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Vivendi / Lagardère : pour Pierre Leroy, « un ajustement de frontières » sera nécessaire

Vivendi / Lagardère : pour Pierre Leroy, « un ajustement de frontières » sera nécessaire

Dans le cadre du probable rapprochement entre Editis et Hachette Livre, les élus du personnel du groupe Lagardère ont par deux fois rencontré leur direction ces derniers jours, en la personne de Pierre Leroy puis d’Arnaud Lagardère. Ils expriment leurs inquiétudes.  

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Par Pierre Georges,
Créé le 04.10.2021 à 20h40,
Mis à jour le 04.10.2021 à 23h43

Pour le patron d’Hachette Livre, Pierre Leroy, le projet de rapprochement entre Editis (Vivendi) et Hachette (Lagardère) nécessitera un « ajustement de frontières ». Tels sont les mots que rapportent les élus CFDT du CSE central d’Hachette Livre et du comité de groupe Lagardère, dans un mail envoyé lundi 4 octobre à l’ensemble des salariés du groupe, que Livres Hebdo a pu consulter. Deux rencontres ont eu lieu récemment entre les élus du personnel et Pierre Leroy d’une part, mercredi 29 septembre, et avec Arnaud Lagardère d’autre part, vendredi 1er octobre.

« Pierre Leroy et Arnaud Lagardère nous ont indiqué ignorer l’intention d’Amber de vendre ses actions à Vivendi. En passant le seuil des 30% d’actions, et après validation des autorités compétentes avant le 15/12/22, l’OPA sera effective, Vivendi prendra la direction du groupe Lagardère », rappellent les élus CFDT du CSE. Après instructions des autorités européennes de la concurrence, des « remèdes » seront demandés pour les secteurs où les positions d’Hachette et d’Editis cumulées seront trop dominantes (éducation, dictionnaires, poche, tourisme, distribution sont cités). « Ce que l’on peut traduire par des reventes d’actifs donc de maisons d’éditions d’Editis ou d’Hachette Livre. Pierre Leroy a nommé cela un ajustement de frontières », indique le mail destiné aux salariés d’Hachette, précisant que le nouveau périmètre de la branche édition de Lagardère devrait être connu au printemps 2022.

Une OPA « amicale » qui inquiète

« Arnaud Lagardère a indiqué qu’il s’agissait d’une OPA amicale, qu’il préférait que les actions d’Amber soient acquises par Vivendi, acteur industriel, plutôt que par un fonds prédateur », poursuivent les élus CFDT. Ils affirment aussi que le conseil d’administration de Lagardère SA s’est réuni le 24 septembre pour évoquer le plan stratégique 2022/2024. Indépendamment du projet de prise de contrôle de Vivendi, quatre projets principaux auraient été évoqués pour Hachette Livre : une croissance externe, une « exploitation accentuée de la richesse des catalogues et des droits » sur de nouvelles formes de diffusion et de publics, une rationalisation et une modernisation de la distribution, et une attention particulière aux problématiques de responsabilité sociale des entreprises (RSE).

D’après la direction d’Hachette, tous ces projets sont maintenus : transformation informatique, nouveau centre de distribution, projet d’acquisitions... Si la direction d’Hachette affirme vouloir défendre en priorité les intérêts d’Hachette Livre, « ce sont les dirigeants de Vivendi qui prennent les décisions opérationnelles sans attendre que l’OPA soit effective et ce sont eux qui négocieront avec la Commission européenne », regrettent les élus du personnel. Avant de conclure : « notre position est très inconfortable dans l’attente de remèdes anxiogènes ».
 

Les quatre axes stratégiques d'Hachette

Selon le compte-rendu du CSE Central d'Hachette Livre et du Comité de Groupe Lagardère, pour Lagardère Publishing (Hachette Livre), la stratégie repose sur quatre axes, ceci en réaffirmant le maintien de l’équipe dirigeante en place :
 
  • une croissance externe visant tant l’optimisation de l’emprise géographique actuelle que la progression qualitative de l’activité dans tous ses segments ;
  • une exploitation accentuée de la richesse des catalogues et des droits qui leur sont attachés en vue d’une déclinaison de l’écrit au profit de formes de diffusion différentes et de publics nouveaux ;
  • une modernisation du dispositif de distribution et la poursuite des économies et de la rationalisation des coûts ;
  • une attention particulière portée aux problématiques de RSE, au titre du fonctionnement de l’entreprise mais aussi à celui de la conception même de l’activité.

Pierre Leroy a également affirmé que tous les projets en cours étaient maintenus (transformation informatique, nouveau centre de distribution, projet d’acquisition).

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