Roman/Pays-bas 15 janvier Gerbrand Bakker

L'instabilité de l'existence

Gerbrand Bakker - Photo ELLA TYILGENKAMP/GRASSET

L'instabilité de l'existence

Gerbrand Bakker décrit une famille frappée à plusieurs coups. Malgré la solidarité, son quotidien est menacé.

Par Kerenn Elkaim
Créé le 02.01.2020 à 22h02

« On dit que le temps guérit toutes les blessures. Un cliché terrible... C'est strictement faux. » Preuve en est ce roman court de Gerbrand Bakker, un Néerlandais - passé chez Grasset - très reconnu dans son pays. En France, on a pu lire Là-haut, tout est calme ou Juin. Le printemps s'annonce dans la famille de Gérard, or le cœur de ce père abandonné semble gelé. Il aime pourtant ses trois enfants. Des jumeaux, Klaas et Kees, et le petit dernier Gerson. Un chien complète ce tableau masculin. Mais il y a une grande absente, la mère qui a rejoint un autre homme. Chacun a droit à une carte d'anniversaire annuelle, sinon rien. La vie se poursuit avec des jeux ou la visite aux grands-parents. Lors de celle-ci, le père dévie de sa route pour montrer la beauté des poiriers en fleurs. Erreur ou malchance, une voiture les percute. Gerson est touché, broyé. Lucide, cet enfant comateux nous parle pendant que chacun veille à son chevet. Mais il ne sera plus jamais le même.

Tout est raconté avec une infinie simplicité. A l'instar des mots-clefs résumant chaque chapitre. Le quotidien et le chagrin sont décrits avec pudeur, or un drame apparaît entre les lignes. A peine décelable, il montre le côté instable de l'existence.

Gerbrand Bakker
Parce que les fleurs sont blanches - Traduit du néerlandais par Françoise Antoine
Grasset
Tirage: 5 000 ex.
Prix: 18 euros ; 216 p.
ISBN: 9782246821076

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