La famille Calmann-Lévy réagit à une publication érotique de la maison | Livres Hebdo

Par Marine Durand, le 18.05.2016 à 18h54 (mis à jour le 19.05.2016 à 09h53) édition

La famille Calmann-Lévy réagit à une publication érotique de la maison

Détail de couverture de "Mon cher stagiaire", d'Anouk Laclos, à paraître le 1er juin 2016 - Photo CALMANN-LÉVY

Dans un communiqué, mercredi 18 mai, Christopher Calmann-Lévy "s'interroge sur l'orientation éditoriale licencieuse impulsée par le groupe Hachette Livre" dans la filiale dont elle est actionnaire minoritaire.

Avec Mon cher stagiaire, signé sous pseudo par Anouk Laclos et programmé le 1er juin, Calmann-Lévy s'essaie pour la première fois à la romance érotique, au grand dam des héritiers des fondateurs de la filiale d'Hachette Livre. Dans un communiqué, mercredi 18 mai, Christopher Calmann-Lévy, l'un des actionnaires minoritaires de Calmann-Lévy qui détiennent au total quelque 15 % du capital, manifeste sa surprise devant cette publication.

"Précurseurs dans de nombreux genres littéraires et inventeurs du livre à prix réduit, les deux frères Michel et Calmann Lévy ont été des éditeurs ouverts, engagés, indépendants, et n'ont jamais hésité à prendre des risques sur le plan éditorial. Ceci étant, jamais le genre érotique in vivo, qui fait actuellement florès dans une partie du monde de l'édition, n'avait été envisagé par cette illustre maison, qui a édité les plus grands auteurs généralement vêtus d'une belle plume", indique le communiqué, dans lequel est mise en cause la gestion de la maison par le groupe Hachette Livre.

Economie érotique

"Force est de constater qu'Hachette Livre (groupe Lagardère), avec notamment le succès de Cinquante nuances de Grey publié par sa filiale Lattès, souhaite exploiter commercialement ce segment jusqu'à le mettre à nu, poursuit le communiqué. Il est à noter que si Hachette Livre (...) avait une gestion plus appropriée de cette belle maison d'édition et respectait un peu plus son histoire, son identité et la famille toujours présente au capital, il aurait été certainement possible de faire l'économie érotique d'une telle publication, plus en phase avec l'image des éditions Lattès ou des éditions Grasset (propriétés d’Hachette Livre) qu'avec celle des éditions Calmann-Lévy. En tout état de cause, la famille Calmann-Lévy ne peut que s'interroger sur l'orientation éditoriale licencieuse impulsée par le groupe Hachette Livre chez Calmann-Lévy."

Mon cher stagiaire (306 pages, 15 euros), présenté comme "la première production littéraire érotique 100 % made in France où les rôles (...) basculent enfin", raconte l'initiation sensuelle d'un stagiaire de 21 ans par sa supérieure. Il fait l'objet d'un lancement important par la maison, avec notamment une campagne d'envergure sur Chérie FM et un jeu sur la page Facebook de Calmann-Lévy.
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