Rentrée littéraire 2021

La déferlante féministe se poursuit dans le monde de l’édition. Dénoncé pour son sexisme, le secteur du livre ne se laisse pas faire. Les titres évoquant le combat, l’histoire, la liberté ou l’amour autour du sexe féminin marquent la rentrée littéraire 2021.

Femmes et histoire
 
  • Et ne suis-je pas une femme ? de Sojourner Truth, traduit de l’anglais par Françoise Bouillot (Payot, 8 septembre)

Recueil d’interventions orales de l’abolitionniste afro-américaine et militante du droit de vote des femmes aux États-Unis, née de parents esclaves et inscrite au National Women’s Hall of Fame. Il comprend notamment son célèbre discours prononcé le 29 mai 1851 dans l’Ohio, qui fait date en ce qui concerne les questions de féminisme et de racisme.
 

Titiou Lecoq - Photo CLAIRE DELFINO
  • Les grandes oubliées : pourquoi l’histoire a effacé les femmes, de Titiou Lecoq (L’Iconoclaste, 9 septembre)
À chaque époque, des femmes ont agi, dirigé, créé, gouverné, mais elles n’apparaissent pas dans les manuels d’histoire. Du temps des cavernes jusqu’à nos jours, l’auteure passe au crible les découvertes les plus récentes, analyse les mécanismes de la domination masculine et présente quelques vies oubliées.
 
  • Lady sapiens, de Thomas Cirotteau, Jennifer Kerner et Éric Pincas (Les Arènes, 9 septembre)
À partir des travaux de trente-trois scientifiques internationaux, une enquête sur la place et le rôle des femmes dans la société préhistorique, qui reconstitue leur quotidien de chasseresses, d’artisanes et d’artistes. Sortie en parallèle d’un film du même nom pour la télévision.
 
  • S’en aller, de Sophie d’Aubreby (Inculte-Dernière marge, 18 août)
Au XXe siècle, de la mer du Nord à l’île de Java, les épisodes de la vie de Carmen, de son engagement dans la Résistance jusqu’à ses derniers jours. Entre roman d’apprentissage et hymne à l’amitié, l’histoire célèbre l’émancipation des femmes et montre comment leurs combats d’aujourd’hui font écho à ceux de leurs aînées.
 
  • Le festin des hyènes, de Fabienne Juhel (Rouergue, 6 octobre)
Au Malawi, le kusasa fumbi est une tradition suivant laquelle les femmes vierges sont déflorées par des hommes appelés "les hyènes". L’histoire suit Elia, une jeune fille nubile, et Ladarius, un homme-hyène apprenant qu’il est atteint du sida. Un roman qui questionne à la fois la figure du paria et l’oppression sexuelle subie par les femmes.

 
Delphine Coulin - Photo DR
  • Loin, à l’ouest, de Delphine Coulin (Grasset, 18 août)
Le destin de quatre femmes d’une même famille sur plus d’un siècle : Georges, qui porte un nom d’homme, Lucie, sa belle-fille détestée puis aimée, sa petite-fille Octavie, à la beauté étrange, et son arrière-petite-fille Solange, qui enquête sur son aïeule. Leurs histoires révèlent le poids qui pèse sur les femmes et comment la puissance de l’imagination peut être salvatrice.
 
  • Naissance de l’écoféminisme, de Françoise d’Eaubonne, édition Caroline Lejeune (PUF, 15 septembre)
Sous le terme d’écoféminisme, Françoise d’Eaubonne exprime un appel à un humanisme renouvelé afin de sortir du système masculin et de la structure du pouvoir patriarcal, responsables de la surexploitation des femmes et de la destruction de la nature, deux phénomènes dont elle analyse les racines communes.
 
