Rentrée Romans jeunesse

Dossier Rentrée romans jeunesse : tous à l’école !

Le Salon du livre et de la presse jeunesse 2014, Montreuil. - Photo OLIVIER DION

Dossier Rentrée romans jeunesse : tous à l’école !

Les thématiques scolaires imprègnent la production de fiction pour la jeunesse de la rentrée 2015, en particulier pour les plus jeunes. Mais les éditeurs proposent aussi des nouvelles séries en continuant de parier sur les valeurs sûres des émois adolescents, de l’anticipation, de la science-fiction et du fantastique.

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Par Charles Knappek,
Créé le 28.08.2015 à 00h00,
Mis à jour le 28.08.2015 à 10h39

Cette année les éditeurs font rimer "rentrée jeunesse" avec "rentrée des classes". La production de fiction de l’automne 2015 décline sur des modes variés des histoires ayant l’école pour cadre. En première lecture, Hatier Jeunesse lance avec deux premiers titres le 13 octobre la collection humoristique "Les histoires de la récré", centrée sur un élève de CP. L’éditeur refond parallèlement sa série trentenaire Ratus (nouvelle maquette, contenus enrichis), avec 20 titres en août et 5 en novembre. Après les succès des séries Je suis en CP et Je suis en CE1 (665 000 exemplaires vendus), Flammarion inaugure la série de romans illustrés Je suis en CE2 dans la collection "Castor poche cadet", accessible dès 8 ans. La maison clôt la série Collège Art avec le bien nommé 6e tome Le bouquet final tandis que, en "Castor poche benjamin", elle continue de déployer Les docs du CP, accessibles dès 6 ans, avec les tomes 3 et 4.

Le meilleur collège de France, N.M. Zimmermann, illustration d’Anne-Charlotte Gautier, Seuil Jeubesse, 2015 - Photo ÉDITIONS DU SEUIL, 2015

Dans la collection de romans illustrés "Mouche", L’Ecole des loisirs publie J’ai peur de savoir lire, qui met en scène un élève de CE2 ayant besoin de sa mère pour obtenir de bonnes notes. En "Neuf", pour les lecteurs un peu plus âgés, Luc Blanvillain imagine, dans Mes parents sont dans ma classe, qu’un élève de 6e se réveille un matin et réalise que ses géniteurs ont rajeuni. Pour les 9 ans et plus, le Seuil Jeunesse publie le 17 septembre le roman illustré Barouf chez les fouines, premier tome de la série Zarf le troll, dans laquelle un jeune collégien troll doit se battre pour s’imposer.

Visuel de la couverture de Dragon de glace, George R. R. Martin, Flammarion Jeunesse. - Photo FLAMMARION JEUNESSE

Splash !, qui a récemment investi le domaine de la fiction, poursuit l’installation de la série Presque populaires, journal à quatre mains rédigé par deux jeunes collégiennes, dont le 3e tome est annoncé pour octobre. Bayard lance pour les 10 ans et plus la série Le collège Lovecraft de Charles Gilman (17 septembre). Un jeune garçon fait sa rentrée des classes et découvre peu à peu que son collège est doté de portails menant vers un monde parallèle dirigé par un savant qui rêve de détruire l’humanité. Le tome 1, Professeur Gargouille, est tiré à 16 000 exemplaires. En "Milan poche benjamin", Milan publie plusieurs nouveautés, dont Le match des maîtresses, l’histoire d’une enseignante qui rêve de jouer au football pendant les récréations plutôt que de surveiller les élèves, et Un loup dans l’école, librement inspiré du Loup et les sept chevreaux, des frères Grimm.

Visuel de la couverture de Wild girl, Audren, Albin Michel - Photo ALBIN MICHEL

Toujours dans le cadre scolaire, Rageot a publié le 11 août Vive le CM2 !. Albin Michel annonce pour novembre Les zombies du CM2 (collection "Witty"), dès 8 ans, à propos d’une invasion de morts-vivants à l’école primaire. Le Seuil Jeunesse lance fin août la série humoristique illustrée Le meilleur collège de France, dans laquelle le directeur d’un collège instaure une discipline de fer pour remonter le niveau des élèves, jusqu’à ce que ceux-ci entrent en résistance. Egalement sur un mode humoristique, Cette fois c’est l’internat !, tome 2 de la série Mentine (Flammarion Jeunesse), continue de narrer les aventures d’une jeune surdouée qui s’évertue à obtenir de mauvaises notes pour masquer sa différence. L’idée est la même dans Journal d’un cancre (Fleurus), où un élève de 6e accumule heures de colle et mauvaises notes.

