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"Céline, les manuscrits retrouvés" : dans les coulisses du mythe

L'exposition "Céline. Les manuscrits retrouvés" se tient du 6 mai au 16 juillet à la Galerie Gallimard (Paris 7e) - Photo Dahlia Girgis

"Céline, les manuscrits retrouvés" : dans les coulisses du mythe

Publié le 5 mai par Gallimard, le premier roman issu des manuscrits retrouvés de Louis-Ferdinand Céline, Guerre fait déjà l’objet de deux réimpressions de 30 000 exemplaires. L'engouement est aussi perceptible au sein d'une exposition consacrée à l'événement à la galerie parisienne de l'éditeur. Elle se déroule du 6 mai au 16 juillet pour "accompagner et expliquer le projet éditorial".

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Par Dahlia Girgis ,
Créé le 12.05.2022 à 15h51 ,
Mis à jour le 18.05.2022 à 16h34

Déjà n°2 du Top 20 des meilleures ventes hebdomadaires Gfk/Livres Hebdo, après sa publication le 5 mai chez Gallimard, le premier roman des manuscrits retrouvés de Louis-Ferdinand Céline, Guerre, établi par l'historien Pascal Fouché avec un avant-propos de l'exécuteur testamentaire de l'écrivain François Gibault, fascine. “Jamais autant de manuscrits n'ont été retrouvés, c’est une découverte incroyable qui marque l’histoire littéraire”, estime l’éditeur, historien et archiviste Alban Cerisier. Il est le commissaire de l’exposition “Céline. Les manuscrits retrouvés” qui se tient du 6 mai au 16 juillet à la Galerie Gallimard (Paris 7e).

Alban Cerisier à la Galerie Gallimard, le 11 mai à Paris.
Alban Cerisier à la Galerie Gallimard, le 11 mai à Paris.- Photo DAHLIA GIRGIS

Quelques jours à peine après l’ouverture de l’événement au public, l’exposition fait salle comble. Les visiteurs découvrent les lettres personnelles de l’auteur, cartes postales, archives de Denoël et Gallimard et surtout certains des feuillets inédits de Guerre, Londres, Casse-pipe et de La Volonté du roi Krogold. “Dès la réception des manuscrits et l’accord des ayants droits, nous avons voulu aller très vite”, explique le commissaire.

Un complément pour saisir les enjeux de Guerre

Sur les 250 pages retrouvées de Guerre, une dizaine sont encadrées au mur. Parmi eux, le premier et le dernier du récit. “Certains feuillets sont importants à montrer : ceux qui montrent les éléments clés du récit, mais également les pauses de l’auteur”, détaille Alban Cerisier. Dans le feuillet numéro 10, l'écrivain s'arrête par exemple dans son récit pour parler de la place du souvenir dans le processus créatif.

Feuillet 10 du manuscrit "Guerre" où la notion de souvenir est évoquée par Louis Ferdinand Céline à la Galerie Gallimard
Feuillet 10 du manuscrit "Guerre" où la notion de souvenir est évoquée par Louis Ferdinand Céline à la Galerie Gallimard- Photo DAHLIA GIRGIS

Âgé de 20 ans lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Louis-Ferdinand Céline est resté marqué toute sa vie par les horreurs des combats qui l'ont grièvement blessé en 1914. Un conflit dénoncé dans Guerre comme un "abattoir international en folie".

Pour faciliter la compréhension des lecteurs, les phrases, difficilement déchiffrables, sont retranscrites à proximité sur des encarts. En complément des feuillets, des archives personnelles de l’auteur sont exposées pour marquer le contraste avec le roman. “Dans son récit, l'écrivain se bat contre le langage commun pendant la guerre illustré par ses parents, or les échanges réels avec sa famille sont normaux”, souligne le commissaire.

Pour spécialistes et nouveaux lecteurs

Une grande partie de l’exposition est consacrée à Guerre pour coïncider avec l’actualité de sa sortie en librairie. Moins explorés, les feuillets de Londres, Casse-pipe et de La Volonté du roi Krogold occupent une petite partie de l'établissement.

Les feuillets de "Londres", suite de son roman "Guerre" montre la reconstruction de Louis- Ferdinand Céline.
Les feuillets de "Londres", suite de son roman "Guerre" montre la reconstruction de Louis- Ferdinand Céline.- Photo DAHLIA GIRGIS

Là encore, les feuillets sont accompagnés de documents personnels ou d’autres archives en lien avec l’auteur. L’idée est de séduire les connaisseurs de Louis-Ferdinand Céline, mais également ses nouveaux lecteurs. “L’exposition accompagne la portée de cette découverte et explique le projet éditorial”, résume Alban Cerisier. Pour contextualiser le succès de l'écrivain dans les années 1930, une archive montre notamment les traductions et tirage de Voyage au bout de la nuit dans plusieurs pays.

Tiré initialement à 80 000 exemplaires, Guerre a déjà fait l’objet de deux réimpressions à hauteur de 60 000 exemplaires depuis sa mise en vente par Gallimard. L’éditeur publiera prochainement en trois romans le reste des manuscrits publiés et renouvellera la pléiade de l’auteur.

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