"Tous tes enfants dispersés" de Beata Umubyeyi Mairesse chez Autrement | Livres Hebdo

Par Nicolas Turcev, le 04.08.2019 à 10h00 Un premier roman par jour

"Tous tes enfants dispersés" de Beata Umubyeyi Mairesse chez Autrement

Beata Umubyeyi Mairesse - Photo RODOLPHE ESCHER/FLAMMARION

Pendant l’été, Livres Hebdo présente chaque jour un premier roman de la rentrée 2019. Tous tes enfants dispersés de Beata Umubyeyi Mairesse, à paraître chez Autrement, met en lumière les traumatismes familiaux provoqués par le génocide rwandais.

"C'est l'heure où la paix se risque dehors." Ainsi débute le premier roman de Beata Umubyeyi, Tous tes enfants dispersés (Autrement, 21 août), qui mêle les voix de trois générations pour raconter la tragédie rwandaise et ses conséquences psychiques, sur l'identité et la construction de soi.
Soit le récit de Blanche et de sa mère Immaculata, rescapée du génocide tutsi. La fille a grandi au pays mais vit désormais à Bordeaux où elle a fui en 1994. Trois ans après le massacre, elle rebrousse chemin et se rend dans son village d'enfance pour aller chercher la vérité sur son histoire et celle de son pays. Mais sa mère, qui détient la clé, se mure dans le mutisme.

L'ouvrage est en lice pour le prix du roman Fnac.
 
Tous tes enfants dispersés est "un roman plein de douleur ravalée, de secrets hauts comme des murs, qui décrit par les témoignages en écho de trois générations d'une même famille, la lente et longue cicatrisation de blessures indicibles, écrit Véronique Rossignol dans sa critique pour Livres Hebdo. […] A travers ces deux femmes magnifiquement résistantes qui cherchent un chemin de réparation pour leurs 'cœurs en lambeaux', pour faire la paix avec le ressentiment et l'amertume, le roman mêle la quête des origines et la question de la transmission des traumatismes, à une réflexion sur l'identité métisse, sur ceux qui, comme Blanche, ont le sentiment d'habiter 'une frontière', une place ambiguë, ici entre l'Europe et l'Afrique, et que reflètent leur peau, leur langue et jusqu'aux noms, donnés ou choisis, chargés de double sens."
 
Beata Umubyeyi Mairesse est née au Rwanda en 1979. Comme son héroïne, elle quitte son pays pendant le génocide tutsi de 1994. Après Science-Po Lille, elle travaille dans l'humanitaire. Lauréate des Prix Augiéras 2016 et Prix Ailleurs 2017, elle vit à Bordeaux et organise des rencontres littéraires.
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