Vera Michalski : "Créer une diffusion sur mesure" | Livres Hebdo

Par Pauline Leduc, le 08.12.2017 (mis à jour le 08.12.2017 à 10h06) Libella

Vera Michalski : "Créer une diffusion sur mesure"

"Si notre structure de diffusion se développe bien, nous envisagerons certainement de diffuser d’autres éditeurs dont nous partageons les valeurs." - Photo PHOTO WIKTORIA BOSC

La présidente de Libella justifie la création, le 1er mars prochain, d’une structure de diffusion propre au groupe, dont la production restera distribuée par la Sodis, et en décrit l’organisation. Elle annonce parallèlement l’extension de la participation de Libella au capital d’Au Diable vauvert, dont le groupe détient désormais plus de 50 % des parts.

Vera Michalski - Libella est un groupe pleinement indépendant et nous souhaitons asseoir cette indépendance, aller jusqu’au bout du processus. C’est dans cette optique que nous avons décidé de nous occuper nous-mêmes de notre diffusion, en lançant Libella Diffusion. Notre objectif est d’avoir le contact le plus direct possible avec nos lecteurs en diminuant les maillons de la chaîne entre ces derniers et l’éditeur. L’intérêt de cette structure est aussi, évidemment, d’être plus proche des libraires. Nous avons particulièrement besoin de cette proximité étant donné les spécificités de notre catalogue.

Au fil des années, nous avons développé au sein de Libella plusieurs catalogues avec des individualités marquées. Nos collections de littérature française chez Buchet-Chastel - "Qui vive" et "Domaine français" - et Phébus développent des catalogues de qualité. Grâce à Noir sur blanc, Phébus et Buchet-Chastel, nous faisons partie des intervenants principaux dans le domaine de la littérature étrangère. Les Cahiers dessinés nous portent dans l’univers du dessin, comme Delpire et Photosynthèses dans la photographie. Nous publions des ouvrages exigeants, voire pointus dans des domaines divers. Ce sont ces spécificités que nos représentants porteront sur le terrain auprès des librairies.

Nous ne sommes absolument pas mécontents du CDE, ils ont d’excellents représentants qui n’ont pas démérité. Mais chacun d’entre eux a beaucoup de titres et de catalogues à défendre. Chez eux, nous étions un parmi d’autres, alors que nous souhaitons du sur-mesure afin d’être plus efficaces et pertinents. Nos rapports avec le CDE restent excellents. Notre contrat avec la diffusion du groupe Madrigall prendra fin le 28 février mais nous continuerons à être distribués par la Sodis.

Libella Diffusion entrera en action le 1er mars. Mais l’équipe sera sur le terrain dès le début de janvier pour rencontrer les éditeurs du groupe, prendre connaissance du contenu des catalogues et faire le tour des librairies. Dès que la nouvelle du lancement de notre structure a été connue dans le milieu, nous avons été très sollicités et nous avons reçu beaucoup de CV. Nous avons recruté six représentants à l’extérieur, qui couvriront la France et la Belgique. Denis Gautreau s’occupera du secteur Paris-Ile-de-France, Pauline Hamet de Paris-Nord-Belgique, Géraldine Bonnafous du Grand Ouest, Jean-Marc Comes du Sud-Ouest, Angélique Sansoucy du Sud-Est-Rhône-Alpes, et Claire Landoas du Grand Est. Cette équipe sera placée sous la direction de Jean-François Delage, qui était auparavant responsable commercial chez Libella.

Oui, nous embauchons actuellement deux personnes qui se consacreront à l’administration des ventes et géreront ce qu’on appelle le back-office. Ce dernier était auparavant logé au CDE, nous le recréons donc en interne.

Nous ne souhaitons pas communiquer ces chiffres.

Les éditions Favre, qui sont installées à Lausanne, resteront diffusées et distribuées par Interforum. Tout comme notre maison de loisirs créatifs, Le Temps apprivoisé. Ces deux marques produisent des contenus différents des autres maisons du groupe et sont pour l’heure très satisfaites de leur diffusion-distribution. World Editions, qui a rejoint le groupe à l’automne 2016, ne sera pas non plus diffusé par Libella. Les bureaux de cet éditeur qui publie en anglais sont aux Pays-Bas, et nous cherchons actuellement à être diffusés en Angleterre et aux Etats-Unis. Ce sont des marchés spéciaux, nous ferons donc appel à des diffuseurs sur place. Je tiens aussi à préciser que le CDE continuera à diffuser les autres marques de la maison dans les hypermarchés et les supermarchés. Nos représentants ont déjà un périmètre très large à couvrir et devront de plus intégrer nos développements éditoriaux.

Non, mais nous développons encore le catalogue de Delpire, que nous avons intégré à Libella il y a peu de temps. D’autre part, nous sommes en train de redynamiser les essais et documents chez Buchet-Chastel. Vacant quelque temps, le poste de l’éditeur qui en était en charge vient d’être de nouveau pourvu et de nouveaux livres arriveront dans quelques mois. Parallèlement, je vous annonce que Libella est devenu, il y a peu, majoritaire au capital des éditons du Diable vauvert. Nous étions déjà actionnaires de la maison depuis quelques années mais avons souhaité ensemble aller plus loin pour soutenir le développement de ce catalogue auquel nous croyons beaucoup. Marion Mazauric publie des auteurs de référence. Je pense notamment à l’inédit de Charles Bukowski, Sur l’écriture, que la maison a édité à la rentrée. C’est amusant puisque nous sommes les éditeurs de Bukowski en polonais. Nous partageons aussi le goût de l’indépendance et le fait d’éditer de manière décentralisée, loin de Paris.

La question de la diffusion du Diable vauvert ne se pose pas pour l’instant. A terme, si notre structure de diffusion se développe bien, nous envisagerons certainement de diffuser d’autres éditeurs dont nous partageons les valeurs. Mais l’idée n’est pas non plus de prendre trop de catalogues en charge, au risque de retomber dans la même situation que celle qui nous a conduits à quitter le CDE. Concernant la rentabilité de Libella Diffusion, nous espérons bien que l’enveloppe investie dans cette structure sera amortie par une augmentation progressive de nos ventes.

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