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[Quais du Polar 2021] Polar Connection : « Sans les libraires, nous ne sommes rien »

Palais de la Bourse à Lyon pour Quais du Polar - Photo DAHLIA GIRGIS

[Quais du Polar 2021] Polar Connection : « Sans les libraires, nous ne sommes rien »

Plus d’un an après le premier confinement, Polar Connection, les rencontres professionnelles du festival Quais du Polar, fait le bilan de la pandémie de Covid-19. Unanimement, les professionnels mettent en avant le rôle essentiel des librairies.

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Par Dahlia Girgis,
à Lyon,
Créé le 02.07.2021 à 17h18,
Mis à jour le 02.07.2021 à 18h59

« Si nous n’avons pas les librairies indépendantes, nous sommes morts », lance au micro l’auteur François Médéline. Dans la salle Tony Garnier du palais de la Bourse de Lyon, une vingtaine de personnes ont assisté ce 2 juillet à la première table ronde de Polar Connection : « Filière du livre face au Covid : état des lieux et enjeux de demain. » Modérée par Joël Bouvier, membre de l’association Auvergne-Rhône-Alpes - Livre et lecture, la présentation a réuni auteurs, éditeurs, ainsi qu’un traducteur et un libraire. Tous croient à l’importance du travail des librairies.

Le confinement pour les auteurs ? En matière de production, génial. Du côté de la promotion, beaucoup moins. À l’image de François Médéline, une grande partie des auteurs ont l’habitude de travailler chez eux ou seuls. Dans ce sens, les restrictions liées à la pandémie de Covid-19 telles que la limitation des sorties de son domicile n’ont pas eu d'impact sur leur travail. Le problème est plutôt du côté des ventes de leurs livres.

C’est le cas de Laurent Galandon, également présent à la rencontre. Lauréat du prix Polar en série 2018 pour L'avocat Volume 1. Jeux de loi, coréalisé avec Frank Giroud et Frédéric Volante (Le Lombard), Laurent Galandon a fait le deuil de son dernier ouvrage. Paru en février 2021, Retour de flammes Volume 2. Dernière séance avec les dessins d’Alicia Grande (Glénat) a séduit seulement 1 000 lecteurs, selon les chiffres GfK. « Nous sommes peu connus ou attendus en dehors de notre cercle restreint », estime l’écrivain.

« Sans les prescripteurs, ce sont toujours les mêmes titres »


La pandémie a poussé le public, mais également les éditeurs, vers des valeurs sûres. L’une des conséquences est la baisse de la littérature étrangère dans la filière française. Sophie Aslanidès, traductrice et membre de l’Association des traducteurs littéraires de France, estime à 20 % la chute du volume de production. Foires annulées et coûts d’édition plus importants, la littérature étrangère n’a pas eu de succès. « Seul des livres d’auteurs réputés ont continué à se vendre. Sans les prescripteurs, ce sont toujours les mêmes titres », déplore la traductrice.

Ce phénomène de « best-sellerisation » a notamment impacté les petites maisons d’éditions comme ActuSF, gérée par Jérôme Vincent. L’éditeur publie 40 à 50 livres par an. Pour limiter les pertes financières, un prêt garanti par l’État (PGE) a été requis. Le problème de trésorerie ne s’est pas posé pour Stéfanie Delestré, éditrice pour la collection Série noire des éditions Gallimard
. « C’est un cas particulier, car la marque fonctionne comme une référence pour le public », nuance l’éditrice.

Seul libraire présent, Ivan Berton, responsable de L’esprit Livre et membre de l’association Chez mon libraire, reste humble. « Nous avons essayé de faire notre travail de passeur, mais la vague de grands noms nous a limités », explique le libraire. Un phénomène accentué par le click and collect : réception des commandes, préparation des cartons. « Ce n'est pas le métier pour lequel nous avons signé », conclut Ivan Berton.

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