Nous deux encore. Thomas Morales est un graphomane éclectique, qui avait jusqu'à présent surtout écrit sur les voitures ou les stars du cinéma français des années enfuies. Un hurluberlu nostalgique, à la belle plume, à qui l'on doit une vingtaine de livres depuis son premier, en 2009, Le break Volvo 240 de mon père (ETAI). Le voici aujourd'hui qui change de registre. Même si la nostalgie est toujours là, tout comme le name-dropping de quelques stars croisées dans les rues (Philippe Noiret au volant de sa Volvo ou Françoise Hardy faisant ses courses à Monticello), il s'agit ici d'un thrène, une déploration sensible, tendre et souvent bouleversante de la femme aimée durant trente ans, à la passion, à la folie, et emportée en cinq mois par la maladie. Ces deux-là, tout les opposait : lui, 25 ans, qui se présente comme un plumitif balourd, terrien, médiocre, limité dans ses capacités ; elle, brillante, douée, riche, volontaire, businesswoman, « une louve », dit-il. Ils se sont trouvés. Se sont fréquentés un temps, avant de se marier. Ce fut d'abord « une histoire de peaux », et puis ils se sont bâti un univers rien qu'à eux, nourri de voyages, de folles équipées en Vespa et de longues déambulations dans Paris, en « bouffeurs de bitume ». Tous les autres, en revanche, furent rapidement exclus de l'histoire. Les amoureux se suffisaient à eux seuls. Et puis, le destin a frappé, soudain. Et celui qui reste est dévasté à jamais. Puisse ce beau texte catharsis apaiser un peu sa peine, faire revivre la femme aimée, dans un « Nous deux encore » émouvant.
Les tendresses de Zanzibar
Rocher
Tirage: 0
Prix: 14,00 €
ISBN: 9782268112985
