Guerre

Syrie : un livre et une expo "pour ne pas oublier"

Exposition « Tous Témoins » - Photo NAJAH ALBUKAI À LA GALERIE FAIT & CAUSE - MARS/AVRIL 2021

Syrie : un livre et une expo "pour ne pas oublier"

Les dessins et gravures des geôles du régime de Bachar el Assad réalisés par l'artiste Najah Albukai sont publiés dans Tous Témoins, Dessins de prison Syrie, octobre 2015 - juin 2020 (Actes Sud). Une exposition et une soirée sont également prévues autour de son travail.

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Par Dahlia Girgis,
Créé le 15.03.2021 à 15h39,
Mis à jour le 15.03.2021 à 16h09

Le mouvement de protestation a éclaté en Syrie il y a 10 ans, le 15 mars 2011. Dans le sillage du Printemps arabe, des citoyens réclament la démission de Bachar el Assad. En écho à cet événement toujours d'actualité, les dessins des prisons syriennes de Najah Albukai sont publiés dans Tous Témoins, Dessins de prison Syrie, octobre 2015 - juin 2020, chez Actes Sud en coédition avec Pour Que l’Esprit Vive. Publié le 17 mars, le livre comprend les textes d'une vingtaine d'écrivains (Alaa el Aswany, Laurent Gaudé, Nancy Houston, Daniel Pennac...) exprimant leur solidarité.

Les 28 dessins et 16 gravures qui témoignent de la torture subie ou vue par l'artiste dans les geôles syriennes seront également exposés du 18 au 30 avril à la Galerie Fait & Cause. Porté par l’association Pour Que l’Esprit Vive et Amnesty International, l'ambition affichée est de "mettre en lumière l’abomination trop souvent tue que constituent les camps et la torture dans la Syrie de Bachar Al Assad". Une soirée retransmise en direct est prévue le 20 mars à 19h à la Maison de la Poésie autour du livre et de l’exposition, mise en scène par Wajdi Mouawad.

Dessiner pour ne pas oublier

"Mes dessins n’étaient pas destinés à être exposés ou publiés. En arrivant en France, en 2015, j’ai dessiné sur tout ce qui me tombait sous la main pour ne pas oublier. Oublier ces prisonniers maigres, blessés, ces corps qu’il fallait décharger, la promiscuité des prisons, la torture... Dans l’histoire de l’art, les crucifixions sont des scènes héroïques, mais la réalité est abominable", déclare Najah Albukai.

Né en 1970 à Homs en Syrie, Najah Albukai étudie successivement aux Beaux-Arts de Damas puis aux Beaux-Arts de Rouen. Enfermé et torturé entre 2012 et 2014 à Damas, au centre 227 des services de renseignements syriens, il arrive à s'échapper. Arrivé en France, il devient membre de l’atelier des artistes en exil.

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