Climat

Début d'année tempétueux pour les libraires bretons

Librairie la Nuit bleue marine à Morlaix, inondée six fois depuis le 24 décembre - Photo CÉCILE CHARONNAT

Début d'année tempétueux pour les libraires bretons

Depuis le 24 décembre, les coups de vents s’enchainent et provoquent dégâts des eaux et chute d’activité pour plusieurs libraires bretons.

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Par Cécile Charonnat,
Créé le 15.02.2014 à 15h25,
Mis à jour le 17.02.2014 à 09h31

Alors que Météo France a émis vendredi 14 février un énième avis de tempête sur les 4 départements bretons, Maurice et Géva Arnould, de la Nuit bleue marine, à Morlaix (Finistère), jouent à nouveau les déménageurs afin de mettre à l’abri leurs 9 000 références.
 
« Depuis le 24 décembre, on n’est plus vraiment libraires mais plutôt manutentionnaires et nettoyeurs », constate, désabusé, Maurice Arnould qui, en deux mois, a vu l’eau pénétrer six fois dans son magasin, dont deux fois à une hauteur de plus de 60 centimètres.
 
« On maîtrise parfaitement la gestion des sacs de sable devant la porte », ajoute Géraldine Delauney, de Dialogues, dont la cave se trouve en dessous du niveau de la rivière qui longe la librairie. « On passe notre temps à remonter les livres et à mettre des palettes sur des palettes pour rehausser le niveau. »
 
Une chute de CA de 20 à 30%
 
Inondée une première fois le 24 décembre, et de manière spectaculaire, Morlaix a subi, depuis, de nombreuses montées des eaux qui perturbent fortement l’activité des deux principales librairies de la ville. « Notre fréquentation est très en deçà de la normale. Les gens restent sur les hauteurs et ne se rendent plus dans le centre ville, même s’il est ouvert », explique Géraldine Delauney, qui enregistre pour le mois de février une chute de 20 à 30% de son CA par rapport à un mois normal.
 
A la Nuit bleue marine, Maurice Arnould estime que les pertes pour le mois de janvier oscillent entre 6 000 et 10 000 euros, auxquels s’ajoutent les 4 000 euros de livres dégradés par la première inondation, qui a surpris tout le monde. « Mais surtout, la répétition du phénomène me bloque dans mes retours et engendre une grande tension sur ma trésorerie, déjà fortement impactée par les mauvaises ventes de la fin d’année », déplore le libraire.
 
A contrario, l’Espace culturel Leclerc, situé sur les hauteurs de la ville, ne subit aucun désagrément.
 
Plus au sud, à Quimperlé, également très touchée par les crues, la situation des Mots voyageurs n’est guère plus brillante. Karine Clugery a même été contrainte de fermer à trois reprises son magasin. « Il me faut trois à quatre jours pour tout nettoyer, ranger à nouveau les livres et redonner un aspect normal à la librairie », souligne la jeune femme, au bord de l’épuisement, et qui encaisse de surcroît la même baisse de fréquentation que ses confrères.
 
Le classement en catastrophe naturelle de la crue du 24 décembre devrait toutefois atténuer les pertes financières de chacun. Les dossiers sont en cours d’instruction.

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