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Le livre face aux tensions sur l’énergie et les matières premières

Le livre face aux tensions sur l’énergie et les matières premières

Le Basic analyse la filière de production du livre noir en France (photo : CPI-Bussière). - Photo Olivier Dion

Le livre face aux tensions sur l’énergie et les matières premières

L’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel) organisait jeudi 8 décembre une conférence à l’intitulé prospectif : « Sommes-nous entrés dans une ère de tensions durables sur l’énergie et les matières premières ? » La réponse est globalement positive : le livre va devoir continuer à composer avec une énergie chère au moins pour les deux prochaines années.

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Par Charles Knappek,
Créé le 08.12.2022 à 17h44

Faut-il s’attendre à une hausse durable du coût de l’énergie et des matières premières ? La question préoccupe l’industrie papetière, grande consommatrice d’électricité, de gaz et de pétrole ; elle était au centre de la conférence organisée ce jeudi 8 décembre par L’Union française des industries des cartons, papiers et celluloses (Copacel).

Devant un parterre de représentants de l’industrie papetière, François Kalaydjian, directeur économie à l’Institut français du pétrole énergies nouvelles (Ifpen) et Yves Jégourel, co-directeur de la société d’études CyclOpe, spécialisée dans l’analyse des marchés mondiaux des matières premières, ont exposé les grands enjeux auquel doit faire face le monde des industries du papier et du carton.

Le premier d’entre eux est la gestion de la fin du gaz russe. François Kalaydjian a notamment pointé la stratégie de moyen terme de l’Europe de sortir du gaz à l’horizon 2030. La baisse des investissements résultant de cette orientation a eu pour conséquence de fragiliser les entreprises européennes depuis le début de la crise et la disparition progressive des importations de gaz russe. En Europe, le déclin de la production s’accompagne d’une hausse des importations, avec une part croissante accordée au gaz naturel liquéfié (GNL).

Les importations de GNL ont notamment progressé de 75 % en 2022 par rapport à 2021. Mais ces volumes en hausse constante nécessitent d’importantes infrastructures, aujourd’hui en nombre insuffisant pour absorber la demande. « Il faut au moins un an pour construire un terminal de regazéification », a précisé François Kalaydjian. De fait, la capacité de l’Europe à traverser l’hiver dépendra pour une large part de la météo : si les niveaux de stock sont actuellement élevés, le GNL et les capacités de stockage offrent, dans le cas d’un scénario hivernal de référence, la flexibilité nécessaire pour satisfaire la demande. A contrario, en cas d’hiver plus froid, une réduction de la consommation de 15 % alliée à une diversification des sources d’approvisionnement sera nécessaire pour minimiser le défaut d’import de gaz russe.

A moyen terme, aucun retour à la normal n’est prévu. L’Ifpen anticipe un prix moyen du gaz naturel en Europe (TTF, Spot) à 130 euros /MWh en 2023 et autour de 100 euros /MWh en 2024. Après 2025, la baisse des prix est envisageable, mais à condition seulement que se développent de nouveaux projets de GNL aux Etats-Unis, au Qatar ou en Afrique et qu’une partie de la demande de gaz carboné se déplace vers des sources d’énergie bas carbone (dont l’hydrogène ou le biogaz).

La situation économique de la Chine conditionnera aussi pour une large part le prix de l’énergie. A ce titre, les mesures très strictes de la politique zéro Covid mises en place par les dirigeants chinois ont plutôt, jusqu’à présent, bénéficié à l’Europe en ralentissant la croissance du pays. Leur levée récente pourrait accroitre un peu plus les tensions sur l’énergie à l’échelle mondiale.

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