Condamnées le 5 juillet par le tribunal de grande instance de Brest à retirer de la vente le livre de Michel Treguer,
Avec le temps, et de payer les dépens du procès à leur adversaire (voir
actualité du 6 juillet dernier), les Editions-dialogues.fr ont finalement décidé de faire appel.
« Je suis solidaire de mon auteur », précise Charles Kermarec, patron de la toute jeune maison d'édition brestoise. C'est en effet Michel Treguer, qui « après une relecture minutieuse du texte de l'ordonnance », a décidé de lancer la procédure.
Avec le temps retrace l'histoire d'un village finistérien, Bourg-Blanc, sous l'occupation allemande. Dans un chapitre intitulé Le fils de l'Allemand, l'auteur y révèle l'identité, allemande, du père du plaignant, M. Roch, aujourd'hui septuagénaire. Le juge a considéré qu'il s'agissait d'une « atteinte intolérable au respect au droit à la vie privée. »
« L'histoire de M. Roch est publique depuis sa naissance en 1942. Elle est bien connue à Bourg-Blanc où tout le monde (en dehors de sa famille) l'a toujours considéré aimablement. Et M. Roch l'a lui-même publiée dans les journaux allemands dans l'espoir d'identifier son père. Il est dès lors impossible de parler d'une atteinte" intolérable" à la vie privée, qualificatif nécessaire pour justifier une mesure de retrait du livre de la vente », explique l'auteur, qui estime par ailleurs que les pages « traitant du cas de M. Roch sont [...] très chaleureuses ».
Dès la prononciation du jugement, Charles Kermarec a procédé au rappel des 1 300 exemplaires restant en circulation, l'astreinte se portant à 50 euros par jour et par livre encore en vente ou diffusé.