New York

Gros succès pour la rencontre franco-américaine d'éditeurs de bande dessinée

Adam Lerner (Lerner Publishing), Mark Siegel (First Second) et Terry Nantier (NBM) au séminaire franco-américain des éditeurs de bande dessinée, à New York mardi 26 mai. - Photo F.PIAULT/LH

Gros succès pour la rencontre franco-américaine d'éditeurs de bande dessinée

Quelque 60 éditeurs, agents et experts américains en bande dessinée sont venus rencontrer les éditeurs français dans le cadre du séminaire professionnel organisé mardi 26 mai à New York par le Bief et l'ambassade de France avec le soutien du CNL.

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Par Fabrice Piault,
à New York,
Créé le 27.05.2015 à 10h33,
Mis à jour le 30.05.2015 à 00h51

Le séminaire professionnel franco-américain d'éditeurs de bande dessinée organisé avec le soutien du Centre national du livre par le Bureau international de l'édition française (Bief) et l'ambassade de France aux Etats-Unis dans les locaux de cette dernière sur la 5e avenue, à New York, mardi 26 mai, a tenu ses promesses. Il a attiré quelque soixante éditeurs, agents et experts américains en bande dessinée venus rencontrer les représentants d'une dizaine de maisons françaises à la veille de la foire professionnelle BookExpo America.

La réunion programmée le matin était organisée autour de trois tables-rondes, dont deux animées par des journalistes des magazines professionnels américain et français, Publishers Weekly et Livres Hebdo. Elle s'est prolongée l'après-midi par des rencontres bilatérales dans lesquelles étaient représentés, côté français, Média Participations (Dargaud, Dupuis, Le Lombard), Casterman, Delcourt, Glénat, Futuropolis, Gallimard BD, Sarbacane et Rue de Sèvres.

Sophie Castille (Média Participations) et Etienne Bonnin (Glénat) se sont d'abord attachés à présenter le marché de la BD en France. Pour sa part, l'ancien P-DG de DC Comics, Paul Levitz (Boom Studios !), a souligné le faible poids économique du secteur aux Etats-Unis (0,9 million de dollars de chiffres d'affaires, contre 27,4 pour l'ensemble de l'édition). Et de rappeler que, parmi les publications européennes, seul Persépolis, de Marjane Satrapi, a figuré dans le Top 20 des meilleures ventes du secteur, avec 54 000 exemplaires. "Le premier Tintin s'est vendu à 3500 exemplaires", a-t-il rappelé, martelant que "la bande dessinée européenne n'a pas de poids significatif sur le marché américain".
La bande dessinée européenne n'a pas de poids significatif sur le marché américain. Paul Levitz
Karen Green (Columbia University) s'est étonnée de son côté de ce que certains titres d'Astérix n'aient même pas d'éditeur américain alors que le taux de circulation de leur édition britannique en bibliothèque est très important. "La BD américaine est encore largement associée aux super-héros, aux blockbusters et à la jeunesse", a-t-elle également déploré, avant de faire valoir les opportunités qui se présentaient aux éditeurs français.

Dans la deuxième table-ronde, dans laquelle Mark Siegel (First Second) a retracé la trajectoire de sa maison de romans graphiques, Adam Lerner (Lerner Publishing) a rendu hommage à la qualité artistique de la bande dessinée française: "de formidables histoires et une épatante virtuosité artistique". Terry Nantier (NBM) a pointé le rôle de la génération de L'Association, avec Joann Sfar ou Christophe Blain, pour relancer l'intérêt du public pour le roman graphique français.

La troisième table-ronde a permis, elle, de comparer les approches de la BD numérique aux Etats-Unis et en France, avec David Steinberger, le fondateur de la plateforme de BD numérique ComiXology, aujourd'hui filiale d'Amazon, et le directeur général de Média Participations, Claude de Saint-Vincent, à l'initiative de la plateforme numérique collective des éditeurs de bande dessinée français, Izneo.

"Izneo propose plus de 12 000 titres numériques en français, mais aussi en anglais et en néerlandais", a expliqué Claude de Saint-Vincent. De son côté, David Steinberger a insisté sur les réserves de croissance du secteur, que le numérique peut contribuer à développer. Les achats de BD par an et par personne représentent 17,01 $ au Japon, 8,66 $ en France et seulement 0,36 $ aux Etats-Unis, a-t-il constaté, se réjouissant de ce que le marché de la BD dans son pays ait progressé de 300 millions à 870 millions de dollars entre 1997 et aujourd'hui.


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