Spectacle vivant

La révolte grondera au Festival d'Avignon

Olivier Py, directeur du Festival d'Avignon. - Photo C. REYNAUD DE LAGE

La révolte grondera au Festival d'Avignon

Pour sa 70e édition du 6 au 24 juillet, le Festival d'Avignon présentera des adaptations classiques et contemporaines. La manifestation se place sous le signe de la révolte et des utopies.

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Par Vincy Thomas,
Créé le 25.03.2016 à 13h18,
Mis à jour le 25.03.2016 à 14h00

Pour sa 70e édition, le Festival d'Avignon (6-24 juillet) a décidé d'être engagé. Son directeur Olivier Py, pointant la désespérance politique, la dévalorisation des idées, la division de la société, l'impossibilité de la révolution, a décidé que le théâtre devait être le lieu de toutes les utopies et de toutes les affirmations. "Si les puissants ne croient plus en la culture, c’est qu’ils ne croient plus à la souveraineté du peuple. Voilà ce que Jean Vilar est venu dire à Avignon et qu’inlassablement nous dirons encore lors de cette 70e édition" explique-t-il dans son avant-propos, espérant un festival d'amours et de révoltes. 

L'avant-programme du Festival a été révélé jeudi 24 mars. Olivier Py mettra en scène Prométhée enchaîné, Eschyle, Pièces de guerre. Le théâtre complet du tragédien grec a été publié chez Flammarion l'an dernier. Le Prométhée enchaîné est également disponible chez Actes Sud et Les Solitaires intempestifs.

Mais, assurément, l'un des spectacles les plus attendus est une autre adaptation: celle du classique cinématographique du plus proustien des cinéastes, Luchino Visconti, Les Damnés, mis en scène par Ivo Van Hove, et interprété par la Comédie Française. Le spectacle ouvrira la manifestation, qui se terminera par un concert exceptionnel de Rufus Wainwright.

La compagnie grecque Blitz Theatre Group présentera 6 A.M. How to Disappear completly, inspiré des poèmes du romantique allemand Friedrich Hölderlin (l'œuvre poétique complète est parue chez La Différence). De Vienne (Autriche), Cornelia Rainer a aussi puisé dans la littérature germanophone pour créer Lenz, en mélangeant l'adaptation de la nouvelle de Georg Büchner avec les textes de Jakob Michael Reinhold Lenz et les lettres de Johanna Fridriech Oberlin.

L'artiste, metteuse en scène et écrivaine catalane Angélica Liddell met en scène Que ferai-je, moi, de cette épée?. Son œuvre littéraire est publié aux Solitaires intempestifs. Autre écrivain qui affronte les planches: Pascal Quignard, qui interprétera, avec Marie Vialle, La rive dans le noir, une performance dans les ténèbres.

Julien Gosselin adapte le roman du Chilien Roberto Bolano, 2666 (Bourgois, Folio) et Bérangère Vantusso a choisi de transposer L'institut Benjamenta, le roman de Robert Walser (Gallimard). Arnaud Meunier revisite Truckstop du Néerlandais Lot Vekemans, dont le texte est disponible chez Espaces 34. Inédit en France, La tigresse de Gianina Carbunariu (auteure roumaine publiée chez Actes Sud) est portée sur scène par la Suédoise Sofia Jupither, qui adapte aussi 20 novembre de Lars Norén (Arche éditeur). Thomas Jolly a choisi Le radeau de la méduse de Georg Kaiser (Théâtre 1940-1943, Fourbis). De Vilnius, le metteur en scène Krystian Lupa montrera sa Place des héros, de Thomas Bernhard (Arche éditeur).

Plus "classique", Les frères Karamazov (Thélème, Le livre de poche, Actes sud...) de Fedor Dostoïevski, sera mis en scène par Jean Bellorini avec la pièce Karamazov.

Enfin, notons l'exposition "Surfaces", regroupant les œuvres d'Adel Abdessemed à l'Eglise des Célestins, dont Manuella a publié en janvier un recueil de neuf essais consacrés à l'artiste algérien.

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