Erri De Luca couronné du prix Jean Monnet de Littérature européenne | Livres Hebdo

Par Manon Quinti, le 22.07.2014 à 16h38 (mis à jour le 22.07.2014 à 17h00) Proclamation

Erri De Luca couronné du prix Jean Monnet de Littérature européenne

L'écrivain italien Erri de Lucca

L’écrivain napolitain a remporté le prix créé par les Littératures européennes de Cognac pour Le tort du soldat paru chez Gallimard en mars, composé de deux récits qui se font écho.

L’écrivain italien Erri De Luca est le lauréat 2014 du prix Jean Monnet de Littérature européenne, a annoncé l’équipe des Littératures européennes de Cognac dans un communiqué le 22 juillet. Il a été récompensé pour son roman Le tort du soldat paru chez Gallimard en mars et traduit de l'italien par Danièle Valin.
 
L’ouvrage est composé de deux récits autour de deux hommes et une femme dans une auberge des Dolomites (Italie). Dans le premier, l'auteur évoque son amour du yiddish. Dans le second, la femme dévoile le passé nazi d'un ancien soldat qui ne se reproche qu'une seule chose : avoir perdu la guerre. Une œuvre décrite comme "une profonde et lucide réflexion sur la mémoire et la tragédie" par le président du Prix Gérard de Cortanze, qui a qualifié l’écrivain de 64 ans de "plus grand écrivain italien de sa génération."

Un polyglotte
 
Gérard de Cortanze souligne également que le Prix Femina étranger 2002 pour Montedidio (Gallimard) maîtrise plusieurs langues, outre sa langue maternelle, le napolitain : il a appris l’italien, l’allemand, le français et le yiddish.
 
Parmi les membres du jury de ce prix créé en 1995 : l’écrivain et critique Jean-Baptiste Baronian et les journalistes Catherine Fruchon (RFI), Fabio Gambaro (Le Monde, La Republicca), Patricia Martin (France Inter) et Gérard Meudal (Le Monde des Livres). La remise du prix est prévue le samedi 22 novembre en présence de l’écrivain au centre des congrès La Salamandre, à Cognac.
 
Ce prix est attribué alors qu’Erri de Luca est au coeur d’un procès depuis le 5 juin à Turin, suite à ses propos sur le projet de ligne à grande vitesse (LGV) entre Lyon et Turin. Il avait notamment déclaré dans la presse que les sabotages et les actes de vandalisme étaient "nécessaires pour faire comprendre que le TGV est un ouvrage inutile et nocif» et que «les paroles ne suffisent pas, un intellectuel doit être cohérent et mettre ses idées en pratique". Le promoteur du projet, Lyon-Turin-ferroviaire (LTF) avait porté plainte pour "incitation à la violence".
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