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Dossier Rentrée bande dessinée : dans l’ombre des héros

La saga de Grimr de Jérémie Moreau, chez Delcourt . - Photo DELCOURT

Dossier Rentrée bande dessinée : dans l’ombre des héros

Tandis que biographies et documentaires s’installent durablement dans la production, la saison BD sera surtout marquée par le règne presque sans partage des grandes séries.

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Par Benjamin Roure,
Créé le 25.08.2017 à 00h00,
Mis à jour le 27.08.2017 à 12h58

Les libraires BD se frottent déjà les mains. Car l’automne 2017 sera celui des blockbusters, au premier rang desquels les deux millions d’exemplaires d’Astérix et la Transitalique de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad (19 octobre). Mais avant lui, la rentrée des petits et des grands se fera sous le signe du 15e tome de Titeuf, par Zep (Glénat), et ses 550 000 exemplaires.

Les immortels et les revenants

Outre ces deux têtes de pont, d’autres grands héros vont truster les premières places jusqu’à Noël. Corto Maltese, d’abord, avec un nouvel opus par Juan Diaz Canales et Ruben Pellejero (Casterman, septembre). Largo Winch, ensuite, avec un 21e tome dessiné par Philippe Francq, et écrit pour la première fois par Eric Giacometti (Dupuis, octobre). Chez le même éditeur, Yves Sente et Laurent Verron proposeront leur vision de Spirou. Côté jeunesse, Glénat s’offre le 8e volume de Lou ! de Julien Neel (novembre). Dargaud n’est pas en reste avec la publication, en partenariat avec DC Comics, d’un Batman par Enrico Marini (premier tome, sur deux, en novembre) et surtout la réinterprétation d’un grand héros maison : Valérian, par les talentueux (et gros vendeurs) Wilfrid Lupano et Mathieu Lauffray (septembre). Les bédéphiles se réjouiront du retour d’entre les morts du Lapinot de Lewis Trondheim, pour le premier tome de ses Nouvelles aventures à L’Association, Un monde un peu meilleur. Cette résurrection est aussi pour L’Association l’occasion d’inaugurer une nouvelle collection, la "48cc", au format album 48 pages, cartonné couleur, ce standard même contre lequel, par sa forme et son contenu, L’Association est née en 1990. Autre héros revenant après douze ans d’absence : Giacomo C. de Jean Dufaux et Griffo, chez Glénat. Notons que, dans la veine patrimoniale, Delirium se lance dans une intégrale du Tarzan de Joe Kubert.

Spinning de Tillie Walden, chez Gallimard BD. - Photo GALLIMARD BD

Vieilles séries, grosses ventes

Outre les héros, les séries se poursuivent et les grosses machines seront aussi légion cet automne. Chez Bamboo, Les sisters reviennent en novembre avec un 12e tome, alors que la série animée adaptée de l’univers de Cazenove et William débarque le 13 septembre sur M6 ; Les profs aussi feront leur rentrée, avec un 19e opus de gags en septembre et une histoire longue deux mois plus tard. Humour toujours avec le 9e tome de Lincoln chez Paquet. Soleil poursuit ses Elfes, Nains, Trolls de Troy, Lanfeust odyssey et même ses Forêts d’Opale (avec un nouveau dessinateur). Dargaud propose les suites du Janitor, de la Quête de l’oiseau du temps, des Vieux fourneaux et d’Undertaker. Plus intime, Mattéo de Jean-Pierre Gibrat revient pour un 4e tome chez Futuropolis en octobre. Chez Dupuis, on lira les suites des immortels Jeremiah (35e tome), Jérôme K. Jérôme Bloche (26e) et Les Tuniques bleues (61e), ainsi que la reprise d’une série culte, SOS Bonheur, dans une saison 2 écrite par Stephen Desberg et toujours dessinée par Griffo. Autre relance surprise : un 8e volume pour La nef des fous de Turf, chez Delcourt, éditeur qui poursuit ses sagas concepts, Jour J, L’homme de l’année ou Sept, ainsi que ses blockbusters Walking dead et Les Légendaires.

