Francfort 2023

À Francfort, Grasset en lutte contre « l’éviction de la pensée littéraire »

Heidi Warneke, directrice des droits étrangers chez Grasset, sur son stand à la Foire de Francfort 2023 - Photo ED

À Francfort, Grasset en lutte contre « l’éviction de la pensée littéraire »

La maison dirigée par Olivier Nora revient de la Foire de Francfort avec plusieurs satisfactions dans un contexte particulièrement difficile pour le segment de la littérature blanche.

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Par Éric Dupuy, à Francfort
Créé le 20.10.2023 à 15h18 ,
Mis à jour le 20.10.2023 à 20h28

L’étau se resserre sur le marché de la littérature blanche à la Foire de Francfort, mais Olivier Nora garde le sourire. Son équipe de droits étrangers a confirmé en Allemagne plusieurs cessions malgré un « Francfort calme », analyse le P-DG de Grasset.

Everybody counts, un « hot title »

L’objet de sa satisfaction est un ouvrage original Grasset en cours d’écriture par la journaliste américaine installée en Italie Barbie Latza Nadeau, intitulé Everybody counts. « C’est un livre sur l’argent sale et l’impact des migrations humaines dans les réseaux mafieux », résume Olivier Nora, dont la maison a été approchée par l’agent international de l’autrice pour gérer les droits. Ces derniers ont déjà été « très bien vendus en Italie, en Allemagne à Hanser, Panans a gagné les enchères aux Pays-Bas et Bonnier UK les a acquis pour la Grande-Bretagne », énumère avec fierté Heidi Warneke, la directrice des cessions de droits de la maison du groupe Hachette.  

Dans un contexte « d’éviction de la pensée littéraire » au niveau mondial dans lequel « le marché du trade traverse une mutation profonde », selon Olivier Nora, la maison française garde le cap. Avant même l’été 2023, ses auteurs phares de la rentrée littéraire ont trouvé « de quoi élargir le trou » des cessions de droits, Laurent Binet et Sorj Chalandon en tête. Ce dernier voit d’ailleurs l’ensemble de son œuvre être transférée de Keller à la maison Guanda en Italie. Autre bonne surprise pour Grasset, l’intérêt porté à Croix de cendre, d’Antoine Sénanque, toujours en lice pour le Goncourt, le Renaudot et le Grand Prix du roman de l’Académie française. « Il perce le blindage de la traduction », se réjouit Olivier Nora.

Retour en Europe pour les échanges de droits

Le P-DG de Grasset remarque « un mouvement croissant d’intérêts entre pays européens », à rebours des dernières années où la frénésie de la romantasy américaine concentrait toute l’attention des éditeurs européens. « Moins d’hystérie » mais « toujours professionnelle », cette foire a néanmoins été « frappée par la situation géopolitique » alors que le marché en France « a subitement chuté dès les attaques en Israël ». « Comme pour la guerre du Golfe, les attentats du 11 septembre ou la guerre en Ukraine, les chocs géopolitiques entraînent une baisse des ventes », analyse-t-il en espérant une « reprise rapide des habitudes du public » pour le retrouver en librairie.

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