"Il y a une attente du public pour des livres de référence qui sont à la source du développement durable." THOMAS BOUT, RUE DE L'ÉCHIQUIER- Photo OLIVIER DION

Si les questions environnementales ne font plus la une de l'actualité comme à l'époque du Grenelle de l'environnement, elles continuent de susciter un intérêt réel chez les lecteurs, mais sur un mode moins spectaculaire. Plus que les généralités, le public apprécie désormais les ouvrages qui abordent une problématique particulière et qui vont au-delà du simple constat pour proposer des solutions concrètes, sortant de la vision catastrophiste pour entrer dans une démarche plus positive et plus constructive. C'est le cas de la collection "Domaine du possible", chez Actes Sud, dans laquelle paraît ce mois-ci L'agriculture biologique pour nourrir l'humanité. "Ces ouvrages partent des expériences de terrain pour alimenter une autre façon de penser certaines questions", explique Marie-Marie Andrasch, responsable éditoriale. Chez le même éditeur, des livres tels que Usurpation contre nature, recueils d'entretiens réalisés par la journaliste Ruth Stegassy dans son émission "Terre à terre" sur France Culture, Solutions locales pour un désordre global, série d'entretiens rassemblés par Coline Serreau, ou encore Des jardins agroécologiques : prendre soin de la terre, mieux nourrir les hommes, de Pierre Rabhi, ont la même ambition de s'inscrire dans une démarche constructive.

"Il faut continuer à publier des livres sur les questions d'écologie, aujourd'hui un peu mises de côté."JEAN-PAUL BARRIOLADE, SANG DE TERRE- Photo OLIVIER DION

La démarche est analogue dans Merci la terre, un petit livre pédagogique d'Alain Hervé, le créateur du Sauvage, premier magazine écologique français, publié en avril par Sang de la terre. "Il faut continuer à publier des livres sur ces questions, aujourd'hui un peu mises de côté", revendique Jean-Paul Barriolade, directeur de Sang de la terre. Emanation de la fondation suisse éponyme, les éditions Charles-Léoplold Mayer livrent régulièrement des ouvrages de réflexion sur la construction d'une société durable, tels que Biopiraterie paru en début d'année, ou un ouvrage sur les semences prévu fin mars. Rue de l'Echiquier poursuit ses publications avec La vérité scientifique sur le nucléaire, qui paraît ce mois-ci, La tentation du bitume dans la collection "Les petits ruisseaux" et Les limites de la croissance, traduction de l'ouvrage américain paru en 1972, considéré comme pionnier dans la prise de conscience des conséquences écologiques de la croissance économique, annoncé en avril dans la collection "Initiale(s) DD". "Il y a une attente du public pour des livres de référence qui sont à la source du développement durable", estime Thomas Bout, directeur de Rue de l'Echiquier.

De la même manière, Cradle to cradle, le premier titre de la collection "Manifestô" initiée début 2011 par les éditions Alternatives, a totalisé plus de 3 000 ventes, et le titre suivant paru début 2012, Changeons de cap, changeons de PAC de José Bové, a déjà été retiré à 3 000 exemplaires après un tirage initial de 5 000. Deux autres nouveautés sont prévues en mai, puis en septembre : Vive la corévolution : pour une société collaborative et L'âge d'homme : comment créer le monde de demain à l'ère de l'anthropocène. Delachaux et Niestlé réédite Avant que nature meure de Jean Dorst, un classique de la littérature écologique, et publie La grande amnésie écologique, ainsi que L'écologie sinon rien : chronique sur ceux qui s'obstinent à ne pas y croire et Les nouvelles pollutions invisibles : ces poisons qui nous entourent.

PSYCHOLOGIE

Dunod délivre au premier trimestre un ouvrage consacré à l'impact de la nature sur la psychologie humaine, illustré de plusieurs expériences scientifiques : Quand la nature nous fait du bien, dans la collection "Petites expériences de psychologie". La plupart des maisons généralistes apportent régulièrement leur contribution avec un ou deux ouvrages par an. Flammarion a produit Un geste pour la planète : peut-on ne pas être écolo ? en février dans la collection "Antidote", et prévoit Tous cobayes ! OGM, pesticides et produits chimiques en avril, ainsi que Bienvenue à Tchernobyl : un tour du monde des lieux les plus pollués de la planète en septembre. Odile Jacob a lancé Querelles écologiques et choix politiques en novembre 2011 dans la collection "Penser la société". A l'occasion de ses 30 ans, la revue Silence publie en mars aux éditions du Passager clandestin L'écologie en 600 dates, une vaste somme qui retrace les grandes étapes de la construction de la pensée écologiste.

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