Paroles d’honneur de Leïla Slimani et Laetitia Coryn chez Les Arènes. - Photo LES ARÈNES

Quelle place pour la relève ?

Les éditeurs BD font du neuf avec du vieux, captant le public avec des valeurs sûres. Dans cette foisonnante saison de séries installées, qui verra aussi les suites de sagas plus jeunes mais intéressantes (Katanga, Harmony, Lastman, Chronosquad…), comment les nouvelles séries trouveront-elles leur place ? La question se pose notamment au Lombard, où elles sont tout de même au nombre de six : Gunblast girls de Crisse arrive dès la fin août, suivie de Deux hommes en guerre de Desberg et Jef, d’une nouvelle héroïne jeunesse, Léonie (septembre), et de The regiment, dans laquelle Vincent Brugeas et Thomas Legrain racontent l’histoire du SAS (octobre). Le même mois, au rayon jeunesse, ce sera le premier tome d’Hubert Reeves nous explique…, dérivé de son Univers dans la collection "La petite bédéthèque des savoirs", toujours mis en images par Daniel Casanave. Et en novembre, les pointures Matz et Philippe Xavier sortiront Tango, un thriller aux allures de western moderne.

Calypso de Cosey, chez Futuropolis. - Photo FUTUROPOLIS

Les autres éditeurs sont plus prudents sur les nouvelles séries, même si tous tentent de relancer la machine à créations. Delcourt mise uniquement sur Lahorde du contrevent (adaptation du roman d’Alain Damasio par Eric Henninot) et Density, projet comics de Trondheim, Stan et Vince. A peine plus chez Dargaud : le polar Mulo (POG et Le Bihan), le fantaisiste Opération Copperhead (Jean Harambat), l’antique Zarathoustra (Richard Marazano et Ahmad Mir Drikvand). Dupuis enfante des séries jumelles, Eagle et Adler, sur des pilotes de la Seconde Guerre mondiale, et une nouveauté jeunesse, Wonder Pony. Glénat, outre des comics, mise sur l’action (The dead hand) ou les personnages historiques (Sacha Guitry, Lady Di & me).

40 éléphants de Kid Toussaint et Virginie Augustin chez Bamboo-Grand angle. - Photo BAMBOO-GRAND ANGLE

Chez Casterman, les trois nouvelles séries sont davantage des projets atypiques. Ainsi, Jean-Louis Tripp, qui sort de dix ans de Magasin général, se lance dans une confession fleuve sur sa vie sexuelle, avec la trilogie Extases (premier tome le 6 septembre). La semaine suivante, Ludovic Debeurme arrive au catalogue avec Epiphania, un récit entre SF et fantastique, où la Terre, balayée par un tsunami, voit éclore d’étranges créatures de ses entrailles. Enfin, Golo Zhao, remarqué avec La balade de Yaya, lance chez Casterman une nouvelle héroïne âgée de 6 ans, Zhouzhou. Parole aux auteurs chevronnés aussi chez Rue Sèvres, avec la signature de François Schuiten et Benoît Sokal, pour un diptyque fantastico-maritime baptisé Aquarica.

Extases de Jean-Louis Tripp chez Casterman. - Photo CASTERMAN

L’adaptation, un classique

Si les longues sagas sont toujours l’apanage des grands éditeurs, il est un autre segment où tous, indépendants et majors, se retrouvent, c’est celui des adaptations littéraires. L’une des plus attendues est celle du Joueur d’échecs de Stefan Zweig par David Sala, dans un style expressionniste chatoyant (Casterman). Gallimard et la famille d’Albert Camus continuent de faire confiance à Jacques Ferrandez, puisque ce dernier, après L’étranger, adapte Le premier homme. Moins connu ici mais classique en son pays, L’Athénée du Brésilien Raul Pompeia sera transposé par Marcello Quintanilha chez Çà et là. Et tandis que la collection "Grand angle" de Bamboo poursuit ses adaptations de Marcel Pagnol, Soleil se penche sur les fameux Mémoires d’un paysan bas-breton, dans un triptyque signé Stéphane Betbeder et Christophe Babonneau. Futuropolis publiera deux adaptations bien différentes : L’automne à Pékin, par Paul et Gaëtan Brizzi, d’après Boris Vian ; et Balzac et la petite tailleuse chinoise, par Freddy Nadolny Poustochkine d’après Dai Sijie.