Le harcèlement scolaire est abordé dans plusieurs titres. Dans Maarron d’Håkon Øvreås, illustré par Øyvind Torseter (La Joie de lire), un jeune garçon confronté à la violence d’enfants plus âgés se déguise la nuit en super-héros pour se venger. Dans La folle rencontre de Flora et Max, coréalisé par Coline Pierré et Martin Page, la jeune Flora se retrouve en prison pour avoir violemment frappé une fille qui la harcelait, et Max lui écrit pour lui confier ses angoisses et lui révéler que lui aussi vit enfermé, chez lui. Le livre de toutes les réponses… sauf une de Manon Fargetton (Rageot) traite, lui, du harcèlement à l’école sur un mode fantastique, avec une jeune fille moquée par ses camarades de collège en raison de son patronyme, Lamort. Dans Banale (L’Ecole des loisirs), une adolescente cherche un moyen de se distinguer de ses amis. Un thème qu’on retrouve dans Juste une étincelle (Nathan Jeunesse), cette fois dans la peau d’un élève de 5e.

Stromae en guest-star

Les éditeurs ne se cantonnent pourtant pas dans l’univers scolaire. Sans trop s’en éloigner, Nathan Jeunesse propose aux 8 ans et plus une nouvelle série, Les apprentis chercheurs, dans laquelle deux enfants découvrent l’explication scientifique de phénomènes naturels. De son côté, Casterman joue la rupture avec, début septembre, sous la signature d’Erwin Moser, deux titres de la nouvelle série Marius le chat pour les lecteurs débutants, comprenant chacun quatre petites histoires illustrées. Pour les 8 ans et plus, Gallimard Jeunesse publie Le dieu de l’orage, 5e tome de la série maritime illustrée Lou Pilouface de François Place, initiée l’an dernier, et Flammarion Jeunesse lance la série illustrée Au secours ! dans la collection "Castor poche" avec deux premiers titres : Au secours ! Je veux être fils unique et Au secours ! Ils me prennent pour un génie !. Chez Sarbacane, Billie Fossette : à la ferme du laurier rose, tiré à 9 000 exemplaires, conte les aventures de l’héroïne éponyme, envoyée à la ferme des Lamatraque parce qu’elle est montée sur le toit de la maison. Dans cette ferme étrange, les poules parlent et un certain Stromae joue les guest-stars… L’éditeur publie aussi dans la collection "Pépix" Il était 2 fois dans l’Ouest de Séverine Vidal, dans lequel un Navajo fait découvrir les territoires indiens à une jeune Française en vacances dans l’Ouest américain.

Albin Michel Jeunesse continue d’étoffer la série italienne à succès Geronimo Stilton et de sa dérivée Téa Stilton. Sept titres paraissent de septembre à novembre. L’éditeur publie également le tome 2 de Little Piaf, La fabuleuse arnaque, signé Daniel Picouly et illustré par Frédéric Pillot, accessible dès 8 ans. Bayard Jeunesse inaugure, pour les 10 ans et plus, la série Les aventures d’Alfred & Agatha, qui imagine qu’Alfred Hitchcock et Agatha Christie se soient connus enfants. Le premier tome, L’affaire des oiseaux disparus, paraît le 1er octobre. Hachette Romans publie le 1er tome de La princesse masquée, qui met en scène une princesse chasseuse de monstres, tandis que Le pirate et l’acrobate (Rouergue) est un roman illustré qui suit un jeune garçon parti remplir son coffre à trésor dans le port de sa ville. Pocket Jeunesse mise sur Les p’tites poules sur l’île de Toutégratos, nouvel opus des P’tites poules, la série à succès déjà traduite dans 17 langues.

