Justice

L’ancienne maire d’Avignon en procès contre les éditions du Moment

Marie-Josée Roig et Nicolas Sarkozy

L’ancienne maire d’Avignon en procès contre les éditions du Moment

La plainte en diffamation de Marie-Josée Roig contre l’éditeur et l’auteure du Monarque, son fils, son fief a été examinée au fond, mardi 21 octobre à Paris.

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Par Vincy Thomas,
avec afp,
Créé le 22.10.2014 à 16h32,
Mis à jour le 22.10.2014 à 17h00

Mardi 21 octobre, l’ancienne maire UMP d’Avignon, Marie-Josée Roig, poursuivait en diffamation l’auteur et l’éditeur d’une fable politique, car elle s’estime identifiable dans un passage narrant la faveur sexuelle qu’accorde une élue au personnage du “Monarque” inspiré de Nicolas Sarkozy. L’ancienne élue avait déposé une plainte pénale le 27 août 2012.

Les passages litigieux se trouvent dans un chapitre intitulé “Le monologue du périnée” du livre Le Monarque, son fils, son fief (éditions du Moment), écrit par Marie-Célie Guillaume, ancienne directrice de cabinet de Patrick Devedjian au conseil général des Hauts-de-Seine. Le livre a été publié en juin 2012, puis en format poche chez Points en février 2013.

Quelques lignes auparavant, quand le personnage du “Monarque” lui lance: “tu ne peux pas me laisser comme ça, tu vois bien que j'ai besoin de me détendre, allez c’est pas grand-chose”, le personnage de l’élue s’exécute.

Pour l’avocate de Marie-Josée Roig, Me Raphaëlle Charlier, demandant au tribunal de l’excuser pour la crudité des termes, il est “très clair dans ce passage que Nicolas Sarkozy aurait demandé (à sa cliente) une fellation ou de le masturber aux seules fins d’obtenir une subvention”. Sa cliente serait ainsi décrite “comme une femme légère, prête à tout, sans aucune morale”.

Sa cliente demande 15 000 euros de dommages et intérêts.

Pour le parquet comme pour la défense, l’identification de l’ex-maire d’Avignon est loin d’être évidente. Après la sortie de l’ouvrage, l’attention s’était d'abord portée sur trois autres élues UMP. En réalité, il s’agissait du “mélange de trois personnes”, a plaidé l’avocat de l’auteure, Me Olivier Schnerb. En matière pénale, il faut avoir la “certitude” que la personne est reconnaissable, a renchéri le conseil de l’éditeur, Me Olivier Pardo.

Le tribunal correctionnel de Paris a mis son jugement en délibéré au 25 novembre.

Les éditions du Moment ont été condamnées en septembre à régler les 56 606 euros de droits qu’elles devaient à Marie-Célie Guillaume. La maison avait conservé cette somme en invoquant le risque de paiement de dommages-intérêts lié au procès en diffamation de Marie-Josée Roig contre l’ouvrage.

L’auteure avait été renvoyée du conseil général des Hauts-de-Seine peu après la publication du livre.

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