Avec 195 titres contre 201 en janvier-février 2013, la rentrée étrangère d’hiver 2014, comme celle de l’automne 2013, est légèrement resserrée (- 3 %). Les éditeurs misent sur les poids lourds et les auteurs reconnus. Outre les très attendus Donna Tartt, Ian McEwan,Hanif Kureishi, Alaa El Aswany et Ron Rash (voir ci-dessous), on retrouvera en début d’année, Javier Cercas avec Les lois de la frontière, l’histoire d’un petit caïd de Gerone (Actes Sud) ; Christa Wolf avec le personnage d’August, un enfant rencontré par l’auteur en 1946 dans un sanatorium (Bourgois) ; A. S. Byatt avec La fin des dieux (Flammarion) ; Jonathan Coe, qui se lance dans la parodie de roman d’espionnage avec Expo 58 (Gallimard) ; et Andrew Sean Greer, l’auteur de l’Histoire d’un mariage avec Les vies parallèles de Greta Wells (L’Olivier).

Du Texas à Liverpool.

Il n’est pas de rentrée sans titres branchés pour des lecteurs qui ne le sont pas moins. La maison de terre du chanteur folk Woody Guthrie, qui raconte la vie d’un couple d’agriculteurs dans le Texas des années 1930, (Flammarion) est de ceux-là ; comme S., du réalisateur Jeffrey Abrams, un livre-ovni sur un écrivain énigmatique du XXe siècle (Michel Lafon). Dans le même genre, Au Diable vauvert parie sur Tao Lin, l’étoile montante des lettres américaines, comparé à Bret Easton Ellis, avec Taipei, un roman d’initiation, et une nouvelle autobiographique, Vol à l’étalage chez American Apparel. J. Robert Lennon, avec Mailman, l’histoire d’un postier qui intercepte le courrier, (Monsieur Toussaint Louverture) arrive avec la réputation d’un nouveau John Kennedy Toole. No sex de Tim Parks (Actes Sud) ; Récif du Mexicain Juan Villoro (Buchet-Chastel) dont le héros invente le concept de « tourisme de la terreur », Dans la dèche à Los Angeles de Larry Fondation (Fayard), en référence à George Orwell, Black néon de Tony O’Neill dans lequel on retrouve les héros de Sick city, devenus assistants pour un film sur les bas-fonds de Los Angeles (13e Note), Mauvaise vie, premier roman d’Helen Walsh, sur fond de sexe et de drogue dans la nuit de Liverpool (Flammarion), Le messager de Charles Stevenson Wright (Tripode) sur l’atmosphère de New York… ne sont pas en reste. Sans oublier Hors-bord de Renata Adler (L’Olivier), paru en 1976 et prix Ernest-Hemingway, qui n’avait jamais été traduit en France.

Des nouvelles et des fresques.

Le prix Nobel décerné à Alice Munro a-t-il remis la nouvelle au goût du jour ? Les lecteurs pourront découvrir celles de Douglas Kennedy (Belfond) ; Sandro Veronesi (Grasset), dont les héros ont en commun d’être « hantés par des questions irrésolues aux conséquences dramatiques » ; Colm Toibin (Laffont) ; Christopher Cook (Rivages) et Tobias Wolff (Bourgois). Quant à Julian Barnes (Mercure de France), il apporte un recueil de trois récits qui s’entremêlent.

On pourra aussi se pencher sur le roman de Timothy Findley qui a pour décor la Première Guerre mondiale (Guerres, Phébus), et sur les nouveaux textes de nombreux auteurs : Elizabeth Gilbert (l’auteure de Mange, prie, aime), qui livre le beau portrait d’une botaniste du début du XIXe siècle (L’empreinte de toute chose, Calmann-Lévy) ; Howard Jacobson (La grande ménagerie, Calmann-Lévy) qui délaisse la question juive pour mettre en scène un écrivain en mal d’inspiration ; Anne Tyler (Les adieux pour débutants, Stock), dont le héros, éditeur, perd sa femme ; Daniel Woodrell (Un feu d’origine inconnue, Autrement) ; ou Jan Guillou qui publie son deuxième volet de la fresque sur l’Europe du XXe siècle (Le siècle des grandes aventures, Actes Sud). Citons également Alexander Maksik (La mesure de la dérive, Belfond) sur l’émigration, Maggie O’Farrell (En cas de grosse chaleur, Belfond).

Rentrée asiatique.

Si les Anglo-Saxons continuent de dominer avec plus de la moitié des traductions (99 titres sur 195), celles des pays européens sont en hausse : dix-huit titres sont traduits de l’espagnol, dont un recueil de nouvelles d’Eduardo Mendoza (Seuil) et seulement deux Argentins, Raquel Robles (Petits combattants, Liana Levi) et Guillermo Martínez (Moi aussi, j’ai eu une petite amie bisexuelle, Nil). Parions que les livres venus d’Argentine seront plus nombreux en mars pour le Salon du livre de Paris, dont l’Argentine est le pays invité . Les Italiens reviennent en force avec treize traductions, parmi lesquelles on retrouve Marcello Fois (Seuil) et Fabio Geda (Albin Michel), ainsi que les Allemands - neuf titres -, dont le premier roman d’Olga Grjasnowa (Les Escales). Mais cette rentrée est aussi riche en auteurs asiatiques, chinois (Picquier, Stock), coréens ou vietnamiens (Wespieser).

Deux titres, parmi les essais, feront également parler d’eux : Le retour du vieux dégueulasse de Charles Bukowski, un recueil de chroniques qui ne figurent pas dans Journal d’un vieux dégueulasse (Grasset); et les écrits de la chanteuse Patti Smith, Les années 1970 (Tristram). < C. C.

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