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Littérature jeunesse : Pas de sujets tabous

Iron Widow (la Veuve de fer) : un univers SF inspiré de l'histoire chinoise ancienne, chez La Martinière. - Photo © Xiran Jay Zhao/La Martinière

Littérature jeunesse : Pas de sujets tabous

Violence, harcèlement, racisme, genre, sexualité, mais aussi écologie ou féminisme... Aucun sujet n'échappe plus aux éditeurs de jeunesse.

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Par Charles Knappek ,
Créé le 26.11.2021 à 19h00 ,
Mis à jour le 28.11.2021 à 10h15

Année après année, les tabous tombent en littérature jeunesse. Si le récent succès de l'édition actualisée du Guide du zizi sexuel, initialement paru en 2001 chez Glénat, confirme la maturité du lectorat sur les questions de sexualité, les éditeurs s'engagent toujours plus loin dans les thématiques. Paru le 6 octobre, Tout sur les règles (Flammarion Jeunesse), accessible à partir de 10 ans, était en rupture après seulement deux semaines d'exploitation. L'identité sexuelle, en particulier, fait l'objet de nouveaux développements. Récemment paru au Poulpe, le roman Félix Ever After de Kacen Callender a pour héros un jeune homme noir, queer et trans tandis que l'album animé Fille, garçon d'Hélène Druvert (Saltimbanque) aborde les questions de genre, de sexe et d'orientation sexuelle.

Le genre et la transidentité seront au programme de Flammarion Jeunesse et Actes Sud Junior en 2022 et en fiction, dès janvier, La Martinière Jeunesse publiera le premier tome de la trilogie queer et féministe Iron Widow de Xiran Jay Zhao, qui a pour théâtre un univers SF inspiré de l'histoire chinoise ancienne. L'éditeur annonce également des titres dédiés au rapport au corps et à la sexualité sans tabous ni préjugés.

Footballeuses

Plus classiquement, les éditeurs continuent de s'attaquer aux stéréotypes de genre. En janvier chez Actes Sud Junior, le roman illustré Droites au but imagine des filles gagnant au football contre les garçons. Chez Fleurus, le documentaire Femmes artistes, paru fin octobre, entend rendre de la visibilité aux artistes féminines. Après avoir publié des titres consacrés à la violence et au harcèlement dans les séries « Mes p'tites questions » et « Mes p'tits pourquoi », Milan proposera en février un documentaire sur le féminisme.

Le racisme n'est pas en reste, pas plus que l'écologie ou la pauvreté. Revendiquant un engagement fort contre les discriminations, les éditions Talents hauts publieront en mai le deuxième tome de la série BD Awa, du nom de la jeune héroïne métisse confrontée dans son quotidien aux problématiques de n'importe quelle petite fille de son âge, mais aussi, parfois, au racisme. Chez Actes Sud Junior, le thème de l'« effondrement » de la société humaine sera abordé prochainement dans une approche visant « à éveiller les consciences », souligne la directrice éditoriale Isabelle Péhourticq.

La place des femmes chez les ogres

« Nous sommes aujourd'hui confrontés à l'idée qu'il faut raconter le monde autrement à nos enfants, juge pour sa part Marion Jablonski, directrice jeunesse et bande dessinée chez Albin Michel. L'écologie influence la manière dont on évoque l'univers animal et nous oblige à adopter des angles nouveaux. » L'éditrice annonce une nouvelle collection, « L'encyclopédie du merveilleux », dirigée par Benjamin Lacombe, qui revisitera la place du féminin dans les mondes des sorcières, des fées ou encore des ogres. Deux premiers titres sont prévus pour l'automne 2022.

De son côté, Le Seuil Jeunesse prépare avec la prix Nobel d'économie Esther Duflo une collection de livres traitant de la pauvreté. « Il s'agira d'ouvrages hybrides avec une partie album pour les enfants et une partie documentaire donnant des clés de compréhension aux adultes pour faciliter l'échange avec les enfants », détaille Céline Ottenwaelter, responsable éditoriale. La collection sera lancée en septembre 2022 avec cinq premiers titres, qui seront suivis de cinq autres en 2023.

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