Italie : 300 000 actes de piratage de livres par jour | Livres Hebdo

Par Claude Combet, le 22.01.2020 à 21h13 (mis à jour le 22.01.2020 à 22h00) Etude

Italie : 300 000 actes de piratage de livres par jour

Photo PHOTO OLIVIER DION

Dans une étude commandée à Ipsos, l’association des éditeurs italiens dénonce le piratage des livres sur le net et évalue le manque à gagner à 528 millions d’euros par an pour la filière du livre.
 

"Chaque jour les Italiens commettent 293000 actes de piratage de livres, essentiellement universitaires et professionnels. Encore plus grave 80 % des étudiants piratent et 61 % des professionnels" déclare dans un communiqué du 22 janvier l’association des éditeurs italiens (AIE) qui a commandé pour la première fois une étude sur le sujet à Ipsos.

Ces près de 300000 actes par jour, soit un total de 107 millions par an, sont réalisés par 36 % des personnes interrogées (de plus de 15 ans), par 61 % des professionnels (avocats, notaires, commerciaux, ingénieurs, architectes et autres professions) et à 80 % par des étudiants en université. S’ils sont à 84 % conscients que pirater des livres, des ebooks ou accéder à des bases de données gratuitement est illégal, 39 % considèrent que ce n’est pas grave et 66 % pensent qu’ils ne seront ni découverts ni punis.

Gros lecteurs et grosses pertes

L’étude révèle que le piratage passe par le web. Un italien sur quatre de plus de 15 ans a chargé gratuitement au moins une fois dans l'année un ebook ou un livre audio à partir d’un site ou d’une plateforme illégale sur Internet ; 17 % des Italiens ont reçu de leur famille ou d’amis au moins un ebook piraté ; 7 % ont acquis au moins un livre photocopié. Le piratage est particulièrement élevé parmi les gros lecteurs (qui lisent tous les jours ou toutes les semaines) : 45 % des lecteurs de livres et 68 % de lecteurs d’ebooks, et parmi ceux-ci 66 % de lecteurs de livres audio et de podcasts.

Ipsos évalue le manque à gagner pour l’édition généraliste à 29,2 millions d’exemplaires (livres et ebooks) par an, soit 324 millions d’euros. Le secteur universitaire perd 4 millions d’exemplaires et 105 millions d’euros et le secteur professionnel, 2,9 millions d’exemplaires et 99 millions d’euros.

Des emplois perdus

L’AIE estime le préjudice à 528 millions d’euros par an, soit 23 % du marché (à l’exclusion du scolaire et de l’export), et le chiffre à 1,3 milliard par rapport au produit intérieur brut et à 216 millions pour le fisc. Pour l’association, cela représente une perte de 3600 postes pour la filière du livre et de 8000 si on inclut la logistique et tous les secteurs voisins du livre.

En conséquence, l’AIE et la FIEG (Federazione Italiana Editori Giornali) demandent au gouvernement italien d’intervenir. Andrea Martella, sous-secrétaire à la présidence du conseil, délégué à l’information et à l’édition a promis la répression des comportements illégaux et l’éducation à la légalité, ainsi que le soutien à toute la filière du livre, durement touchée.
 
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