Communes, agglomérations de communes, partenaires institutionnels ou associatifs : les acteurs intervenant dans le champ de la lecture publique sont multiples. Conçues à l’origine comme des prestations de service (une aide aux communes de moins de 10 000 habitants pour élaborer un réseau de lecture publique), les missions des bibliothèques départementales ont évolué ces dernières années vers l’accompagnement et le conseil. Un changement radical, qui les conduit à repenser en profondeur leur mode d’intervention. Comment sortir d’une relation « verticale » (la BDP qui apporte son aide) pour aller vers un travail en partenariat où chacun prend une part active à la construction des projets ? C’est cette question que l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt (ADBDP) avait choisi d’explorer lors de ses 27es journées d’étude organisées à Montpellier du 7 au 9 octobre et intitulées « De la prestation de services au partenariat ». Dans le Val-d’Oise, le réseau RéVOdoc est un bel exemple de coopération : ce portail donne un accès unique aux catalogues des bibliothèques adhérentes, avec pour les usagers la possibilité de faire venir un livre depuis n’importe quel établissement. « La BDP a mis à notre disposition un bel outil, mais il ne fonctionne que si chaque bibliothèque joue le jeu », relevait Laurence Favreau, coordinatrice du réseau de lecture publique Val-et-Forêt, l’un des partenaires de RéVOdoc.
Pour élaborer son nouveau plan de développement de la lecture publique signé en mai dernier, le conseil général du Nord a de son côté organisé une concertation avec les élus, les usagers, les responsables de bibliothèque. « Cette initiative a fait évoluer la réflexion, affirme Marie-Odile Paris, directrice de la BDP 59. Les élus ont accepté la création de postes intercommunaux et le conseil général va participer financièrement au portail numérique de Lille agglomération. »
Exemple plus pragmatique, la BDP de la Loire a mutualisé avec certaines agglomérations de communes l’acheminement des collections qu’elle prête aux bibliothèques : les navettes de la BDP déposent les documents dans une médiathèque tête de réseau qui se charge de ventiler les documents dans les établissements.
Mais les différentes interventions du congrès ont également mis en lumière les difficultés de mettre en place de telles collaborations car, comme l’a souligné l’ensemble des intervenants, une chose est sûre : malgré les efforts des professionnels, rien ne peut se faire sans une forte volonté des élus.
Véronique Heurtematte