Goscinny, star de la rentrée

Expo, BD, revue… Le scénariste disparu voilà quarante ans sera la star de cet automne.

Pour célébrer la mémoire et l’œuvre du créateur de Lucky Luke et d’Astérix (dont un nouveau tome, écrit par Jean-Yves Ferri, sort en octobre), le musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, à Paris, consacre une exposition rétrospective à ce fils d’émigrés juifs polonais et ukrainiens, né en France en 1926 et décédé en 1977. De nombreux documents originaux et parfois inédits seront présentés, pour mieux comprendre ses sources d’inspiration et l’influence que son travail a eu sur le 9e art. Le catalogue sera coédité par Hazan. En parallèle, la Cinémathèque française accueillera une exposition sur les liens de l’auteur avec le cinéma.

Côté édition, outre un possible hors-série de la revue Les Cahiers de la BD dédié au scénariste, l’événement sera la publication de la bande dessinée originale du Petit Nicolas. Publiés dans le journal belge Le Moustique en 1955 et 1956, soit trois ans avant les premiers récits illustrés dans Sud-Ouest, ces gags en une planche introduisent le fameux héros de Sempé et Goscinny, ainsi que d’autres personnages récurrents (Imav éditions, le 12 octobre). Enfin, Albert-René publie l’intégrale d’une autre série des années 1950, Benjamin et Benjamine, dessinée par Uderzo, dans une version restaurée et colorisée.

Même quand elle n’offre pas une histoire clés en main, la littérature inspire plus d’un auteur de BD : Millénium saga, la suite originale du best-seller de Stieg Larsson, se poursuit chez Dupuis ; Nicolas Presl s’offre une variation autour des Mille et une nuits avec Levants (Atrabile), tout comme Etienne Le Roux et Vincent Froissard dans La mille et unième nuit (Soleil) ; et Stéphane Betbeder et Djief imaginent la jeunesse des héros de Choderlos de Laclos dans Liaisons dangereuses : préliminaires (Glénat).

C’est bon, c’est bio

Autre genre qui fait figure de valeur sûre ces dernières années : la biographie. Les peintres inspirent les auteurs de BD, puisqu’on lira à la rentrée chez Glénat des albums sur Edouard Manet et Berthe Morisot (par Michaël Le Galli et Marie Jaffredo), Gustav Klimt (Jean-Luc Cornette et Marc Rénier), Mondrian (Jean-Philippe Peyraud et Antonio Lapone), Tamara de Lempicka (Virginie Greiner et Daphné Collignon) ou Paul Nash (Black dog, par Dave McKean). L’éditeur se penchera de plus sur le rocker Vince Taylor. Figure de la peinture aussi pour Nathalie Ferlut et Tamia Baudouin avec Artemisia (Delcourt), et de la littérature pour Clément Oubrerie (Voltaire amoureux, Les Arènes), David Vandermeulen et Daniel Casanave (Nerval l’inconsolé, Casterman), Maximilien Le Roy et Native Maqari (qui signent Jack London, sous le pseudonyme Koza, au Lombard), ou Golo (Istrati !, Actes Sud). Chez Sarbacane, Alex W. Inker dresse le portrait de Panama Al Brown, boxeur dandy et, dit-on, amant de Cocteau, tandis que Cédric Rassat et Ana Rousse fredonnent la ballade de la chanteuse folk Karen Dalton. Fabien Bedouel et Patrice Perna s’intéressent eux à Joseph Darnand, héros de 14-18 et collaborateur sous Vichy, dans un diptyque chez Rue de Sèvres. Tandis que deux nouveaux venus italiens rendent hommage à Primo Levi chez Steinkis. Enfin, Cambourakis publiera Devenir Rosie de Shreyas R. Krishnan, sur la riveteuse au fichu rouge dont le portrait est devenu une icône du féminisme.

