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Défendant les auteurs, Joann Sfar met en cause la ministre de la Culture

Joann Sfar

Défendant les auteurs, Joann Sfar met en cause la ministre de la Culture

"L'histoire se rappellera que c'est une ministre éditrice qui a massacré les écrivains" a expliqué Joann Sfar sur France Inter ce matin, poursuivant sa campagne médiatique contre la réforme à venir du régime social des auteurs.

Par Vincy Thomas
avec afp Créé le 22.06.2018 à 19h31

Depuis le week-end dernier, Joann Sfar a pris son stylo pour relayer le mouvement #auteursencolère sur son compte Instagram. Sur France Inter ce matin, dans l'émission d'Augustin Trapenard, "Boomerang", l'écrivain et auteur de bande dessinée a poursuivi sa campagne médiatique, après la tribune collective parue dans Le Parisien en début de semaine.

Il a ainsi rappelé que 41% des auteurs de littérature sont en dessous du smic, qu'ils ne peuvent pas prendre de retraite et ne prennent aucuns congés. Il s'alarme ainsi d'une réelle précarité du secteur. "La perspective des normalisations de taxes et de fiscalité va en précipiter beaucoup hors du métier" ajoute-t-il. En ponctionnant l'équivalent d'un mois de revenus pour financer leur retraite, Joann Sfar craint la cessation d'activité de nombreux auteurs.

"En France, les livres sont très bien protégés grâce au prix unique, mais les auteurs sont en danger", a déclaré le créateur du Chat du rabbin
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"L'histoire se rappellera que c'est une ministre éditrice qui a massacré les écrivains", a-t-il affirmé. Ancienne directrice des éditions Actes Sud, la ministre de la Culture Françoise Nyssen et Agnès Buzyn, son homologue en charge des Solidarités, ont réaffirmé dans un communiqué "l’importance que les artistes auteurs bénéficient d’une couverture sociale de qualité". Les deux ministres avaient dépêché en avril une mission sur ce dossier, qui rendra "dans quinze jours" des préconisations et se poursuivra jusqu’en d’octobre. 

"On est une profession qui est en train de crever" au nom d'une réforme assure l'auteur d'Aspirine. "S'ils voulaient qu'on crève tous, comme on a tué le cinéma italien il y a 20 ans, qu'ils le disent. Qu'ils disent : on est un gouvernement qui ne veut pas de littérature, qui ne veut pas qu'on vive de la littérature... Mais ils ne disent pas ça" explique Joann Sfar, qui souligne "le déphasage" entre la politique d'Agnès Buzyn et de Françoise Nyssen et le discours présidentiel de Villers-Cotterêts ou ce qui se décide sur le droit d'auteur européen. 

Les auteurs s'inquiètent notamment de la hausse de la CSG (passée de 7,5% à 9,2% depuis le 1er janvier), qui a entraîné une perte de leur pouvoir d'achat (même si cette hausse de la CSG a été en partie compensée par la suppression de la cotisation d'assurance-maladie), et de la réforme à venir du régime social des auteurs qui prévoit notamment une refonte de leur système de retraite. Se désolant du silence des éditeurs, l'auteur pense qu'ils seront "obligés de nous aider parce qu'ils vont s'apercevoir que ces taxations vont leur tomber dessus aussi". Il en appelle à Vincent Montagne, président du Syndicat national de l'édition, pour qu'il s'implique: "Il faut remettre à plat tout l'argent qui provient de la vente d'un livre et qu'on se demande si c'est normal qu'un auteur perçoive moins d'un euro sur la vente d'un de ses livres."

Une centaine d'auteurs ont manifesté jeudi à Paris, près du ministère de la Culture, pour alerter sur leur sort, alors que s'est tenue dans la matinée une réunion de concertation au sujet du régime social des artistes-auteurs qui doit changer au 1er janvier 2019. Joann Sfar a ironisé sur cette réunion: "hier, il y a eu PowerPoint public dans lequel on nous assurait que nos pires craintes allaient être réalisées et que techniquement, rien n'était prêt dans ces réformes. (...) Ils ne savent même pas répondre." 

En France, le nombre d'artistes-auteurs est estimé à environ 270000 personnes.

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