Adeline Dieudonné et Jesmyn Ward, Grand prix des lectrices "Elle" 2019 | Livres Hebdo

Par Isabel Contreras, le 03.06.2019 à 21h00 Proclamation

Adeline Dieudonné et Jesmyn Ward, Grand prix des lectrices "Elle" 2019

Adeline Dieudonné et Jesmyn Ward - Photo STÉPHANE REMAEL / HILLEL STEINBERG CC BY-ND 2.0

Le Grand prix des lectrices "Elle" 2019, qui fête cette année ses 50 ans, a été remis à Adeline Dieudonné et Jesmyn Ward, respectivement publiées chez L'Iconoclaste et Belfond.

Deux femmes se sont imposées ex aequo au 50e Grand prix des lectrices Elle. Lors de la cérémonie de remise, le 3 juin à Paris, Adeline Dieudonné et Jesmyn Ward ont été distinguées dans la catégorie "roman" respectivement pour La vraie vie (L'Iconoclaste) et Le chant des revenants, traduit par Charles Recoursé, chez Belfond.

Lauréate des prix du roman Fnac, Première plume, Filigranes et Renaudot des lycéens 2018, Adeline Dieudonné dépeint dans son premier roman, La vraie vie, le quotidien lugubre et assommant d'une jeune fille. Son père, passionné de chasse, expose ses animaux empaillés et sa défense d'éléphant dans une des chambres de la maison. Sa mère est transparente, inexistante. Alors, avec son frère Gilles, elle joue dans les carcasses de voiture de la casse en attendant l’arrivée du camion de glaces. Jusqu’à ce jour où un grave accident vient troubler le quotidien de sa famille.

De son côté, Jesmyn Ward a captivé les lectrices du magazine féminin avec Le chant des revenants, l'histoire de Jojo, 13 ans. Le jeune garçon s'occupe de la ferme et prend soin de sa petite sœur et de sa grand-mère. Quand son père sort de prison, il ressasse ses questions sur ce qu'est être un homme. Qualifiée de "William Faulkner contemporaine" par Lee Daniels, Jesmyn Ward a remporté à deux reprises le National Book Award pour ses romans Bois sauvage en 2011 et Le chant des revenants en 2017, traduit en français par Charles Recoursé.
Elle a été professeure de création littéraire à l’université de South Alabama à Mobile (Alabama), avant d’enseigner l’anglais à l’université privée Tulane de la Nouvelle-Orléans (Louisiane). Ses ouvrages racontent les discriminations et la pauvreté qui touchent la jeunesse afro-américaine dans les Etats du Sud des Etats-Unis en prenant des personnages comme un adolescent dealer en Louisiane ou une mère-enfant face à la catastrophe de l’ouragan Katrina.

Dans la catégorie "document", Alex Marzano-Lesnevich a été récompensée pour L'empreinte, traduit de l'anglais par Héloïse Esquié, publié chez Sonatine. Dans ce récit littéraire, cette ancienne étudiante en droit à Harvard relate sa rencontre avec Rick Langley, un meurtrier emprisonné en Louisiane pour un crime particulièrement sordide. Opposante résolue à la peine de mort jusqu'à ce jour, la confession du tueur ébranle sa conviction. En enquêtant sur cette affaire, elle découvre alors les mobiles de celui-ci qui, à sa grande surprise, font écho à son histoire personnelle. L'auteure a également été distinguée en janvier par le prix du Livre étranger JDD/France Inter 2019.

Enfin, Franck Bouysse a reçu le prix des lectrices Elle dans la catégorie "policier" pour Né d'aucune femme, publié à la Manufacture de livres. Distingué par le prix des Libraires 2019, écoulé à près de 40000 exemplaires et présent dans les meilleures ventes de la catégorie Romans depuis 19 semaines, ce thriller livre le destin tragique de Rose. Un récit dévoilé par un prêtre qui, dans un asile, bénit le corps de Rose et trouve ses cahiers dans laquelle elle a raconté son histoire en brisant le secret qui lui avait été imposé.

La cérémonie s'est tenue au théâtre de l'Odéon, où une trentaine d'anciens lauréats du prix Elle, tels Delphine de Vigan, Eric Fottorino, Philippe Claudel, Pierre Assouline ou Olivier Norek, ont accompagné le magazine en ce 50e anniversaire.
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