Cette année, on fête quoi ?

Finalement, cette accumulation de biographies peut aussi se voir à la fois comme la poursuite du traditionnel rayon de la bande dessinée historique, sous un angle nouveau, et comme une implantation durable de la bande dessinée inspirée du réel. Côté historique, plusieurs BD joueront la carte de la commémoration pour se raccrocher à l’actualité. En octobre, on célébrera ainsi le centenaire de la révolution russe : le documentariste Patrick Rotman et le dessinateur Benoît Blary la raconteront dans Octobre 17 dans la nouvelle collection conjointe au Seuil et à Delcourt ; et Gaétan Nocq brossera l’itinéraire de Capitaine Tikhomiroff (La Boîte à bulles). Cent ans aussi que les Etats-Unis sont entrés dans la Première Guerre mondiale : avec Gold star mothers (Delcourt), Fred Bernard met en images le scénario de Catherine Grive, sur les épouses et mères des soldats américains tombés au front qui sont venues se recueillir en France, dix ans après l’armistice. Hors commémoration, notons l’intéressant projet de Grégory Jarry, Nicole Augereau et Lucie Castel, chez Flblb, qui est d’adapter le journal du pionnier de l’égyptologie, Giambattista Belzoni, Voyages en Egypte et en Nubie. Ainsi que le one-shot suédois de Thomas Olsson sur une tragique exploration polaire, On n’avait rien à faire ici (L’Agrume), et Fétiche, une réflexion muette sur l’esprit révolutionnaire, des plantations de cannes à sucre à Haïti en 1791 au Bruxelles d’aujourd’hui, par Mikkel (Presque Lune). Dans la veine historique, La Revue dessinée et La Découverte s’associent pour créer une ambitieuse collection, "Histoire dessinée de la France", en 20 volumes, dirigée par l’historien Sylvain Venayre et inaugurée le 12 octobre par La balade nationale : les origines (Sylvain Venayre, Etienne Davodeau).

Réel sans frontières

Côté BD du réel, la tendance documentaire se poursuit. "La petite bédéthèque des savoirs" (Le lombard)se concentre sur Les zombies et Les abeilles. David Servenay et Thierry Martin enquêtent sur Une affaire d’Etats, autour de l’assassinat du juge Borrel (Soleil). Ovidie et Diglee se disent Libres ! dans un "manifeste pour s’affranchir des diktats sexuels" diffusés par les médias (Delcourt). Edmond Baudoin interroge les Gens de Clamecy sur leur idéal de société (L’Association). Territoire de banlieue aussi, mais dans un récit fictionnel, pour Gilles Rochier et La petite couronne (6 Pieds sous terre). Clément Baloup et Pierre Daum documentent le quotidien des travailleurs indochinois exploitant le Riz de Camargue pendant la Seconde Guerre mondiale. Dans Quelques jours à vivre, Xavier Bétaucourt et Olivier Perret pénètrent une unité de soins palliatifs (Delcourt), Dominique Mermoux et Baptiste Beaulieu décrivent Les mille et une vies des urgences (Rue de Sèvres). Chez le même éditeur, on parlera aussi bonheur et philosophie dans Philocomix. Ce sera histoire du cinéma chez Çà et là, avec Filmo graphique de l’Américain Edward Ross ; astronomie chez Dargaud avec Marion Montaigne et Pourquoi va-t-on dans l’espace ?, mais aussi dans Premiers pas de Victor Lejeune (Atrabile), qui évoque le sort de Ham, premier chimpanzé envoyé dans l’espace ; histoire du jeu vidéo avec Tetris de Box Brown à La Pastèque ; finance mondiale dans Grandeur & décadence de Liv Strömquist (Rackham) ; interrogation sur le temps, par Victor Hussenot, dans Les étoiles du temps (Gallimard)…

