"Nous avons une problématique commune : les lignes de commande augmentent, leur volume baisse, le poids moyen des colis diminue, contrairement aux attentes de performance sur les délais", estime Guillaume de Bary, directeur des relations clients d’UD. De 2007 à 2012, la filiale de Flammarion a renouvelé toute son installation, de l’office au réassort, en passant par les retours, pour s’adapter à ces contraintes et à ces exigences.
"De nombreuses technologies de préparation de commandes se sont développées, moins coûteuses, plus souples, qui permettent de compacter les flux dans un nombre de mètres carrés réduit, d’occuper l’espace en hauteur, de gagner de la place sur les allées, explique de son côté Michèle Benbunan, directrice de la branche industrielle et commerciale d’Hachette Livre. Les outils informatiques augmentent aussi la productivité, pour faire face aux 400 à 700 nouveautés à intégrer chaque semaine." Adepte d’un d’investissement constant, "pour éviter de grands à-coups de rattrapage qui peuvent être déstabilisants", Michèle Benbunan fait visiter la dernière installation de Maurepas, son site principal : un système de commandes qui apporte les bacs de livres devant le préparateur, lequel n’a plus à se déplacer. "C’est efficace pour les ventes moyennes", note-t-elle.
A Dourdan, depuis deux ans, la branche distribution de MDS a aussi installé deux modules de cette technologie connue sous son sigle anglais GTM (goods to man), et a démonté une des chaînes de préparation des commandes pour trouver la place nécessaire. "40 % de nos réassorts sont traités ainsi aujourd’hui. Nous traitons trois fois plus de commandes à l’heure", se félicite Bruno Delrue, directeur général de la filiale de Média-Participations, qui vient d’ajouter le Cerf (ex-Sodis) à ses éditeurs distribués, qui représentent 30 à 40 % de son activité. MDS a aussi investi dans un stockeur rotatif vertical, analogue à ceux qu’on aperçoit dans les pharmacies, mais d’une dizaine de mètres de hauteur. Désigné souvent sous le nom de Kardex, son principal fabricant, ce système est adapté aux livres de rotation moyenne à faible.
Un robot prépare les palettes
A Chéniers, dans la Creuse, Dilisco, filiale de Magnard-Vuibert (groupe Albin Michel), a installé cet été une chaîne de préparation qui permet de traiter alternativement l’office et le réassort. "Nous gagnons un à deux jours sur le réassort, et un sur l’office. Au 1er décembre, un nouveau système global de pilotage (WMS) supprimera les saisies sur papier", annonce le directeur général, Alessandro Vai. Les derniers investissements importants remontaient à 2004. "Nous pourrons augmenter notre capacité de traitement de 25 à 50 % dans les locaux actuels", ajoute-t-il.
La Sodis a doté ses préparateurs d’un système de commande vocale qui réduit le taux d’erreurs et augmente leur productivité, et a mis en service un robot qui prépare les palettes à livrer à Prisme. "Il fait le travail de deux à trois personnes, affectées sur d’autres postes orientés sur le contrôle et la qualité", mentionne Hélène de Laportalière, directrice commerciale. Prisme lui-même, le hub interprofessionnel de regroupement des livraisons pour la province, doit sélectionner d’ici à la fin octobre un autre site qui permettrait de décaler les derniers départs de 30 à 60 minutes, et d’augmenter la proportion de commandes servies en 48 heures.
