Retour à la terre | Livres Hebdo

Par Jean-Claude Perrier, le 29.06.2012 (mis à jour le 06.07.2012 à 00h00) 23 AOÛT - ROMAN France

Retour à la terre

Serge Joncour livre un habile mélo rural et psychologique.

Tout commence par un coup de téléphone. Franck, qui a rompu les ponts avec ses parents depuis dix ans, appelle un jour aux Bertranges, la ferme familiale, dans le Lot. Et, pour son plus grand trouble, c'est un enfant qui répond, se présentant comme Alexandre. Or, Alexandre, c'était le prénom du frère cadet de Franck qui est mort noyé lors d'une battue au sanglier. Accident ? Acte de malveillance d'un voisin jaloux ? On ne le saura jamais, mais aux Bertanges, "on ne doit pas en parler", et plus rien n'a jamais été pareil. Franck a fui à Paris, où il est devenu cadreur et auteur de documentaires, dont un sur les cornichons "délocalisés" en Inde ! Il a un peu raté sa vie, Helena l'a quitté et il a connu des problèmes de santé. Alors, comme ça, pour voir, il décide de revenir chez ses parents.

Par hasard aussi, il va y retrouver Louise, l'ex-compagne d'Alexandre, qui fait partie de la famille. Elle a confié à ses anciens beaux-parents la garde de l'enfant qu'elle a eu avec un autre homme, qui ignore qu'il est père. L'Alexandre du téléphone, c'est son fils. Il a 5 ans, c'est un garçon éveillé, attachant, direct. Après la mort de son unique amour, Louise est partie à Clermont, où elle a mené une existence médiocre. A la suite d'un plan social, elle vient d'être licenciée et décide de passer quelques jours de vacances aux Bertranges. Au début, les parents sont surpris, la reprise de contact est difficile. Et puis, Franck et Louise vont, grâce au "petit", renouer des liens anciens, en tisser de nouveaux, dont on peut penser qu'ils seront durables, même si "on ne refait pas sa vie, c'est juste l'ancienne sur laquelle on insiste".

Avec beaucoup d'habileté, Joncour a choisi pour son roman l'entrecroisement des récits, de façon à ne livrer au lecteur les éléments de l'intrigue qu'au compte-gouttes, et tout en flash-back. Puis, à partir du moment où tout le monde est rassemblé à la ferme, on revient au temps présent, et d'autres histoires se tissent. On peut lire L'amour sans le faire comme un mélo rural psychologique, tout en retenue, un chant d'amour à la terre et à la "vraie vie". Joncour a du métier, et ce roman, tout comme L'idole - le film Superstar, qu'en a tiré Xavier Gianolli, sort à la rentrée -, pourrait aisément être adapter à l'écran.

Serge Joncour
L'amour sans le faire
FLAMMARION
TIRAGE : 10 000 EX.
PRIX : 19 EUROS ; 324 P.
ISBN : 978-2-08-124914-1
SORTIE : 23 AOÛT

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