Les bibliothèques, actrices majeures au sein des nouvelles « villes intelligentes » | Livres Hebdo

Par Livres Hebdo, avec Marie Latour à Athènes, le 28.08.2019 à 16h11 (mis à jour le 28.08.2019 à 17h02) IFLA 2019

Les bibliothèques, actrices majeures au sein des nouvelles « villes intelligentes »

La ville intelligente est déjà une réalité. - Photo DR

En partenariat avec le Comité français international bibliothèques et documentation (CFIBD), Livres Hebdo propose chaque jour pendant le congrès annuel de l'IFLA à Athènes, un billet rédigé par les professionnels boursiers du CFIBD.

Alors que l’identité et le fonctionnement des villes sont questionnées, les bibliothèques pourraient devenir les chevilles ouvrières d’un nouveau modèle dit de « villes intelligentes ».

Les « smart cities » sont au cœur d’une nouvelle organisation de la ville par l’information. Elles dépassent les deux modèles successifs d’organisation citadine qui les ont précédées : celui qui, du néolithique au XVIIIe siècle, était fondé sur un modèle d’organisation agraire d’expansion spontanée ; et celui qui, à l’heure de la révolution industrielle, faisait de l’économie le levier majeur de son fonctionnement. 

La « ville intelligente » est un modèle d’optimisation des villes contemporaines. Celle-ci organise l’économie, la gouvernance, le transport, et la vie des habitants en général autour de mécanismes de décision et de contrôle principalement gérés par des outils numériques. Ainsi, dans une ville intelligente, vous allez prendre vos billets de bus, vous inscrire à une université, gérer vos ordures ou payer vos impôts grâce à des systèmes digitaux complexes produisant et gérant vos données.

Doreen Appiah, chef de projet au sein de l’AfLIA, rappelle que ce nouveau type d’organisation n’est pas propre aux pays développés. Son pays, le Ghana, a également massivement investi dans ces technologies : retrait en ligne de passeports et de permis de conduire, gestion numérique du système de santé et de retraites, etc. La ville intelligente est déjà une réalité.

Parallèlement, les services des bibliothèques se sont étoffés au cours des dernières décennies : globalisation de l’offre, protection et diffusion de communs de la connaissance, accompagnement aux compétences technologiques, formations tout au long de la vie, etc. La bibliothèque joue donc déjà un rôle majeur dans la structuration de ces nouvelles villes.

Est-ce suffisant ? Carme Galve-Montore directrice de la bibliothèque Jaume Fuster, en Espagne, nous dit que l’on peut – que l’on doit ? – aller plus loin. Ainsi, les bibliothèques peuvent-elles adopter le même schéma de structuration des données et générer des indicateurs plus nombreux et plus fiables sur leur activité. Surtout, elles peuvent ajouter de la valeur dans les six domaines majeurs gérés par la ville intelligente – l’économie, l’environnement, les habitants, la gouvernance, la vie courante et la mobilité – et mesurer leur impact au sein de la ville.

L’entrée dans cette nouvelle ère de la gestion de la ville par l’information ne doit cependant pas faire oublier les risques sous-jacents à ces pratiques, et les bibliothèques pourraient justement servir de remparts utiles contre la marginalisation croissante des populations éloignées du numériques, ou une potentielle utilisation des données contraire à l’éthique.
 
Marie Latour est directrice adjointe des bibliothèques de l’Université de Guyane
 
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