Magnard Jeunesse enrichit sa collection "Mes premières lectures" avec la série P’tite pomme et la collection "Mes premiers romans" (dès 7 ans) avec plusieurs nouveautés, dont Noé et Azote. L’éditeur lance aussi une nouvelle série de livres illustrés, Mordicus, apprenti sorcier, avec trois premiers titres en septembre. Le Rouergue publie le nouveau recueil de l’Estonienne Piret Raud, Voisins zinzins et autres histoires de mon immeuble. Au Seuil Jeunesse, le nouveau tome de Tom Gates, Friandises à gogo, fait partie des enjeux de la rentrée. Chez La Martinière Jeunesse, le 2e tome du Journal d’une peste, accessible dès 8 ans, devrait surfer sur le succès du 1er opus paru en début d’année. Dans Mercredi gentil (L’Ecole des loisirs), 3e tome de la série de Jérôme Lambert, son héros, Lucien, décide d’apprendre la gentillesse et la sympathie.

Cracheurs de feu

Quelques éditeurs occupent le terrain mythologique. Dans la collection "Wiz", Albin Michel Jeunesse publie Percy Jackson raconte les héros grecs de Rick Riordan, et en novembre une nouvelle édition illustrée de Percy Jackson et les dieux grecs. Le Livre de poche parie sur L’épopée d’Héraclès de Jacques Cassabois, qui sera promu auprès des enseignants via un mailing et un partenariat avec la Nouvelle revue pédagogique. Dans sa collection "Petites histoires de la mythologie", Nathan Jeunesse propose Le combat de Rémus etRomulus et Apollon, le dieu dauphin.

De la mythologie au fantastique, il n’y a qu’un pas, vite franchi. Gallimard Jeunesse prévoit un tirage important de 25 000 exemplaires pour Au cœur de la jungle, 3e tome de la série Les royaumes de feu, dans laquelle les dragons occupent le devant de la scène. 40 000 exemplaires des tomes 1 et 2 ont déjà été vendus en France. Flammarion Jeunesse exhume une œuvre de jeunesse de George R. R. Martin, l’auteur du Trône de fer, intitulée Dragon de glace et expurgée de plusieurs passages non adaptés à la jeunesse. Toujours du côté des cracheurs de feu, Les sortilèges du vent, 3e et dernier tome de la série d’heroic fantasy Terre-Dragon d’Erik L’Homme (Gallimard Jeunesse), paraît fin octobre.

Hachette Romans publie le premier tome de la trilogie Fire sermon, qui a pour cadre un monde post-apocalyptique où ne naissent plus que des jumeaux liés par la fatalité. Quand l’un meurt, l’autre meurt aussi. Alice de Poncheville propose une dystopie bucolique avec Nous, les enfants sauvages (L’Ecole des loisirs), dans laquelle elle imagine un monde dont les animaux ont été éradiqués.

Didier Jeunesse publie Au-delà de l’océan, 5e tome de Jonah, série qui valorise un jeune garçon handicapé aux pouvoirs surnaturels. Chez Gallimard Jeunesse, Les disparus de Clairdelune, 2e tome de la série La passe-miroir de Christelle Dabos, sera tiré à 15 000 exemplaires pour sa parution le 29 octobre. Fleurus inaugure la série Totem de Thomas Villatte, dans laquelle un adolescent qui hérite de son père scientifique un smartphone capable de pénétrer l’esprit de son propriétaire est poursuivi par un holding qui s’y intéresse. Tout aussi technophile, Menace sur le réseau (Rageot) campe un jeune geek soumis au chantage d’une multinationale qui veut le voir développer un virus d’espionnage informatique.

