Entretien

Décerné pour la première fois par l'Association internationale francophone des bibliothèques et documentalistes (AIFBD), le Prix du bibliothécaire/documentaliste francophone de l'année revient à Charlotte Hénard. Conservatrice responsable des Services aux publics, de la politique d'accueil et du développement des publics à la Médiathèque José Cabanis de Toulouse, cette bibliothécaire de 54 ans, discrète et polyvalente, oeuvre à la défense de la lecture publique par le biais professionnel et associatif. Livres Hebdo a recueilli les impressions de la lauréate, nommée par ses pairs. 

Livres Hebdo : Vous venez d'être nommée Bibliothécaire francophone de l'année par l'AIFBD. Qu’est ce que ce prix représente pour vous? 
Charlotte Hénard : Cette nouvelle a été une surprise réelle et totale, car j'ignorais avoir été proposée pour ce prix. Après un premier éclat de rire, j'ai demandé où était la caméra cachée... Plus sérieusement, je suis flattée et très touchée de cette validation par les pairs. Et bouleversée que des personnes que je côtoie dans ma profession aient pris du temps pour soutenir ma candidature. C'est très important d’être reconnue par les collègues. Cette récompense c'est un peu la reconnaissance du travail que j’effectue depuis longtemps sur le terrain. 

Qu'est-ce qui vous motive quotidiennement dans votre pratique professionnelle? 
Mon engagement associatif et professionnel, comme mon profil "100% lecture publique", font de moi une bibliothécaire polyvalente : un jour j'encadre, le lendemain je suis à la logistique, puis au pôle doc etc. Mon parcours se traduit par le terrain et le faire. J'ai de plus un attachement très fort à l'adaptation pour tous les publics y compris ceux qui sont en grande difficulté et je cherche constamment à impulser cette dynamique.

Vous avez également piloté la 13e édition de l'ouvrage Le métier de bibliothécaire, une référence dans votre domaine.
J'ai assumé la direction scientifique de cet outil très important dans notre communauté professionnelle et travaillé à une refonte en profondeur en essayant d'y intégrer beaucoup de choses nouvelles tout en gardant les fondamentaux. J'ai invité 40 auteurs à y participer, pour moitié des femmes. La majorité des intervenants sont des professionnels en poste, des gens qui font les choses. Je suis aussi très engagée sur la question de la formation auprès de l'ABF et d'autres instances comme l’Institut Français pour qui j'ai animé l'ensemble des formations des bibliothécaires du Niger.

Vous êtes aussi photographe de bibliothèques...
Depuis 10 ans, je pratique le bibliotourisme. Je réfléchis tout le temps à la bibliothèque, à comment elle doit évoluer ou comment elle vit, et je souhaite partager ces réflexions à travers mes photos. Mon compte Flickr compte 21 000 images d'établissements diffusées sous licence CC BY SA et fait 3000 vues par jour. On y trouve 135 albums classés par bibliothèques et par pays. Cet aspect de ma vie personnelle, cette marotte, a une véritable utilité professionnelle. 






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