Interview

Sarah Polacci (Le Livre sur la place) : « On doit tout aux éditeurs »

Sarah Polacci est à la tête du festival Le Livre sur la Place depuis 2022 - Photo Cédric Jacquot / Est Républicain

Sarah Polacci (Le Livre sur la place) : « On doit tout aux éditeurs »

La commissaire générale du festival Le Livre sur la place, qui s’ouvre vendredi 8 septembre à Nancy, a renforcé la programmation d’auteurs étrangers pour cette 45e édition.

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Par Éric Dupuy,
Créé le 05.09.2023 à 17h23

Pour sa deuxième édition à la tête du Livre sur la place, qui débute ce vendredi 8 septembre à Nancy, Sarah Polacci, la commissaire générale du premier rendez-vous majeur de la rentrée littéraire, attend un maximum de public pour aller à la rencontre des près de 200 auteurs attendus, dont une trentaine venue de l’étranger.

Livres Hebdo : Pour cette 45e édition du Livre sur la place, l’accent est mis notamment sur la littérature étrangère, dont les ventes sont en recul depuis plus de dix ans. Y a-t-il une volonté de votre part de redonner du souffle à ce segment ?

Sarah Polacci : Je ne suis pas éditeur et je regarde moins les enjeux de ventes. Ce qui m’intéresse en tant que commissaire de festival, c’est d’entendre des voix extérieures. Depuis la création du festival, Le Livre sur la place a démontré qu’en termes de littérature française, il sait y faire. Cette année, l’Allemagne est l’invitée d’honneur et ce sont plusieurs auteurs germanophones venus également de la Suisse qui se présenteront au public. Nous avons également invité d’autres auteurs étrangers, dont le Prix Nobel de littérature nigérian Wole Soyinka. Au total, une trentaine d’auteurs étrangers seront présents, c’est bien plus que d’habitude et j’espère qu’il y aura un public pour cela. Sans faire de cours de géopolitique, il me semble que la période nécessite cette pluralité de points de vue et si l’on peut contribuer à mettre la lumière sur cet esprit-là, ce sera une réussite.   

« Nous avons renforcé notre programmation jeunesse »

Un autre enjeu de fond est d'attirer les jeunes vers le livre. Quelle place ont-ils à Nancy ?

C’est très difficile d’attirer les jeunes aujourd’hui. Nous avons renforcé notre programmation jeunesse, et celle pour les familles fonctionne bien. Parmi les 170 rencontres prévues, il y en a certaines qui concernent les ados, comme celle sur la sexualité dans la littérature. Nous faisons de notre mieux pour intéresser les jeunes de 13-14 ans. Si nous n’y arrivons pas, je me dis qu’ils reviendront quand ils auront 20 ans…

Le Livre sur la place est un rendez-vous très important pour les professionnels du livre. Qu’apporte-t-il à la profession ?

C’est plutôt la profession qui apporte au festival ! On doit tout aux éditeurs : ce sont eux qui découvrent les auteurs. Le contexte n’est pas facile mais il ne faut rien lâcher ! Tout le monde a travaillé d’arrache-pied pour cette rentrée, et Nancy marque le coup d’envoi. Pour les libraires de la ville, sur le plan économique, c’est essentiel car près de 120 000 personnes se déplacent sur les stands. Pour les éditeurs, c’est l’occasion de prendre la température, de voir les livres qui fonctionnent et où vont les lecteurs. De notre point de vue, on commence à voir ce qui va sortir du lot et ce qui intéresse le public, mais notre enjeu c’est de faire en sorte qu’il n’y ait pas une seule personnalité qui prenne l’espace de tous.   

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