La vie en vrai

Parmi les sujets sociétaux et mémoriels, la Shoah suscite au moins 3 romans. Dans Lever de rideau sur Terezin de Christophe Lambert (Bayard), un dramaturge juif est contraint de monter une pièce de théâtre dans le camp où il a été déporté. Dans 146298 (Actes Sud Junior), une jeune fille comprend après un cours d’histoire à quoi correspondent les chiffres tatoués sur le bras de sa grand-mère. En "Folio junior", J’ai fui l’Allemagne nazie est le journal d’une jeune fille juive exilée aux Etats-Unis. Pour des thématiques plus contemporaines, Albin Michel crée la collection "Litt’", visant les adolescents de 13 ans et plus, avec deux premiers titres : Le pays qui te ressemble, où des jumeaux partent à la recherche de leur mère biologique, et Wild girl, l’histoire d’une jeune institutrice au Far West. Dans Le voyage de Samson (La Joie de lire), le chien d’un enfant de 10 ans souffre d’une maladie incurable. Dans Lottery boy (Fleurus), un jeune SDF hérite d’un ticket gagnant de loto mais ne peut encaisser les gains car il est mineur. A L’Ecole des loisirs, Aussi loin que possible d’Eric Pessan invite à un road-trip hexagonal avec deux collégiens fugueurs.

L’amour sous toutes ses formes n’est pas oublié des éditeurs. Le prof, moi & les autres (Milan) raconte la relation interdite d’une lycéenne de 15 ans avec son professeur de littérature, tandis que Le monde est derrière toi (Actes Sud) narre le road-trip amoureux de deux adolescents entre les Pays-Bas et la France. Dans Henry à tout prix (Bayard Jeunesse), une jeune fille est prête à tout pour reconquérir celui qui l’a quittée. Mauvais fils (Talents hauts) aborde la question de l’homosexualité, avec un lycéen chassé de chez lui par son père quand celui-ci s’aperçoit qu’il fréquente des bars gays. L’Américaine Jennifer Niven évoque l’amour de deux adolescents suicidaires dans Tous nos jours parfaits (Gallimard Jeunesse).

Amour etmaladie font bon ménage en littérature jeunesse et John Green fait des émules, comme John Corey Whaley avec A la poursuite de ma vie (Casterman), où un adolescent atteint de leucémie accepte de laisser mourir son corps malade et de faire greffer sa tête sur le corps d’un donneur inconnu. Dans Pensée assise (Actes Sud), un jeune paralysé des jambes suite à un accident rêve d’embrasser sa dulcinée en position debout, tandis que Mon cœur battant (Fleurus) montre une adolescente greffée du cœur victime d’étranges visions. Dans Ma mère, le crabe et moi d’Anne Percin (Rouergue), une adolescente découvre que sa mère est atteinte d’un cancer du sein et s’efforce malgré tout de mener une vie normale. Emotions à tous les étages.

Dix nouveautés à suivre

Arena 13, la nouvelle série événement de Joseph Delaney (Bayard), bénéficiera d’un tirage de 22 000 exemplaires pour son lancement le 5 novembre. Cette saga dystopique a pour fil rouge une humanité exsangue face à des machines douées de conscience.

Seamrog (Gulf Stream), premier tome de la série L’anneau de Claddagh, signée Béatrice Nicodème. Les 2e et 3e tomes sont déjà prévus pour mars et octobre 2016. Trilogie teintée de fantastique qui plonge le lecteur dans l’Irlande du XIXe siècle. L’éditeur offre un pendentif représentant l’anneau de Claddagh avec le premier volume. Pour les lecteurs de 13 à 15 ans.

Verlaine Brown en concert de Goulven Hamel (Fleurus). Une jeune fille fan de musique, qui arrive dans un nouveau lycée, monte un groupe pour s’intégrer. Les morceaux favoris de l’héroïne sont disséminés sous forme de flashcodes dans les pages du roman.

Dix jours sans écrans de Sophie Rigal-Goulard (Rageot). Une enseignante met au défi ses élèves de se passer de leurs écrans pendant dix jours. Une manière de sensibiliser les jeunes lecteurs aux méfaits de l’hyper connectivité sans leur faire la morale.

Tatie pourrie du Britannique David Walliams est le titre incontournable de la rentrée chez Albin Michel Jeunesse, sur fond de manoir hanté et de secret terrifiant. Dès 8 ans, dans la collection "Witty".

Dysfonctionnelle d’Axl Cendres (Sarbacane). Enfant surdouée coincée entre un père taulard et une mère qui multiplie les séjours à l’asile, Fidèle, qui vit à Belleville, débarque dans un lycée coté des beaux quartiers de Paris. Son intégration ne sera pas facile, mais elle finira par trouver l’amour. Premier tirage de 4 000 exemplaires.

