L'éditeur Bernard de Fallois est mort | Livres Hebdo

Par Vincy Thomas, le 03.01.2018 à 16h00 (mis à jour le 04.01.2018 à 10h04) Disparition

L'éditeur Bernard de Fallois est mort

Bernard de Fallois - Photo OLIVIER DION

Passé par Hachette et les Presses de la Cité, le président et fondateur des éditions de Fallois est mort le 2 janvier à l'âge de 91 ans.

Le président et fondateur des éditions de Fallois, Bernard de Fallois, est mort le 2 janvier à l'âge de 91 ans.

Né le 9 mai 1926, cet agrégé de lettres, issu d'une famille de militaires, a commencé par enseigner. A l'âge de 26 ans, il publie Jean Santeuil puis deux ans plus tard, Contre Sainte-Beuve (Gallimard), les œuvres inachevées de Marcel Proust.

En 1962, ce passionné de cirque entre chez Hachette et travaille notamment au Livre de poche. Il est nommé directeur du groupe Livre en juillet 1969. Il quitte Hachette en 1975 pour entrer aux Presses de la Cité, où il amène le catalogue de Marcel Pagnol. 



Le 23 décembre 1987, Bernard de Fallois crée sa maison d'édition en toute indépendance. Il remporte son premier grand prix, le Femina étranger, avec Le Royaume interdit de Rose Tremain (1994). L'éditeur a reçu trois fois le Grand prix du roman de l'Académie française: Le destin de Iouri Voronine d'Henriette Jelinek, La dernière conférence de Marc Bressant et La Vérité sur l'affaire Harry Quebert de Joël Dicker, coédité avec L'Âge d'homme, et de loin la meilleure vente historique de l'éditeur. Il a connu d'autres gros succès comme Le choix de Dieu de Jean-Marie Lustiger, le premier titre publié par sa maison.

Une petite entreprise

Ami de Marcel Pagnol, Roger Nimier, Georges Simenon, éditeur de Raymond Aron, Robert Merle et Jacqueline de Romilly, découvreur de Françoise Chandernagor et François Taillandier, ancien patron de Jean-Marc Roberts, qui s'était inspiré de sa facette la moins sympathique dans Affaires étrangères (Grasset), Bernard de Fallois avait songé à s'arrêter il y a cinq ans, avant la déferlante Harry Quebert. "La première qualité d'un romancier est de savoir captiver le public. C'est un don rare" expliquait-il en recevant le Prix d'éditeur de l'année en 2012. Pour lui, le style ne devait pas l'emporter sur la narration.

L'homme était discret. Prudent et économe, il avait géré la maison sans ambition démesurée. Elle n'a jamais dépassé les 5 emplois à temps plein. L'an dernier, selon le classement Livres Hebdo des 200 premiers éditeurs paru en juin 2017, la société affichait un chiffre d'affaires de 4,1 millions d'euros après une année faste en 2015 (grâce au dernier roman de Joël Dicker), à 8,7 millions d'euros. Elle restait parmi les 10 maisons les plus rentables de France avec une marge de 20%. "Je n'ai aucune ambition de faire plus grand", assurait Bernard de Fallois à Livres Hebdo en juillet 2016.
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