Washington, ville la plus littéraire des Etats-Unis

Washington, ville la plus littéraire des Etats-Unis

La librairie Politics & Prose à Washington, D.C.

Washington, ville la plus littéraire des Etats-Unis

La ville d'Amazon, Seattle, perd sa première place mais elle reste la plus éduquée et celle disposant du plus grand nombre de librairies pour 10 000 habitants.

Par Vincy Thomas,
avec vt Créé le 15.04.2015 à 21h00

Dans son étude annuelle sur les villes les plus littéraires des Etats-Unis, la Central Connecticut State University a classé la capitale fédérale à la première place parmi les 75 métropoles de plus de 250 000 habitants du pays. L'étude prend en compte le nombre de librairies (y compris d'occasion), de bibliothèques (mais aussi le nombre d'employés et le nombre d'adhérents), l'audience des journaux de presse écrite, l'accès à internet et le niveau d'éducation.

Huitième agglomération du pays, Washington, 2e du classement l'an dernier, atteint pour la première fois cette place, dépassant l'habituelle championne Seattle (15e agglomération), où se situent les sièges sociaux d'Amazon et de Microsoft. Minneapolis ferme le podium, et sa voisine St-Paul est 7e.

Les plus grandes métropoles (4,5 millions d'habitants et plus) sont généralement mal classées. Hormis Atlanta et San Francisco, aucune ne se classe dans les dix premières. Même l'érudite Boston est en baisse. New York est ainsi 26e, Chicago 28e et Los Angeles 61e du classement général. Certaines villes comme Sacramento et Newark subissent de fortes chutes sur cinq ans.

Une chute du nombre de librairies


Pour ce qui est des librairies, les villes les mieux couvertes sont Seattle (nord-Ouest), St-Louis (centre), Minneapolis (centre-nord), soit des aires urbaines de 3 millions d'habitants environ. Atlanta, Miami, Washington et San Francisco disposent de plus de points de vente par habitants que Houston, Chicago ou Dallas. D'un point de vue global, l'étude démontre que la tendance n'inspire pas à l'optimisme. En 2003, on comptait en moyenne 9 librairies indépendantes pour 10 000 habitants, alors que cette année, le chiffre s'est réduit à 6. Pour une ville universitaire comme Boston, le chiffre a été divisé par trois.

Des bibliothèques qui séduisent

Côté bibliothèques, le classement diffère. Cleveland, St-Louis et Pittsburgh sont au dessus de Seattle. Il est interessant de voir que la région des lacs, aujourd'hui en déclin démographique, est celle qui investit le plus dans ce service public, et qui en profite le mieux. Les quatre grandes villes de l'Ohio sont ainsi dans le Top 10, alors qu'aucune grande métropole ne s'y trouve. Washington, San Francisco et Boston sont à quelques encablures derrière. Chicago, Houston et Los Angeles sont dans le bas du tableau.

Pourtant c'est bien du réseau de bibliothèques que provient la rare note d'optimisme de cette étude : "en matière d'accès et d'usage, les bibliothèques restent dynamiques." La circulation des livres est en hausse, alors que le nombre d'établissements stagne. Des villes comme St-Paul, Cincinnati et Cleveland ont même étendu leur réseau. à l'instar de Pittsburgh, les villes les plus touchées par la crise s'en sortent plutôt bien.

Cependant, le Président de l'Université qui prend en charge cette étude, Jack Miller, constate que la lecture est en baisse : des villes comme Miami, San Francisco ou Atlanta subissent une forte désaffection de leurs habitants à l'égard de la presse écrite. Quand en 2003 les 3/4 lisaient l'édition dominicale de leurs journaux, il y en a aujourd'hui à peine la moitié.

Le niveau éducatif s'améliore légèrement (30% ont un diplôme universitaire contre 26% il y a huit ans), mais comparé aux 36 pays développés, les Etats-Unis ne sont désormais que 12e à diplômes équivalents. Et seule la ville de Seattle remplit l'objectif d'Obama : 55% de la population diplômée en université.

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Tous les claqssements (en anglais)

15.04 2015

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