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Une lettre ouverte appelle à sauver le salon de la revue

Une lettre ouverte appelle à sauver le salon de la revue

Issus du monde de la presse et de l'édition, les signataires mettent en cause le Centre national du livre (CNL), qui a baissé les subventions accordées au Salon de la Revue.  Une accusation dont le CNL s'est défendu dans un droit de réponse. 

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Par Léon Cattan ,
Créé le 08.11.2023 à 12h45 ,
Mis à jour le 08.11.2023 à 17h29

À l'issue du 33ᵉ salon de la revue à Paris, qui s'est tenu en octobre, l'inquiétude s'installe dans les rangs de l'association Ent'revues, qui l'organise. La raison : une diminution des financements, qui affaiblit la manifestation indépendante soutenue par le PEN Club français, Diacritik et En attendant Nadeau. En réaction, une lettre ouverte à l'attention du Centre national du livre (CNL), initiée par le critique cinéma François Albera et Anne Mathieu, directrice de publication de la revue Aden, a été publiée dans L'Humanité. La voici dans son intégralité. 

La lettre ouverte et ses signataires

« Chaque année au mois d’octobre, la Halle des Blancs-Manteaux à Paris accueille une manifestation unique en son genre en France et sans doute dans le monde : le Salon de la Revue. Au moment où la diffusion en librairie de ce type de publication périodique devient de plus en plus difficile, l’importance de ce salon s’est accrue à l’égal de tel ou tel festival de cinéma ou de théâtre pour les productions indépendantes.

Or, cette manifestation est aujourd’hui menacée d’étranglement, voire de disparition en raison d’une baisse continuelle des subventions que lui accordait jusqu’ici le Centre national du livre (CNL).

Il n’est sans doute pas nécessaire de rappeler le rôle qu’ont joué les revues depuis la fin du XVIIIe siècle et tout au long des XIXe et XXe et combien de nos jours ce rôle demeure important pour l’échange, l’expérimentation et l’introduction d’idées nouvelles.

En dépit du développement de la diffusion numérique, la forme-revue « papier » demeure irremplaçable en raison de son hétérogénéité, de la juxtaposition de ses rubriques, de son iconographie.

Le Salon de la Revue est le réceptacle et l’amplificateur de ce mode de pensée et d’expression induit par la forme-revue. Véritable creuset, c’est un lieu qui conjugue la diversité géographique et sociale, qui offre un espace d’échange sans équivalent. Où trouverait-on à la fois des presses universitaires et des cahiers consacrés à tel écrivain, tel poète, des revues d’histoire, d’art, d’anthropologie, de cinéma… ?

Le Salon de la Revue fait donc pleinement partie de l’économie du livre – complémentaire à l’industrie et à la grande diffusion commerciale à qui échappe ce type de publication. Il contribue de la sorte à la richesse culturelle de notre pays et à la vivacité du débat intellectuel. Il doit continuer à exister ! »

Signataires lors du 33ᵉ Salon de la Revue : Pascale Absi (Journal des anthropologues), Jean-Michel Alberola (Rappel des titres), Isabelle Baladier (Sigila), Marie-Claude Bergouignan (Phaéton), Dominique Berthet (Recherches en esthétique), Roland Beucler (Plaisirs de mémoire et d’avenir), Emmanuel Bluteau (Aujourd’hui Jean Prévost), Chantal Boiron (Ubu – Scènes d’Europe), Marc Borgers (Soldes), Aurélie Briquet (l’Étoile-absinthe), Marie Caillat (Perspective INHA), Marie-José Cameleyre (Phaéton), Gilles Candar (Cahiers Jean Jaurès), Jérôme Carassou (Non lieu), Marie-Paule Chardon (les Nouveaux Cahiers pour la folie), Rolland Charrette (Cockpit), Vincent Citot (le Philosophoire), Evelyne Cohen (Revue d’Histoire culturelle XVIIIe-XXIe), Lucie Combes (Papier Machine), Pierre Coureux (Présence d’André Malraux), Justin Delareux (Pli), Sylvain Delbès (Rimbaud vivant), Jérôme Delgote (Ciel variable), L. Derreux (la Pensée), Barbara Dimopoulou (Nioques), Veneta Doytcheva (Homo Ludens), Bernard Fournier (Poésie/Première), Yves Frémion (Papiers nickelés)... La liste entière est à retrouver sur le site de l'évènement

 

Droit de réponse du CNL à Ent'revues

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