Couvertures, résumés, titres: une étude analyse les livres de la rentrée | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 05.11.2019 à 12h06 (mis à jour le 05.11.2019 à 12h52) Etude

Couvertures, résumés, titres: une étude analyse les livres de la rentrée

Tonalités chromiques de la rentrée littéraire - Photo MOTAMORPHOZ

Le Goncourt 2019 ne correspond pas à la tendance promotionnelle de la rentrée littéraire avec un titre long, un résumé précis, un personnage de la classe moyenne résidant à l'étranger, et une couverture colorée et dessinée.

L'observatoire Motamorphoz a étudié 107 livres, sélectionnés par les 11 prix majeurs de l'automne, de la rentrée littéraire d'un point de vue lexicale et statistique à partir des titres, des images et de la 4e de couverture. Avec 12 mots, le Goncourt 2019, Tous les hommes n’habitent pas le monde de la même façon, est le plus long titre de la rentrée. C'est d'ailleurs le mot "monde" qui apparait le plus souvent dans un titre (6 fois). Tout comme les récits de vie continuent d'être privilégiés (41%).

Mais le roman de Jean-Paul Dubois ne correspond pas forcément à la tendance générale avec un dessin d'avion en couverture, un personnage (Paul Hansen) et un lieu (Montréal) idéntifiés dans le résumé, et une condition, prolétaire. Si 76% des histoires sélectionnées sont contemporaines à l'instar de Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon, 41,5% de ces récits se déroulent en France (contre 23% hors de France). Selon cette étude, l’auto-promotion des auteurs s'accroît sur la 4e de couverture tandis que 42% des couvertures utilisent des photographies et 40% affichent un individu. Mais plus globalement, un roman sur six ne mentionne aucun personnage dans sa promotion et un quart des livres ne précisent jamais la localisation de l'intrigue. Toujours selon Motamorphoz, il y a une bonne proportion des personnages qui sont des écrivains (7,4%), artistes (6,5%) et journalistes (6,5%).

Un visuel sobre et un titrage classique

On trouve assez classiquement une prédominance des formes en complément du nom, à 23%, du type "Article + Nom Commun + Préposition + Article + Nom Commun" (Le nom secret des choses, La part du fils, Le cœur battant du monde…) et des formes plus simple de type "Article + Nom" (Des routes, La tentation, Les minets…) ou "Article + Nom + Adjectif" (Le monde horizontal, Les choses humaines…) explique l'observatoire. Les titres courts, composés de deux ou trois mots représentent 41% de l'ensemble des ouvrages étudiés. Six d'entre eux contiennent des emprunts lexicaux, notamment de l’anglais (Border, Civilizations, Grand prix du roman de l'Académie française, ironiquement, Macadam Butterfly…).

Par ailleurs, 55% des livres, titre, quatrième de couverture et récit sont en lien les uns avec les autres: "La plupart des titres utilisent donc des mots permettant de poser les bases d’un récit : noms et caractéristiques principales d’un personnage, lieu relativement précis, temporalité plus ou moins élaborée allant d’une date ou d’un jour de la semaine à un simple marqueur temporel relatif", précise Motamorphoz.

Plus d'hommes que de femmes

Sur les 107 livres scrutés 60% sont écrits par des hommes et 40% par des femmes. Même si les trois premiers grands prix littéraires de l'automne n'ont pour l'instant que récompenser des écrivains.

L'étude a aussi analysé la dominante visuelle des couvertures, où la sobriété domine (blanc, beige et noir), même si le bleu est utilisé à 13%. Les titres sont en rouge, noir et blanc (à elles trois, ces couleurs sont utilisées sur 76% des livres).

Enfin, la question d'écologie et la politique sont les grandes thématiques absentes parmi les livres décryptés au travers de leur apparence.

 
close

S’abonner à #La Lettre