Entretien

Le livre à Metz : "Je ne sais pas si l'art sauve la planète mais il sauve les hommes" (3/4)

Fabien Toulmé en pleine séance de dédicace - Photo PAULINE GABINARI

Le livre à Metz : "Je ne sais pas si l'art sauve la planète mais il sauve les hommes" (3/4)

S'il est vrai que les livres peuvent changer le monde, quelle est la place de ces derniers dans l'écologie et le futur de notre société ? A l'occasion du festival Le livre à Metz, qui a débuté jeudi et se termine dimanche, Livres Hebdo interroge des acteurs du livre pour prendre la température. Troisième rendez-vous avec Fabien Toulmé, l'un des invités d'honneur du festival. 

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Par Pauline Gabinari,
à Metz,
Créé le 20.06.2021 à 12h10,
Mis à jour le 20.06.2021 à 12h29

A 41 ans, Fabien Toulmé est auteur de bandes dessinées. A travers ses dessins, il cherche la recontre avec l'autre pour un échange permanant d'univers, d'histoires et d'expériences. Pour sa 34e édition, le festival Le livre à Metz en a fait l'un de ses invités d'honneur. 

Cela fait presque 10 ans que vous êtes entré dans l'univers de la création, ressentez-vous une émulation particulière dans ce secteur concernant l'écologie ?

Pas trop … j'ai plus l'impression que c'est un bruit de fond que tout le monde a en tête mais qui n'est vraiment investi que par un petit nombre. Je crois d'ailleurs que l'homme a vraiment besoin de se buter contre le mur pour le sentir, en écologie comme ailleurs.

Le voyage d'Hakim, Ce n'est pas toi que j'attendais… la plupart de vos livres revêtent un aspect engagé. Comment cela se passe concrètement dans le processus de création ?

Quand je travaille, je ne me dis pas "ah je vais faire ça pour sensibiliser et faire passer un message". C'est plus des moments ou des pensées fugaces qui m'ont touchés et qui me donnent envie de raconter une histoire. Si j'intellectualisais tout dès le départ, je trouve que cela ferait vite brochure militante ou pire, publicité.

Il s'agirait donc d'incarner plutôt que de théoriser ?

Oui, à la fois en tant qu'auteur et pour le lecteur. Je crois qu'en tant que lecteur quand tu arrives à te projeter dans la vie de quelqu'un qui subit quelque chose ou qui vit quelque chose, c'est beaucoup plus parlant que si on t'assène des chiffres et des statistiques. Si tu arrives à te projeter dans des histoires, tu arrives mieux à saisir la force du message.

En abordant des thèmes touchant à l'écologie, cela donnerait quoi ?

On pourrait raconter l'histoire de ceux qui subissent les conséquences de la crise écologique. Par exemple, à Soulac-sur-mer, à côté de Bordeaux il y a un immeuble qui a été construit à 200 mètres de la mer. A cause de l'avancée des océans, il est aujourd'hui en front de mer et ses habitants ont dû être évacués. Ça c'est quelque chose de très concret qui parle de la montée des océans et de la façon dont l'homme interagit avec son environnement. Avec cette situation, je pourrais raconter l'histoire de ceux qui y ont acheté un appartement. Pour moi, ce serait beaucoup plus puissant de le raconter comme ça, plutôt que de faire une BD reportage sur le réchauffement climatique avec des données scientifiques.

Selon vous le livre pourrait-il être une voie pour sauver la planète ?

Uniquement si l'on utilise des forêts éco-gérées pour créer le papier ! Non… plus sérieusement je ne sais pas si l'art sauve la planète mais il sauve les hommes. On se dit souvent que l'art n'est qu'un divertissement mais c'est beaucoup plus profond que ça car, sans lui, notre environnement se rétrécie tellement. L'art éveille les consciences et, en étant plus conscient de son environnement et de l'autre, on est forcément davantage prêt à s'engager.


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