Petite avalanche de strips

Segment à part dans la production BD, les recueils de strips seront bien présents en cette rentrée. Avec, en premier lieu, la sortie attendue de En cuisine avec Kafka, recueil de strips de Tom Gauld, parus dans le cahier littéraire du journal anglais The Guardian (éditions 2024) et dans "La Matinale" du Monde.fr. L’éditeur strasbourgeois s’associe par ailleurs à la BNF pour publier les planches d’un pionnier de la BD française de science-fiction, G.Ri. Çà et là se tourne vers le Canada et les 900 strips absurdes de Dakota McFadzean, Soudain l’Univers prend fin. L’Américaine Leslie Stein s’est elle aussi astreinte à la création journalière, et un florilège de ce travail sera publié chez Delcourt sous le titre Toutes mes nuits sans dormir. L’éditeur proposera aussi une version papier du feuilleton français Eté, créé sur Instagram. De leur côté, Les Rêveurs poursuivent l’édition de Mutts et de Krazy Kat, et Misma celle du trash Megg, Mogg & Owl par Simon Hanselmann. Anouk Ricard revient chez Cornélius avec une deuxième salve de Faits divers, précédée par Claire et Jake avec un nouveau tome de Francis. Enfin, Aude Picault et Charles Berberian croquent leurs contemporains, respectivement dans L’air de rien (Dargaud) et Afterz (Fluide glacial).

Le réel est aussi dans l’esprit de Futuropolis, et plusieurs titres le confirment en cette rentrée. L’homme aux bras de mer est construit sur le témoignage d’un pirate somalien, Kérosène raconte le démantèlement du dernier camp manouche en France, et un gros ouvrage collectif viendra célébrer les 30 ans de France Info. Chez Steinkis aussi, la tendance est lourde : Péyi an nou décrit le Bumidom, un service de migration pour les citoyens d’outre-mer ; Kilum narre la rencontre entre un chef d’entreprise français et un peuple de Namibie ; et Je suis encore là-bas développe la vision d’une Coréenne exilée en France, qui retourne dans son pays. Cet album de Samir Dahmani s’appuie sur l’expérience de sa femme Yunbo, qui, elle, raconte son arrivée dans l’Hexagone dans Je ne suis pas d’ici, BD qui paraît en même temps chez Warum (autre label du groupe Steinkis). Enfin, sous le label Jungle, la journaliste Elodie Font crée la collection "Dans les coulisses" pour faire découvrir aux lecteurs l’envers du décor d’un lieu célèbre. Première étape, Notre-Dame de Paris, avec Joël Alessandra au dessin. Par ailleurs, dans le registre de l’intime, on ne pourra pas passer à côté du nouveau Zerocalcare, Oublie mon nom (Cambourakis), ni de la suite des Cahiers d’Esther de Riad Sattouf (Allary).

On pourra aussi compter sur la fiction à la rentrée avec quelques albums attractifs, œuvres d’auteurs confirmés. Comme La vallée du diable d’Anthony Pastor (Casterman), Commissaire Kouamé de Marguerite Abouet et Donatien Mary (Gallimard), SuperMutant Magic Academy de Jillian Tamaki (Denoël), La carte du ciel d’Arnaud Le Gouëfflec et Laurent Richard (Glénat), Le meilleur ami de l’homme de Tronchet et Nicoby (Dupuis), Sérum de Cyril Pedrosa et Nicolas Gaignard (Delcourt). Et trois nouveaux Zidrou : Chevalier Brayard (Dargaud), L’extraordinaire voyage du fakir… (Jungle) et Emma G. Wilford (Soleil). Albums dont le principal défi sera de se faire une place, dans l’ombre des héros.

Dix albums alléchants

Grands auteurs ou petits nouveaux, ils animeront la rentrée avec des livres engagés, documentés, palpitants. Petite sélection.

