L’Europe au rendez-vous

L’Europe au rendez-vous

Russell Banks - Photo Nancie Battaglia

L’Europe au rendez-vous

Au-delà des rendez-vous avec des auteurs reconnus comme Milena Agus, António Lobo Antunes, Russell Banks, Julian Barnes, la rentrée de janvier sera celle des découvertes, avec le Danois Kim Leine ou le cinéaste Emir Kusturica.

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Par Claude Combet,
avec Créé le 05.12.2014 à 01h04 ,
Mis à jour le 23.04.2015 à 10h06

Un fait historique - le lynchage de quatre sœurs dans les Pouilles en 1946 - pour Milena Agus, des nouvelles pour Russell Banks et Emir Kusturica, des chroniques pour Julian Barnes et un texte sombre sur la maladie et la mort pour António Lobo Antunes… la rentrée de janvier joue sur la surprise, l’écart avec les romans traditionnels des auteurs déjà connus. Pourtant, certains romans sont plus habituels et attendus, notamment Les luminaires d’Eleanor Cattone, Man Booker Prize 2013 (Buchet-Chastel), J d’Howard Jacobson, finaliste du même Man Booker Prize en 2014 (Calmann-Lévy), Sous l’eau de Deborah Levy (Flammarion), finaliste 2012, ou Les prophètes du fjord de l’Eternité du Danois Kim Leine, grand prix de Littérature du Conseil nordique. Sont au rendez-vous de janvier Nikki Gemmell avec un texte sur l’intimité des corps (Au Diable vauvert), Peter Ackroyd avec l’histoire de trois frères dans le Londres d’après-guerre (Philippe Rey), Hugo Hamilton avec Un voyage à Berlin, inspiré du périple que l’auteur a fait en compagnie de la romancière irlandaise Nuala O’Faolain avant qu’elle ne meure d’un cancer (Phébus). Les lecteurs retrouveront aussi Alan Hollinghurst (Albin Michel), Stephen McCauley (Baker Street), Will Self avec un héros psychiatre (Parapluie, L’Olivier), Diane Setterfield (Plon), absente depuis dix ans, pour un roman gothique, et Marcel Theroux (Plon). Tandis que Naguib Mahfouz joue la mise en abyme et le théâtre (Les noces du palais, Sindbad).

Découvertes

Les éditeurs misent plutôt sur des découvertes, bien décidés à faire partager leur enthousiasme. Belfond annonce Thomas Matthew pour un livre qui a fait événement à Francfort en 2013 (Nous ne sommes pas nous-mêmes), et le Seuil Nadeem Aslam pour un roman situé au Pakistan. Bourgois mise sur un jeune auteur, Walter Kirn (Mauvais sang ne saurait mentir) dont l’accueil est d’ores et déjà très favorable. Egalement très branché, Incandescents de Frode Grytten (Buchet-Chastel) décrit de l’intérieur le groupe The Clash, à New York durant l’été 1981. Gallimard présente un ovni littéraire, Canevas de l’Allemand Benjamin Stein qui se compose de deux récits présentés tête-bêche : le premier raconte comment Amnon Zichroni, psychanalyste, encourage son ami violoniste Minsky à écrire son enfance dans un camp nazi ; dans le second, le journaliste Jan Wechsler démontre que ce succès a été inventé de toutes pièces. Sans oublier les premiers romans du Brésilien João Anzanello Carrascoza (Anacaona), des Américains Koren Zailckas (Belfond) et Brian Hart (Seuil), de l’Allemande Lena Gorelik et de l’Anglaise Colette McBeth (Les Escales), de l’Américain Kim Zupan (Gallmeister) et de l’Italien Filippo d’Angelo (Noir sur blanc).

Vague européenne

Si les Anglo-Saxons se taillent la part du lion, les auteurs européens ne sont pas en reste. On assiste à une nouvelle vague italienne (16 titres) tandis que la littérature allemande (13 titres) et la littérature suédoise (6 titres), qui s’est engouffrée dans la vogue du polar, se portent bien. La jeune maison Piranha lance ses premières fictions traduites de l’allemand signées Zsuzsa Bánk et Sibylle Lewitscharoff, avec des romans évoquant passé et liens familiaux, et Eva Baronsky, avec un premier roman mettant en scène Mozart. Les écrivains d’Europe de l’Est sont aussi bien présents : quatre Russes, Elizabeth Alexandrova-Zorina (L’Aube), Elena Botchorichvili (Naïve), Oleg Pavlov, prix Soljenitsyne 2012 pour l’ensemble de son œuvre (Noir sur blanc) et Léonid Guirchovitch (Verdier) ; trois Roumains, Lucian Dan Teodorovici (Gaïa), Stefan Agopian (Jacqueline Chambon) et Florina Ilis (Syrtes) ; un Serbo-Croate, le célèbre cinéaste Emir Kusturica (Lattès) ; l’Ukrainien Yuri Andrukhovych (Noir sur blanc) ; sans oublier le Polonais Andrzej Bobkowski (Noir sur blanc).

Avec le Lituanien Ricardas Gavelis qui relate l’histoire de Vytautas Vargalys, bibliothécaire chargé de référencer les œuvres mises à l’index (Vilnius poker, Monsieur Toussaint Louverture), le Suédois Peter Stjernström, dont le héros veut écrire Le meilleur livre du monde (Le Cherche Midi) ; celui de l’Américain John Niven qui reçoit un prix littéraire accompagné d’une terrible condition (Enfant terrible, Sonatine), ou l’héroïne de La bibliothèque des cœurs cabossés de la Suédoise Katarina Bivald (Denoël), qui monte une librairie pour se consoler… ce ne sont que des histoires de livres. C. C.

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