Bluebird de Tristan Koëgel (Didier Jeunesse) met en scène l’histoire d’amour, dans l’Amérique des années 1940, entre une jeune fille noire et un jeune garçon blanc. Minnie, pensant à tort que son père a été tué par le Ku Klux Klan, s’est enfuie et mène une carrière de chanteuse de jazz à Chicago.

Mush! L’incroyable odyssée de Pascal Vatinel (Actes Sud). En 1924, une épidémie de diphtérie frappe une ville isolée d’Alaska. Une expédition de 35 sauveteurs est montée pour fournir la ville en sérum.

Jimi-X de Louis Atangana (Rouergue). Après s’être penché sur l’histoire de Billie Holiday, l’auteur fait revivre aux jeunes lecteurs la carrière fulgurante de Jimi Hendrix, de sa naissance à Seattle en 1942 jusqu’à sa mort prématurée en 1970, à l’âge de 27 ans.

La guerre des mercredis de Gary D. Schmidt (L’Ecole des loisirs, sortie 20 janvier 2016). Dans l’Amérique de 1968, un élève de 5e est contraint de passer ses mercredis après-midi en classe avec sa professeure d’anglais parce qu’il ne fréquente, contrairement à ses camarades, ni la synagogue, ni l’église. L’enseignante, qui va lui faire découvrir Shakespeare, se révélera moins tortionnaire qu’il ne lui semblait.

Le "young adult" anticipe

L’abondante production de romans pour adolescents et jeunes adultes embrasse tous les genres. Mais le secteur de l’anticipation concentre les principales sorties.

Visuel de la couverture de Cité 19 de Stéphane Michaka, Pocket Jeunesse. - Photo POCKET JEUNESSE

Amour, féminisme, anticipation et… meubles en kit. Les romans pour ados et jeunes adultes ratissent large. Là où tombent les anges de Charlotte Bousquet (Gulf Stream) retrace l’histoire de trois femmes de la Belle Epoque aux Années folles, sur fond de Première Guerre mondiale et d’émancipation féminine. Tiré à 7 000 exemplaires, il bénéficie d’une première mise en place de 3 000 pour sa parution le 3 septembre. Gulf Stream publie le même jour l’édition de poche de Noire lagune, l’un des succès de la même auteure. Dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale cette fois, La Joie de lire propose la première partie de Nous voulons tous le paradis d’Els Beerten, histoire d’amour dans la Flandre occupée de 1943. Le deuxième tome est annoncé pour janvier prochain.

Visuel de la couverture de Captive, les nuits de Shéhérazade de Renee Ahdieh, Hachette Jeunesse. - Photo HACHETTE JEUNESSE

Dans la veine réaliste, Le cours des choses de João Anzanello Carrascoza (La Joie de lire) est un recueil de 11 nouvelles plongeant le lecteur dans le Brésil contemporain. Les chiens d’Allan Stratton, l’un des enjeux de la rentrée pour Milan, qui a reçu un bon accueil critique aux Etats-Unis, raconte l’histoire d’un adolescent et de sa mère contraints de fuir un père violent et qui se réfugient dans une ferme isolée, théâtre d’un drame cinquante ans plus tôt. Le rapport au père est également abordé dans Point décisif de Florence Aubry (Mijade), à propos d’une jeune joueuse de tennis dont le père est prêt à tout pour dynamiser la carrière de sa fille, jusqu’à commettre des actes irréparables. Au Rouergue, Janis est folle d’Olivier Ka retrace la cavale d’une mère et de son fils qui vivent en marge de la société et finissent par retourner dans la maison d’enfance de la mère. Chez le même éditeur, une communauté d’artistes de cirque vit retirée au fond des bois dans La langue des bêtes de Stéphane Servant. Jusqu’à ce que le tracé d’une nouvelle voie rapide conduise à leur expulsion.

