En Belgique, le projet de la coalition au pouvoir Arizona d’augmenter la TVA sur les livres de 6 % à 9 % afin de résorber le déficit budgétaire suscite l’inquiétude des professionnels. Vendredi 9 octobre, ces derniers ont adressé une lettre ouverte au gouvernement, dans laquelle ils plaident pour une réduction de la TVA à 0 % sur les livres imprimés, les livres numériques et le matériel éducatif.
L’accès à la lecture au cœur des revendications
Pour le secteur du livre belge, une augmentation de la TVA sur le livre ne bénéficierait pas à la pratique de la lecture et à l’éducation, déjà tous deux fragilisés comme démontrent les résultats de l’enquête Pisa. Au contraire, le secteur défend une baisse non négligeable de la TVA qui permettrait de rendre la lecture accessible à tous et toutes, de faire de l’accès aux livres « une priorité éducative, culturelle et sociale, en favorisant l’égalité des chances » et enfin qui préserverait le pouvoir d’achat de tous les lecteurs.
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Réduire la TVA « privilégierait une politique budgétaire cohérente avec les ambitions de la Belgique en matière d'éducation, d’emploi et de cohésion sociale », explique la lettre. En effet, l’éducation serait le secteur le plus impacté par cette hausse, « plus de la moitié des livres vendus en Belgique sont des livres pour enfants, des ouvrages éducatifs ou destinés à l’enseignement », précisent les professionnels du livre.
Une hausse qui fragiliserait la filière
Une augmentation de trois points de la TVA sur les livres risquerait également de fragiliser le secteur. Selon les signataires, elle « pourrait entraîner la faillite de plusieurs maisons d’édition et librairies ainsi que des centaines de licenciements dans le secteur ».
Les professionnels redoutent également un désavantage concurrentiel face aux livres importés de France, qui représentent 85 % des livres francophones vendus en Belgique, selon l’ADEB (Association des éditeurs belges). La hausse de la TVA pourrait renforcer l’attractivité des prix français, soumis à un taux de 5,5 %. Les prix des livres belges pourraient alors augmenter, ce qui provoquerait une « diminution des ventes de 893 000 livres » et entraînerait « une perte de chiffre d’affaires de 15,69 millions d’euros », estiment les signataires. L’exemple des Pays-Bas, également évoqué dans la lettre, interroge lui aussi sur l’efficacité d’une hausse de la fiscalité sur le livre.
Des modèles européens en faveur d’une TVA à 0 %
Le secteur du livre belge s’appuie également sur les exemples de plusieurs pays européens ayant adopté une TVA à 0 % et qui affichent des résultats encourageants. Les signataires citent notamment la République tchèque, où le chiffre d’affaires du secteur aurait augmenté de 6 % après une baisse de la TVA. Le Danemark constitue quant à lui un exemple atypique. Après avoir porté la TVA sur les livres à 25 % en 2025, le pays a annoncé en août de la même année sa décision de la supprimer. Une décision qui devrait être effective début 2027.