, directrice de la médiathèque. C’est une action simple à monter, qui ne nécessite pas de budget supplémentaire. »
A Méricourt, petite ville de 12 000 habitants dans le Pas-de-Calais, c’est dans le cadre des assises participatives initiées par la municipalité qu’un collectif d’habitants a activement pris part à l’élaboration du projet de la médiathèque : réunions régulières le samedi matin, visites d’établissements emblématiques, vote pour le choix de l’architecte. Résultat : les habitants en ont fait une affaire personnelle et l’inauguration en novembre 2011 a attiré plus de 2 000 personnes ! « Maintenant que l’équipement est ouvert, nous devons réfléchir au moyen de continuer à faire vivre cette démarche participative », indique Cyril Titz, le directeur de la médiathèque.
Initiatives spontanées
Parfois, les lecteurs se sont déjà tellement approprié le lieu qu’ils proposent spontanément de contribuer à le faire vivre. C’est le cas à la bibliothèque Louise-Michel dans le 20e arrondissement de Paris. Des usagers se sont portés volontaires pour assurer l’aide aux devoirs deux après-midi par semaine pour les enfants du quartier. Un père vient quant à lui le samedi avec ses enfants pour entretenir le petit jardin et y faire des plantations. Aurélien, 12 ans, organise des ateliers origami pour les enfants et les adultes les mercredis où il est disponible, tandis qu’André, 70 ans, assure des séances d’initiation aux échecs. « La bibliothèque est vraiment identifiée comme étant le lieu des habitants. Les usagers deviennent une ressource de la bibliothèque », relève Hélène Certain, de la bibliothèque Louise-Michel.
Véronique Heurtematte
