Quelles nouveautés et développements techniques au service du livre numérique ? | Livres Hebdo

Par Hervé Hugueny, le 25.06.2019 à 20h37 (mis à jour le 25.06.2019 à 21h00) DPUB Summit

Quelles nouveautés et développements techniques au service du livre numérique ?

Photo HERVÉ HUGUENY/LH

La première journée du Digital publishing Summit à Paris a présenté l’état des développements et des usages autour de la norme EPUB3 et des programme Readium et LCP géré par EDRLab.

Organisé à la Bibliothèque nationale de France par EDRLab (European Digital Reading Laboratory) le Digital publishing Summit rassemble les 25 et 26 juin quelque 130 professionnels de l’édition et des nouvelles technologies, et une trentaine d’intervenants venus d’Europe, du Canada et de l’Asie, qui ont exposé nouveautés et usages en cours des technologies au service du livre numérique.

"Abandonnez l’EPUB2, passez à l’EPUB3", a exhorté Luc Audrain, chef de la numérisation chez Hachette Livre, et membre du groupe édition du W3C, l’organisme de régulation du web. La version EPUB3.2 est stable, plus simple que la 3.1 qui était trop riche et trop complexe pour les besoins actuels des acteurs du livre. "C’est un retour vers une version améliorée de l’EPUB3.0, avec deux améliorations importantes, qui prennent en compte toutes les spécifications techniques du web, et qui respectent les conditions d’accessibilité pour les lecteurs handicapés", insiste Luc Audrain, ajoutant que le groupe Hachette n’accepte plus que des EPUB3 de ses prestataires fournisseurs de livres numériques.

Améliorations

La norme est à la base de développements qui visent à améliorer la fiabilité et la productivité dans la fabrication de ces fichiers, et de recherches qui ont le même objectif. Le consortium Daisy qui définit les spécificités de l’accessibilité, produit ainsi des logiciels (ACE, ou SMART) qui permettent de vérifier leur respect, et fournissent la liste des corrections à apporter. Ils apportent un gain de temps appréciable, même s’il reste encore du travail humain à effectuer, a expliqué Romain Deltour, dévelopeur chargé de ces programmes.

En Italie, un programme de description normalisée des illustrations pour les mal voyants commence à donner des résultats encourageants, selon la démonstration produite par son responsable, Gregorio Pellegrio, chargé des projets d’accessibilité chez LIA (Libri Italiana Accessibli), une fondation conjointe de l’association nationale des aveugles et de la fédération des éditeurs. Il reste encore parfois sans réponse, ou produit de temps à autre des légendes aussi surprenantes que les outils de traduction linguistiques à leurs débuts, il y a une dizaine d’années, mais l’amélioration ne dépendra que des moyens disponibles.

Blockchain, IA et liseuses

Sebastian Posth, co-initiateur au Pays de Content Blockchain aux Pays Bas a présenté le potentiel de cette technologie plus connue dans la création de monnaies spéculatives, mais dont le principe peut être utilisé dans l’identification et la commercialisation de contenus, qui ne peuvent l’être sur l’être les plateformes actuelles, ou qui permettraient d’échapper à leurs coûts. La prochaine étape du projet est la certification ISO du code d’identification de ces contenus (ISCC). Vincent Martelle, fondateur et P-DG d’ISICrunch, une société française de production de fichiers de livres numérique complexes, essentiellement des manuels scolaires, a expliqué le développement de sa plateforme, à base d’analyse sémantique, d'intelligence artificielle et de "deep learning", pour réaliser des EPUB capables de s’adapter à divers supports de lecture, en dépit de la mise en page très élaborée des ouvrages traités.

La rencontre, quatrième du genre organisée par EDRLab, est aussi l’occasion de présenter des services rendus possibles par les outils mis à disposition des développeurs de ces entreprises. Jellybooks, une société de marketing qui propose aux éditeurs de tester les livres en version numérique avant leur lancement, a créé une liseuse ultra simple d’usage à partir de Readium, le kit de développement en accès libre d’EDRLab. Idem pour Allvit, la plateforme de diffusion de manuels numériques qui sera lancée cet été en Norvège, et qui a produit une liseuse disposant de plus de fonctions, à partir du même outil.

Alternative à Adobe

Laurent Le Meur, directeur technique d’EDRLAb, a également fait le point sur l’adoption de LCP (Licensed Content Protection), au cœur des objectifs d’EDRLab, pour offrir une alternative moins chère et plus efficace que l’ACS d’Adobe. En Europe, principalement en France et en Allemagne, mais aussi en Russie, en Suède, en Norvège, au Royaume-Uni, ou encore en Asie et en Australie, le nouveau système de protection de fichier est retenu par des groupes d’édition, des distributeurs et des applications numériques, des portails de bibliothèques ou de librairies. 

La véritable usage a démarré au Canada, avec Bibliopresto, l’organisme de prêt numérique des bibliothèques du Québec, opéré par DeMarque, qui commence à remplacer la DRM d’Adobe pour les prêts aux lecteurs disposant d’une application compatible, pour le moment seulement sur les iPhones ou les iPad. "Nous avons réalisé 25 000 prêts avec LCP, depuis sa mise en œuvre à l’automne dernier. C’est encore peu, sur 5000 à 6000 prêts quotidiens, mais nous n’en faisons pas encore vraiment la promotion tant que nous n’aurons pas terminé les développements pour les terminaux Androïd. C’est néanmoins très encourageant, et nous avons très peu d’incidents à résoudre, alors que nous avons cinq à dix appels quotidiens avec la DRM d’Adobe, qui coûte aux bibliothèques environ 200 000 dollars par an", signale François Cusson, directeur de Bibliopresto.

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