Francfort 2015

L'UIE accepte l'adhésion de la Chine et de l'Arabie saoudite

Richard Charkin, président de l'UIE. - Photo O. DION

L'UIE accepte l'adhésion de la Chine et de l'Arabie saoudite

L'Union internationale des éditeurs a rompu pour la première fois avec ses principes fondateurs en acceptant parmi ses membres, lors de son assemblée générale annuelle jeudi 15 octobre à la foire du livre de Francfort, des associations nationales qui ne témoignent pas dans leur pays d'un engagement en faveur de la liberté de publier.

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Créé le 16.10.2015 à 15h33,
Mis à jour le 16.10.2015 à 16h00

Réunie jeudi 15 octobre dans le cadre de la Foire internationale du livre de Francfort, l'assemblée générale de l'Union internationale des éditeurs (UIE, ou IPA – International Publishers Association – en anglais) a validé, parmi d'autres, l'adhésion des associations d'éditeurs de la Chine et de l'Arabie Saoudite, a confirmé à Livres Hebdo le secrétariat de la fédération internationale.

Au total, l'UIE a accepté des nouveaux membres du Bangladesh, de Chine, de Grèce, de Jordanie et du Pérou, et accordé le statut de membre de plein droit aux associations d'éditeurs d'Arabie Saoudite, de Slovénie et de Tunisie, associés depuis plusieurs années à ses travaux.

Les adhésions de la Chine et de l'Arabie Saoudite surviennent alors que "la promotion et la défense de la liberté de publier, l’un des aspects fondamentaux de la liberté d’expression, a toujours été l’un des objectifs clé de l’UIE", comme le rappelle son site internet. Interviewé en janvier dernier par Livres Hebdo, son président, Richard Charkin, directeur de la branche adulte de Bloomsbury (Royaume-Uni), avait d'ailleurs répété que "la protection de la liberté d'expression et de publication" constituait "l'un des trois principaux buts" de l'UIE, qui ne pouvait d'ailleurs pas accueillir les associations "qui ne respectent pas l'une des règles de l'UIE, à savoir que ses membres doivent être indépendants des gouvernements". De ce fait "l'Association des éditeurs chinois ne peut pas être membre de l'UIE", avait-il martelé.

Au contraire, dans le communiqué que diffusait l'UIE vendredi 16 octobre, Richard Charkin se dit "enchanté d'accueillir ces nouveaux membres à l'UIE et de féliciter ceux qui deviennent membres de plein droit. Un élargissement des adhérents va nous aider dans nos campagnes pour le droit d'auteur et la liberté de publier dans le monde entier", assure-t-il.

D'après les informations recueillies par Livres Hebdo, ce tournant dans la stratégie de l'UIE a été très contesté en interne, où les votes en faveur des adhésions de la Chine et de l'Arabie saoudite, soutenues en particulier par les associations d'éditeurs du monde anglophone, sont loin d'avoir été unanimes.

Au cours de son assemblée générale, l'UIE a par ailleurs renforcé son comité exécutif en y intégrant Giovanni Hoepli (Italie), tandis que Karine Pansa (Brésil), Pierre Dutilleul (France), Norio Yamamoto (Japon), Daniel Fernández (Espagne), Brian Murray (Etats-Unis) et Werner Stocker (Suisse) ont été reconduits.

Fondée en 1896 à Paris, l'UIE, revendiquait au total, à la veille de son assemblée générale 2015, plus de 60 associations membres issues de plus de 50 pays.


Commentaires (1)

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F

Forza

il y a 4 ans à 15 h 54

On pourra s'en étonner et, même, considérer qu'il s'agit d'une véritable honte. Mais le commerce, ah le commerce. Parce que l'argument selon lequel cela aiderait à valoriser les droits d'auteur, vraiment, soyons sérieux.


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