Hugo & Cie enrichit sa collection "New way", inaugurée en mai, de deux nouveautés à l’automne : Blacklistée le 8 octobre, sur le harcèlement scolaire, et Te (re)trouver, dans lequel une jeune fille adoptée retrouve son frère biologique, le 5 novembre. Inclassable, Horrostör (Milan), tiré à 10 000 exemplaires, a pour cadre, aux Etats-Unis, un magasin de meubles en kit à l’intérieur duquel d’étranges phénomènes restent inexpliqués. Pour tenter de les comprendre, trois employés décident de veiller toute une nuit.

Fantastique et science-fiction

Mais la grande affaire de l’édition pour adolescents et jeunes adultes reste le fantastique et l’anticipation. Chez Pocket Jeunesse, l’événement de la rentrée, Une braise sous la cendre de Sabaa Tahir, est déjà traduit dans 30 pays. Il met en scène la lutte entre la faction des Erudits et celle des Martiaux, qui a pris le pouvoir et interdit l’usage des livres. Une jeune Erudite et un jeune Martial, amoureux, vont lutter ensemble pour la liberté. Pocket Jeunesse publie également Cité 19, signé Stéphane Michaka, dans lequel la jeune Faustine, fille du gardien-chef du musée d’Orsay, se trouve propulsée après la mort de son père dans le Paris du XIXe siècle.

Endgame et U4 créent l’événement

Endgame, acte 2. Après le succès du 1er tome de la série de James Frey et Nils Johnson-Shelton, qui a bénéficié l’an dernier d’un lancement mondial et s’est vendu à 46 000 exemplaires en France, Gallimard Jeunesse a prévu d’emblée pour le tome 2, L’appel, qui fera lui aussi l’objet d’un lancement dans 30 pays le 22 octobre, un tirage de 40 000 exemplaires. En parallèle, neuf novellas, courts romans inscrits dans l’univers d’Endgame, sont publiés numériquement. Comme l’an dernier, une chasse au trésor est organisée sur la base de codes et d’indices glissés dans le livre, avec un million de dollars à remporter. Enfin, un jeu mobile proposera aux plus mordus d’incarner en réalité augmentée sur smartphone et tablette l’un des personnages du roman.

Autre événement de la rentrée, la coédition d’U4 chez Syros-Nathan, imaginé par quatre auteurs emblématiques des deux maisons : Yves Grevet, Florence Hinckel, Carole Trébor et Vincent Villeminot. Quatre adolescents vivant aux quatre coins de la France figurent parmi les rares survivants d’une épidémie qui a presque éradiqué l’humanité de la surface de la Terre et sont les héros de quatre romans indépendants. Pour tenter de rétablir la situation, Koridwen, Yannis, Jules et Stéphane doivent se lancer dans un jeu mortel et remonter le temps pour empêcher le virus de se répandre.

Gulf Stream parie sur L’été de la révolte, 3e tome très attendu de la série CIEL de Johan Heliot, dans laquelle une intelligence artificielle a étendu son emprise sur l’humanité. Johan Heliot fait aussi l’actualité chez Rageot avec Machinations, 3e tome de la série d’espionnage Enigma, mettant en scène des jumeaux américains télépathes et destinée à de plus jeunes lecteurs (à partir de 12 ans). Chez Nathan, Ne regarde pas est le 2e tome de la trilogie Expérience Noa Torson, dont les jeunes héros luttent contre un trafic d’humains à des fins médicales. Anticipant la sortie au cinéma le 11 novembre du nouveau James Bond, Spectre, Hachette Jeunesse publie le 23 septembre Déclic mortel, nouvel opus des aventures de l’agent secret britannique rédigé par Anthony Horowitz. Le livre fait l’objet d’une parution simultanée en littérature adulte chez Calmann-Lévy.

Aux adeptes de romance, La Martinière Jeunesse propose Attirance et indécision de Simone Elkeles, très attendu depuis le succès d’Attirance et confusion. Dans J’étais là, premier livre de Gayle Forman chez Hachette Jeunesse, la relation fusionnelle de deux amies est interrompue par le suicide de l’une d’entre elles. Chez le même éditeur, Captive, les nuits de Shéhérazade de Renee Ahdieh est le premier roman remarqué de cette auteure américaine qui revisite l’histoire de la conteuse du livre des Mille et une nuits.


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