6 septembre : Extases, vol. 1, Jean-Louis Tripp (Casterman, 250 p., 22 €). Après la fin de Magasin général, Jean-Louis Tripp va surprendre ses lecteurs. Il se livre dans cette trilogie à une dissection joyeuse, cathartique et explicite de sa vie sexuelle, de ses premiers émois adolescents à ses questionnements d’adulte .

6 septembre : Paroles d’honneur, Leïla Slimani et Laetitia Coryn (Les Arènes, 104 p., 20 €). La lauréate du Goncourt 2016 recueille le témoignage de ses lectrices marocaines autour de la sexualité, du mariage, des violences qui leur sont faites. Un reportage choc, mis en images par la dessinatrice de Sex story.

Oublie mon nom de Zerocalcare, chez Cambourakis. - Photo CAMBOURAKIS

6 septembre : Oublie mon nom, Zerocalcare (Cambourakis, 240 p., 24 €). A la mort de sa grand-mère, l’auteur du plébiscité Kobané calling explore son histoire familiale, depuis la Seconde Guerre mondiale jusqu’au sommet du G8 à Gênes en 2001, qui marquera son entrée dans l’âge adulte.

13 septembre : La saga de Grimr, Jérémie Moreau (Delcourt, 232 p., 25,50 €). "Maudite Islande, sublime Islande…" L’auteur de Max Winson développe une saga fleuve et majestueuse autour d’un orphelin qui a des allures de monstre aux yeux de ses congénères, mais qui aspire à devenir un héros.

La forêt millénaire de Jirô Taniguchi chez Rue de Sèvres. - Photo RUE DE SÈVRES

27 septembre : La forêt millénaire, Jirô Taniguchi (Rue de Sèvres, 70 p., 18 €). Dernière création du mangaka avant sa mort, cette bande dessinée en couleurs et au format à l’italienne met en scène un enfant, séparé de ses parents, qui découvre la nature. L’ouvrage est complété d’extraits des carnets de l’auteur.

11 octobre : Short, histoires courtes en bandes dessinées, vol. 2 : La nouvelle bande dessinée arabe, collectif (Actes sud BD/Arte éditions, 240 p., 25 €). Ce recueil présente une trentaine de récits issus des principaux fanzines et revues du monde arabe - Liban, Egypte, Algérie, Syrie, Irak ou Libye. Des scènes BD dynamiques qui se veulent le reflet des préoccupations de la jeunesse actuelle.

12 octobre : Calypso, Cosey (Futuropolis, 104 p., 20 €). Le dernier grand prix d’Angoulême s’invite pour la première fois au catalogue Futuropolis pour une histoire d’amour en noir et blanc. Celle d’une actrice, internée dans une clinique en Suisse, que son amour de jeunesse va tenter de libérer.

6 octobre : The regiment, vol. 1, Vincent Brugeas et Thomas Legrain (Le Lombard, 64 p., 14,45 €). Le scénariste de Bloc 109 et le dessinateur de Sisco s’emparent de l’histoire vraie du SAS, cette fameuse unité des forces spéciales de l’armée britannique née dans le désert nord-africain pour lutter contre les nazis, derrière les lignes ennemies.

2 novembre : Spinning, Tillie Walden (Gallimard BD, 400 p., 24 €). Tillie pratique le patinage artistique de haut niveau. Dans son nouveau collège du Texas, cette ado déracinée et homosexuelle sera victime de brimades. Autobiographique, ce premier livre au dessin sensible est l’œuvre d’une auteure à peine âgée de 20 ans. La révélation de l’année ?

2 novembre : 40 éléphants, vol. 1, Kid Toussaint et Virginie Augustin (Bamboo-Grand angle, 64 p., 14,90 €). A Londres, les femmes ont pris les choses en main pendant que leurs maris faisaient la guerre dans les tranchées. Même le crime organisé. Mais que se passera-t-il quand ils reviendront ? Une fiction enlevée sur un sujet méconnu.


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