L'avenir du livre numérique exposé à Bordeaux | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, à Bordeaux, le 07.04.2016 à 15h56 (mis à jour le 07.04.2016 à 16h34) ePub Summit

L'avenir du livre numérique exposé à Bordeaux

Beaucoup de conférences, un peu de bordeaux.

Le premier ePub Summit présente le programme technique et réglementaire de la mise en œuvre effective de l'interopérabilité du livre numérique, qui doit libérer le marché de la domination d'une poignée de revendeurs.

La grande salle de conférence mise à disposition par la librairie Mollat, à Bordeaux, connaît l'affluence des grands jours pour le premier ePub Summit, qui expose les 7 et 8 avril la feuille de route de la création d'un marché du livre numérique réellement ouvert, que les intervenants espèrent libéré de la domination d'une poignée de revendeurs – Amazon, Apple, Kobo et Google pour l'essentiel.

Organisé par l'EDRLab, émanation portée par des membres fondateurs français du consortium IDPF, qui définit la norme de l'ePub, et de la fondation Readium, qui développe les outils techniques nécessaires à son utilisation, cette conférence réunit une centaine de participants (la capacité maximale de la salle) dont un tiers venus de l'étranger. Elle est aussi accessible sur le site d'EDRLab, après inscription (40 euros).

Lire les livres numériques sur tous les supports

Ce futur du livre numérique passe par la diffusion de l'usage de l'ePub3, troisième version du format du livre numérique enrichi de très nombreuses fonctionnalités, et dont le déploiement doit être l'occasion de réussir l'instauration d'une vraie possibilité de lire ses livres numériques sur tous supports, et dans de bonnes conditions de protection des fichiers pour les ayants droit.

Ce ne serait d'ailleurs qu'une partie d'un avenir plus large évoqué par Bill McCoy, directeur de l'IDPF, pour qui l'ePub deviendra un standard universel permettant de lire tous les contenus numériques, quels que soient leurs formats d'origine. Virginie Clayssen, conseillère pour le numérique du président du groupe Editis, a exhorté les éditeurs à ne pas se contenter de ce qui est fait couramment aujourd'hui dans la conversion de versions numériques de livres imprimés, dont la stabilité des ventes entretient l'illusion que rien ne changera. 

Avant d'arriver à cette généralisation, il reste toutefois du travail à fournir, tout particulièrement dans l'écriture du code et le développement de logiciels qui permettront à des créateurs d'applications de lectures, aux diffuseurs-distributeurs de livres, aux éditeurs et aux libraires de disposer des outils techniques nécessaires.

Ric Wright, directeur technique de Readium, a ainsi raconté le fonctionnement si particulier de son organisation qui repose en grande partie sur l'implication et le bénévolat de ses membres, dont il organise et oriente le travail, autant que possible. Créé en août dernier, le tout récent EDRLab dispose paradoxalement de plus de moyens, porté par la volonté politique du gouvernement français, des organismes interprofessionnels et des quatre principaux grands groupes d'édition français qui l'ont doté d'un budget de 1,5 million d'euros sur trois ans.

Un prix à définir

Son premier objectif est de mener à son terme la mise en œuvre du système de protection LCP, défini par Readium, qui gère les droits (DRM)  attachés aux livres numériques, avec l'objectif d'être bien plus simple d'usage pour les lecteurs et moins cher pour les éditeurs que la solution actuellement proposée par Adobe. Bill Rosenblatt, consultant appelé en renfort par l'EDRLab, a présenté les caractéristiques de cette DRM, ses objectifs, et la méthode de sa mise en œuvre. Il reste à la fois du travail technique et juridique à terminer, ainsi qu'un prix à définir, a expliqué Laurent Le Meur, directeur technique d'EDRLab. Ce devrait être achevé en novembre.

Parallèlement, le gouvernement français entreprend d'introduire dans la réglementation européenne les éléments qui rendront cette interopérabilité incontournable, a expliqué Nicolas Georges, directeur du service du livre et de la lecture au ministère de la Culture, rappelant que la portabilité des numéros de téléphone devenue une évidence aujourd'hui a ainsi été obtenue.
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