Comment un jeune lecteur insatiable en vient-il à fonder sa propre maison d'édition ? Pour Benoît Virot, l'impulsion initiale est venue de la redécouverte de textes oubliés, et notamment d'un livre des années 1950 qui a changé sa vie et lui a donné l'envie de « laisser parler ses visions ». Dans cette vidéo, l'éditeur revient sur les œuvres qui ont inauguré l'ère actuelle du Nouvel Attila, en évoquant le succès retentissant de Debout-payé de Gauz et le « triplé de prix littéraires » remporté par Kev Lambert avec Que notre joie demeure, paru en 2023.
Mais l'éditeur aborde également son rapport au temps et au marché : comment un texte nécessitant 12 années de traduction, tel que Horcynus Orca de Stefano D'Arrigo, peut-il trouver sa place dans le catalogue d'une maison à notre époque ? Et pourquoi faire le choix d'un premier roman à la « radicalité poétique » extrême, à rebours des tendances du marché, à l'instar de Mille millilitres de Ganymède de Philippe Savet (janvier 2026), s'avère parfois être la meilleure décision ?
Travail de défrichage
Recevant entre 8 et 10 manuscrits par jour, l'éditeur peut expliquer aux jeunes auteurs et autrices ce qui attire son œil à lui, mais aussi celui de l'ensemble du milieu professionnel. Il offre ainsi aux aspirants écrivains et écrivaines de précieuses clés pour sortir du lot.
Et pour clore cet entretien, Benoît Virot dévoile un aspect rarement évoqué dans les récits éditoriaux : les « cadeaux » entre confrères et consœurs. Il révèle la façon dont le travail de défrichage, réalisé par Laure Limongi, d'une part et la générosité de Martin Page d'autre part, ont pu enrichir son propre catalogue, de l'œuvre d'Hélène Bessette jusqu'à la naissance de la toute nouvelle collection « Soft touch ». Une collection qui contribue à rendre ses lettres de noblesse à l'exploration du corps et de la sexualité.