Dénoncer les violences
 
  • Tu, d’Ève Chambrot (Envolume, 31 août)
La narratrice est immédiatement séduite par la classe et la prestance d’un homme rencontré chez des amis musiciens. Une belle histoire commence entre eux, très vite ternie par des fausses notes, des fêlures puis des mots qui font mal. Alors que les choses empirent de jour en jour, elle réalise l’emprise de cet individu sur elle. L’histoire d’une jeune femme aux prises avec un pervers narcissique.
 
Ève Chambrot - Photo DR
  • Son empire, de Claire Castillon (Gallimard, 19 août)
Une mère célibataire rencontre un homme qui la subjugue. Sa fille, âgée de 8 ans, observe peu à peu s’installer l’emprise sur l’esprit de sa mère. L’homme se montre jaloux, pervers et paranoïaque, mais la mère prend systématiquement sa défense jusqu’à sombrer sous les yeux de l’enfant, qui comprend la situation mais ne peut pas la changer.
 
  • Parle tout bas, d’Elsa Fottorino (Mercure de France, 19 août)
En 2005, la narratrice, 19 ans, est violée dans une forêt. Elle porte plainte, mais l’affaire est classée sans suite. Douze ans plus tard, un suspect est arrêté pour d’autres faits, et la jeune femme, enceinte de son deuxième enfant, doit témoigner au procès. Elle replonge dans son passé, et les peurs enfouies se réveillent. Pourtant, le procès est aussi l’occasion de faire la paix avec elle-même.
 
  • Violence(s), de Paule Andrau (M. Nadeau, 10 septembre)
Désignées par de simples lettres, des femmes transmettent leur expérience douloureuse de l’humiliation, de la torture, du viol, des sévices physiques et psychiques, ou encore du meurtre. À travers les mots, chacune devient un archétype des violences infligées aux femmes.
 
  • Garce, hystérique et autres joyeusetés : les insultes sexistes et oppressives enfin décryptées ! d’Alice Pfältzer et Laetitia Abad Estieu (Mango, 17 septembre)
Les insultes sexistes analysées avec humour à partir d’informations étymologiques et historiques.
 
  • Nos amours radicales (Hachette Pratique, 25 août)
Réflexions menées par des féministes et militantes sur les relations de domination et les inégalités entre les hommes et les femmes. Tour à tour, elles évoquent la charge mentale, le viol conjugal, l’amour communautaire mais aussi la tolérance, l’inclusion et la sexualité positive.

Fin du patriarcat
 
  • La femme qui n’aimait plus les hommes, d’Isabelle Le Nouvel (M. Lafon, 2 septembre)
Écrivaine à succès, Jeanne est victime d’humiliations et de violences quotidiennes de la part de son époux, un intellectuel influent. Un soir d’automne, elle décide de sortir de cette relation toxique. Lorsqu’elle apprend sa grossesse, elle se remémore les violences refoulées depuis toujours qu’elle a subies dans son enfance.
 
Mona Chollet - Photo DR/LA DÉCOUVERTE
  • Réinventer l’amour : comment le patriarcat sabote les relations hétérosexuelles, de Mona Chollet (Zones, 16 septembre)
Nombre de femmes et d’hommes qui cherchent l’épanouissement amoureux ensemble se retrouvent très démunis face au troisième protagoniste qui s’invite dans leur salon ou dans leur lit : le patriarcat. Sur une question qui hante les féministes depuis des décennies et qui revient aujourd’hui au premier plan de leurs préoccupations, celle de l’amour hétérosexuel, ce livre propose une série d’éclairages.
 
  • Mâles baisées : comment le patriarcat s’immisce sous la couette, de Dora Moutot (G. Trédaniel, 9 septembre)
Avec érudition et humour, l’auteure explore la sexualité féminine et les problèmes qui en résultent. Elle met en lumière les rapports de domination entre les hommes et les femmes, interrogeant leur rôle sur la sexualité. La masturbation, la mutilation du sexe féminin ou encore la contraception font partie des sujets abordés.
 
