Roman noir

Sébastien Gendron, "Chez Paradis" (Gallimard) : L'essence du mal

Sébastien Gendron - Photo © Francesca Mantovani/Gallimard

Sébastien Gendron, "Chez Paradis" (Gallimard) : L'essence du mal

Entre roman noir et western moderne, Sébastien Gendron nous régale d'une histoire de vengeance barrée.

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Par Cédric Fabre ,
Créé le 22.03.2022 à 15h00

Max Dodman est un garagiste bourru qui tyrannise son entourage, que ce soit son mécano ou sa femme qui, de son côté, le trompe allègrement avec un prêtre-ouvrier. Paumé au beau milieu des champs, son établissement, Chez Paradis, fait également office de motel, et le lieu a fini par concentrer le pire ramassis de dégénérés possible, dont deux minables réalisateurs de films X qui inondent la toile de pornos tournés sur place dans une chambre.

Ayant intégré à sa façon la théorie du ruissellement, Max magouille tous azimuts, arnaquant les touristes et organisant des parties fines pour les invités du maire, des Coréens venus racheter ce qu'il reste de l'industrie locale. Un jour, par hasard, Max croise la route d'un certain Thomas Bonyard, qu'il ne reconnaît pas, alors que trente ans plus tôt il l'a rendu borgne en lui tirant dessus... Bonyard se fait passer pour un cinéaste en repérage, loue une chambre et prépare sa vengeance. Sauf qu'il n'est pas le seul à attendre son heure...

Tout part en vrille quand Magda, l'une des actrices porno, tente de s'enfuir, et qu'un proxénète décide de venir récupérer ses filles. La coexistence jusque-là pacifique de cette belle brochette d'idiots ressemble alors rapidement à un moteur de voiture usé et branlant, dont les pièces mal rafistolées finissent peu à peu par lâcher... Dans une langue acide et pétaradante, à grand renfort d'un humour noir à la Jim Thompson, Sébastien Gendron nous offre une critique sociale à travers une farce burlesque irrésistible.

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