Italie

Rome réhabilite Ovide

Ovide, en latin Publius Ovidius Naso est un poète latin qui vécut durant la période qui vit la naissance de l'Empire romain. - Photo DR

Rome réhabilite Ovide

2000 ans après sa mort le Conseil municipal de Rome répare « le sérieux préjudice » subi par le poète condamné à l’exil par l’empereur Auguste.
 

J’achète l’article 1.50 €

Par Laurent Lemire,
Créé le 19.12.2017 à 15h15,
Mis à jour le 19.12.2017 à 16h00

Tout vient à point à qui sait attendre. À l’occasion du 2000e anniversaire de sa mort, en l’an 17, Ovide a été réhabilité par le Conseil municipal de Rome. Une résolution approuvée à l’unanimité vise à “réparer le sérieux préjudice” subi par le poète qui fut exilé en l’an 8 par Auguste, à l’âge de 51 ans.
 
Le motif de son exil à Tomis, aujourd’hui en Roumanie sur les bords de la Mer Noire, reste l’un des grands mystères de l’histoire de la littérature car si Ovide l’évoque dans ses écrits, aucun de ses contemporains n’y fait mention.
 
L’empereur qui venait d’édicter des lois contre l’adultère aurait peu apprécié l’ironie de l’auteur de L’Art d’aimer. “Même si le poème ne préconise pas ouvertement l’adultère, il flirte avec l’idée” explique à l’AFP Rebecca Armstrong, professeure associée en lettres classiques à l’Université d’Oxford. “Il adopte clairement un ton irrévérencieux envers les attitudes morales traditionnelles et envers l’empereur et sa famille. Ovide recommande par exemple plusieurs monuments romains construits par Auguste et sa famille comme d’excellents endroits pour séduire les filles.”

Dante aussi
 
Ovide n’arrangea pas son cas en présentant des excuses partielles pour L’Art d’aimer dans un poème écrit en exil, où il laisse clairement entendre que l’empereur Auguste était un lecteur de poésie plutôt rustre et une personne dénuée d’humour.
 
L’auteur des Métamorphoses n’est pas le seul écrivain célèbre de la péninsule à avoir reçu des excuses officielles. En 2008, la ville de Florence a demandé pardon pour les persécutions, la condamnation à mort et l’exil forcé de l’un de ses plus grands poètes : Dante.
 
 

Commentaires (0)

Espace réservé aux abonnés

Livres Hebdo a besoin de votre voix. Nous apprécions vos commentaires sur le sujet, vos critiques et votre expertise. Les commentaires sont modérés pour la courtoisie.

Connectez-vous Pas encore abonné ? Abonnez-vous

On vous
RECOMMANDE

Les dernières
actualités