  • Lâchez-nous la grappe ! : déconstruire les injonctions pour se sentir plus libre de Noémie (Mango, 17 septembre)
Créatrice du compte Instagram Meuf Cocotte, l’auteure dénonce les injonctions dont les femmes sont l’objet en se basant sur son expérience personnelle et délivre des conseils pour se sentir plus libre dans la société contemporaine.
 
  • Zéro virgule neuf pourcent, de Jeanne Broucq (Les Avrils, 6 octobre)
Alors qu’elle vit en Australie, Jeanne est victime d’un viol. Dans ce récit intime, elle revient sur cette nuit où son existence a basculé et retrace l’aventure judiciaire qui s’ensuivit. Elle brosse ainsi le portrait d’une justice qui écoute, protège et accompagne les victimes alors qu’en France, seulement 0,9 % des viols sont condamnés.
 
Souad Labbize - Photo CC
Faire évoluer les genres et pensées
 
  • Celle qui se métamorphose, de Boris Le Roy (Julliard, 19 août)
Un matin, Nathan se réveille aux côtés d’une femme qui n’est pas exactement celle auprès de laquelle il s’est endormi. Tout en Anne est désormais plus affûté : ses traits semblent plus lisses, son corps plus musclé, sa bouche plus pulpeuse. Entre comédie psychanalytique, fable surréaliste et digression philosophique, ce roman interroge la déroute masculine face aux mutations sociales du genre.
 
  • Glisser nue sur la rampe du temps, de Souad Labbize (Blast, 27 août)
Recueil de récits déployant sept parcours individuels de femmes qui font le choix de leur liberté, envers et contre tout ce qui les astreint et les diminue : l’une doit se séparer de son enfant pendant la Seconde Guerre mondiale, une autre traverse la frontière pour aller avorter en pleine révolution tunisienne, une autre encore soigne une femme syrienne réfugiée à Tamanrasset.
 
  • La masculine : une histoire écrite en langue féminine, de Laurence Kiehl (LBS Sélection, 19 octobre)
La féminisation à outrance de la société française a conduit à la disparition des créatures masculines, et les femmes s’expriment désormais dans une nouvelle langue strictement féminine qui restreint leur pensée. La question de la reproduction de l’espèce pose certaines difficultés. K, une jeune rédactrice, se lance dans une enquête pour découvrir qui a assassiné sa grand-mère.
 
  • Comment tu es devenue ma fille : lettre à mon enfant transgenre, de Carolyn Hays, traduit de l’anglais par Héloïse Esquié (Flammarion, 29 septembre)
Dans le sud des États-Unis, Carolyn est la mère d’une fille de 13 ans, née garçon au sein d’une fratrie de quatre enfants. Dans une lettre qu’elle lui adresse, elle montre comment la présence de cette enfant transgenre a permis à la famille de se réinventer et la façon dont la petite fille a créé sa propre mythologie pour devenir celle qu’elle voulait être.
 
Héléna Marienské - Photo COLLECTION PARTICULIÈRE DE L’AUTEURE
  • Presque toutes les femmes, d’Héléna Marienské (Flammarion, 25 août)
L’écrivaine évoque les femmes de sa vie, celles qui l’ont élevée et l’ont aimée, faisant d’elle ce qu’elle est, une femme libre, bisexuelle, ayant traversé tous les milieux. Dans cette autobiographie, elle raconte une vie placée sous le signe de la profusion et explore ses relations avec ces figures familiales ou amoureuses.
 
  • L'amour par temps de crise de Daniela Krien, traduit de l'allemand par Dominique Autrand (Albin Michel, 18 août)
Cinq femmes dans la quarantaine, Paula, Judith, Brida, Malika et Jorinde, qui se connaissent parce que leurs destins se sont croisés et dont la soif de vivre est loin d'être tarie, s'interrogent sur des questions cruciales de l'existence : les rapports de force entre les sexes, la place de l'enfant et du travail dans leur vie ou encore la fragilité de l'amour dans la durée et par temps de crise.

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