Joël Pommerat triomphe aux Molières | Livres Hebdo

Par Pierre Georges, le 24.05.2016 à 16h44 (mis à jour le 24.05.2016 à 22h35) Théâtre

Joël Pommerat triomphe aux Molières

Joël Pommerat. - Photo COPIE D'ÉCRAN/FRANCE 2

Raflant trois récompenses, Ça ira, la pièce de Joël Pommerat sur la Révolution française publiée chez Actes Sud, sort grande gagnante de la nuit des Molières qui se tenait lundi 23 mai. 

La fresque de Joël Pommerat sur la révolution française Ça ira Volume 1: La Fin de Louis (Actes Sud), et Les Cavaliers d'après le roman de Joseph Kessel (Gallimard), ont respectivement emporté les Molières du théâtre public et privé, lundi 23 mai au théâtre des Folies Bergère de Paris.
 
Joël Pommerat, 53 ans, a décroché au total quatre récompenses lors de la 28e cérémonie des prix du théâtre: meilleur auteur, meilleur metteur en scène de théâtre public et meilleure pièce pour Ca ira, qui balaye les débuts de la Révolution de 1788 à 1791 et doit être suivie d'un deuxième opus sur la Terreur. Il remporte aussi le Molière du spectacle jeune public pour Pinocchio, émouvante réécriture du conte de Carlo Collodi. Toute son œuvre est publiée chez Actes Sud
 
Les Cavaliers, créée au festival Off d'Avignon, remporte le Molière de la meilleure pièce de théâtre privé, face au gros succès de la saison, Fleur de Cactus (édité chez Omnibus), qui vaut à Catherine Frot de décrocher le Molière de la comédienne.
 
La pièce réussit le prodige de recréer l'atmosphère aventureuse des romans de Kessel avec une petite poignée d'acteurs et quelques accessoires, portée par une musique originale jouée en direct.

De Jules Verne aux Liaisons dangereuses

Parmi les autres récompenses remises dans la soirée du 23 mai, Dominique Blanc, à l'affiche actuellement de Britannicus à la Comédie-Française, est sacrée meilleure comédienne de théâtre public pour Les Liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos dans une mise en scène de Christine Letailleur. 

Le Molière de la Création visuelle revient à l'adaptation de 20 000 lieues sous les mers de Jules Verne par Christian Hecq et Valérie Lesort, au Théâtre du Vieux Colombier. 

Alain Françon décroche le Molière du metteur en scène de théâtre privé pour Qui a peur de Virginia Woolf ? d'Edward Albee (éditée chez Actes Sud) . Pour son interprétation dans cette même pièce, Wladimir Yordanoff a emporté le prix du Comédien pour le théâtre privé. 

Ovation pour Fabrice Luchini
 
La cérémonie a connu son moment d'émotion lorsque le comédien Michel Bouquet, 90 ans, a remis sous les applaudissements d'une salle debout un Molière d'honneur à Fabrice Luchini, qui vient de publier Comédie française: ça a débuté comme ça chez Flammarion.
 
Les Molières sont aussi l'occasion de distinguer de jeunes comédiens, et la pêche a été particulièrement bonne cette année. Andréa Bescond, qui traite du thème douloureux de la pédophilie dans Les chatouilles, publiée aux éditions Les Cygnes, a reçu le Molière du Seul en scène et a aussitôt dédié son prix aux victimes d'agressions sexuelles.
 
Le jeune Alexis Moncorgé, petit-fils de Jean Gabin, qui tient en haleine son public dans le très beau récit de Stefan Zweig Amok (Gallimard) au Théâtre de poche Montparnasse, est, lui, nommé Révélation masculine.

Dans les autres catégories, Les Faux British reçoit le Molière de la Comédie, Les Fiancés de Loches (Classique Garnier) celui du Spectacle musical, Alex Lutz celui de l'Humour, Léonore Confino celui de la Révélation féminine pour son rôle dans Le Poisson belge (Actes Sud). Enfin, Didier Brice devient le meilleur comédien dans un second rôle pour A torts et à raisons de Ronald Harwood (Actes Sud). 
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