Le festival landais a lancé un prix littéraire cette année. - Photo Contis, Une dune à la page
Contis, une dune à la page : le petit festival des grands auteurs
Du 14 au 17 mai, le festival de littérature Contis, Une dune à la page, réunira 40 auteurs en Nouvelle-Aquitaine pour une édition « encore plus vivante, solaire et ouverte sur l'océan ». Présentation d’un événement au modèle économique léger et dynamique.
Par
Jacques Braunstein Créé le
13.05.2026
à 11h29, Mis à jour le 17.05.2026 à 17h38
Le week-end de l’Ascension, le festival de littérature Contis, une dune à la page, revient ensoleiller la Nouvelle-Aquitaine pour la deuxième fois. La manifestation réunit une quarantaine d’auteurs dans la station de la côte landaise, parmi lesquelsles autrices primées Maylis de Kerangal, Camille Laurens ou Léonor de Recondo, les auteurs de bande dessinée Jul, ChristianCailleaux, ou encore Stéphane Melchior, et, côté essai, la journaliste Ariane Chemin et le sociologue du tourisme Jean-Didier Urbain. Ce casting, conjugué à la mise en place d'une solide programmation jeunesse et des activités telles qu'une grande dictée animée par le journaliste télévision Julian Bugier, évoque celle des salons d'envergure, et pourtant : le festival littéraire et son nombre modeste de bénévoles se sont établis dans une commune de 1 800 habitants seulement, dont Contis-les-Bains n’est qu’une partie.
Une librairie les pieds dans le sable
Contis, une dune à la page est un projet porté par Virginie Lapeyre, libraire de la station. Parisienne qui « a eu plusieurs vies, et notamment créé un magazine sur le cheval lusitanien » (celui de Louis XIV et de Bartabas), elle s'embarqua à bord d'un camion photo itinérant pour présenter les images qu’elle prenait sur les routes des Landes, pour finir par développer un rayon de livres sur la région. En 2022, quand le camion devint trop petit, elle déposa sa librairie aux pieds de la dune de Contis, là où elle entreposait jadis son véhicule. D'où le nom de la nouvelle enseigne, baptisée Au camion.
Après avoir suivi une formation d’une vingtaine d’heures à L'École de la Librairie à Maisons-Alfort, Virginie Lapeyre finit avec un établissement de 50 m2 où se côtoient 5 000 titres, un espace presse, un espace d’exposition et un salon de thé. Pour l’approvisionnement, elle passe par le comptoir des livres de Bordeaux, comme elle l'explique à Livres Hebdo : « Pour une petite librairie comme la mienne, c’est un bon système, j’ai moins de remises, mais moins de gestion aussi et la maîtrise de mon stock. Grâce à eux je suis au courant des opérations qui me correspondent comme celle du Livre de poche chaque été. Alors que je ne suis pas certaine vu la taille de la librairie que je verrais beaucoup de représentants si je passais par d’autres distributeurs. »
Quatre ans plus tard sa librairie est à l’équilibre et l’autorise désormais à se rémunérer autour du Smic (grâce à la bonne volonté de sa mère, retraitée, qu’elle ne rémunère pas, tient-elle à ajouter). « Et le festival me permet de démarrer la saison plus tôt », souligne-t-elle.
20 bénévoles, et beaucoup de bonne volonté
La libraire Au Camion a amorcé sa démarche avec l'organisation de rencontres littéraires avec des auteurs comme avec Léa Wiazemsky, à qui l'on doit Petit éloge des cafés, paru aux éditions Les Pérégrines en 2024. « C’est en discutant avec elle après sa signature que l’idée du festival est née, confie-t-elle. Et elle a répondu présente lors de notre première édition. » L’association porteuse du festival de Contis est constituée de l’énergique libraire, sa tante Frédérique Hardy, Marie-Luce Ribot des éditions Sud Ouest et Odile Faure d’Ici Pays basque, d'autres habituées de Contis-les bains.
Le festival a, pour son coup d'envoi en 2025, reçu l’historien Grégoire Kauffmann et son père Jean-Paul Kauffmann. Le premier revient cette année en tant que parrain de la manifestation et a aidé à peaufiner la programmation en cooptant ses amis écrivains. Une rencontre consacrée à l’histoire réunit autour de lui Yann Potin et VincentLemire. Contis, une dune à la page, est également soutenu par l’association des commerçants locale et par la Mairie. La ville n'en est pas à son coup d'essai en matière de festivals ; elle accueille, depuis 1996, un festival de courts-métrages, le Festival du film de Contis, qui, s’il a été suspendu à 2026, reprendra en 2027. Le cinéma de Contis vient quant à lui vient d’être repris par l'agence We Love Art (We Love Green, Peacock Society Festival…).
Une vingtaine de bénévoles mettent la main à la pâte, tandis que locaux et estivants prêtent leurs bungalows, des chambres et hébergements en hôtel, alors que le festival paie un repas à ses invités dans un restaurant de la station. Et ce, grâce aux maisons d’édition qui payent les billets de train. « Pour l’instant le budget est de 3 000 euros, réunis notamment grâce à HelloAsso et un mécénat de la Fondation Gascogne » calcule Virginie Lapeyre qui a d’ores et déjà déposé des dossiers auprès de la communauté de communes, du département, de l’Alca de la Drac Aquitaine et de l’antenne régionale du Centre National du Livre. L'objectif : se développer et dans les années à venir et surtout, « payer les auteurs ».
Cette édition 2026 est aussi l'occasion d'inaugurer le prix littéraire du festival, le prix Contis plage, dédié au premier roman. Il sera remis à LouisRaymond pour Loin du Mékong (Calmann-Lévy 2026).
[Mise à jour, dimanche 17 mai]. Les tables rondes et autres rencontres ont attirées chacune de 50 à 250 festivaliers, pour la grande dictée. Le chiffre d'affaire de la vente de livre est de plus du double de l'an passé et s'approche de celui de la librairie un mois hors saison.
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Par
Élodie Carreira
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