Trois défis à relever par l'édition arabe | Livres Hebdo

Par Isabel Contreras, le 11.12.2018 à 20h39 (mis à jour le 11.12.2018 à 22h13) Rencontres franco-arabes

Trois défis à relever par l'édition arabe

Les éditeurs arabes et français aux rencontres organisées par le Bief. - Photo DR

Réunis le 11 décembre à l'occasion des rencontres franco-arabes organisées par le Bief, des éditeurs arabes ont présenté leurs marchés et leurs usages.

A Paris les 11 et 12 décembre, des éditeurs arabes et français se retrouvent au Centre national du Livre, à l'initiative du Bureau international de l'édition française (Bief). Sur deux jours, des tables rondes mais aussi des rendez-vous individuels étaient organisés afin de mieux appréhender les différents marchés, le but étant de dynamiser les échanges dans le domaine de la traduction.

Décrivant les réalités des pays du Maghreb et des Emirats Arabes Unis, les intervenants ont soulevé plusieurs problématiques.
  • 1 - Sauvegarder la production en français dans les pays arabes
Editeur chez Cères Editions, en Tunisie, Karim Ben Smaïl a tiré la sonnette d'alarme sur la baisse drastique des publications en français dans son pays. “Des solutions existent : le financement de l'exportation de livres français en Tunisie mais aussi (...) les coéditions, les cessions de droits...”, a t-il affirmé. Karim Ben Smaïl a surtout mis en avant une tendance "qui s'esquisse" comme possible solution. “De grands auteurs du Maghreb, à l'image de Kamel Daoud, décident de garder les droits de leurs livres pour leur marché maghrébin de manière à ce qu'ils soient publiés et lus dans leur pays. De cette manière, la cession des droits est faite à un prix raisonnable pour l'éditeur maghrébin”, a poursuivi l'éditeur de Cères. 
  • 2 - Promouvoir l'édition arabe en France
Certains ont été très critiques vis-à-vis de leur pays où la diffusion est souvent inexistante. Par ailleurs, les réseaux de bibliothèques s'appauvrissent et la pression exercée par la censure reste d'actualité. Ils ont donc évoqué des pistes pour valoriser en France leur production éditoriale. “L'Alliance internationale des éditeurs indépendants nous permet de travailler par réseaux linguistiques et des événements comme le Maghreb du livre, organisé à Paris, et qui se présente comme une grande librairie et un lieu de débat, pourrait s'ouvrir à un volet éditorial. Il faudrait peut-être réfléchir à des rendez-vous professionnels pour des cessionnaires de droits”, a évoqué Kenza Sefrioui, éditrice marocaine d'En toutes lettres. 
  • 3 - Contourner la place prédominante de l'anglais
Une autre problématique touche Tamer Said, éditeur chez Kalimat, maison d'édition jeunesse fondée par la Cheikha de Sharjah, Bodour Al Qasimi, aux Emirats Arabes Unis. Dans un pays où cohabitent 200 nationalités dont une grande partie parle anglais et hindi, la valorisation de l'arabe et du français reste compliquée. “D'un côté, les lecteurs demandent à lire en anglais, langue prédominante à l'école. De l'autre, les ouvrages étrangers, notamment les best-sellers, passent plus facilement à travers les filets de la censure. La production arabe apparaît donc moins attrayante”, a-t-il indiqué.

Les rencontres se poursuivent le 12 décembre autour de rendez-vous individuels avec 21 éditeurs arabes. 

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