A 35 ans, dont 12 passés dans la librairie, chez Decitre et à Terre des livres, à Lyon, Sophie Agraphioty a "du mal à se penser comme appartenant à une nouvelle génération de libraires". Pourtant, elle se retrouve dans cette vague de trentenaires qui ouvrent ou reprennent des librairies avec pour maîtres mots, souligne-t-elle, "amour du livre et goût des gens". "Lire pour rêver et s’évader, accueillir, écouter, cibler les demandes pour opérer un choix personnalisé qui rende heureux, nous sommes dans un rapport au métier centré sur la notion de plaisir plus que sur l’aspect savant", détaille la libraire.
C’est avec cette ligne directrice qu’elle a pensé la librairie Virevolte, dont elle lèvera le rideau à la mi-octobre. Il s’agit de l’ancienne librairie L’Etourdi de Saint-Paul, à Lyon, qu’elle a reprise avec Olivier Paulais, également ancien libraire de Decitre, agrandie et rebaptisée. "Je veux faire de Virevolte un lieu dynamique où l’on se sente bien, où les jeunes et les gens du quartier aiment à se retrouver pour discuter, commander des ouvrages et lire", insiste la jeune femme qui reconnaît avoir une "bienveillance naturelle" envers les gens. Cette notion se retrouvera d’ailleurs dans la composition de son stock, qui a une forte tonalité littéraire et jeunesse, et surtout "ouvert à tous les goûts, pas exclusif". Se revendiquant aussi de la "génération connectée", elle compte bien articuler cette librairie de quartier avec les réseaux sociaux et les outils numériques, un pan du métier devenu à ses yeux "indispensable" et sur lequel elle est "à fond". C. Ch.
